VIII LES ROBBE
la Ligue contre la licence des rues et autres billevesées.
Non seulement les filles, dont les rapports des inspecteurs de M. de Sartine nous ont conservé les noms — les prix et l'état de santé — mais les grandes dames n'avaient point alors accoutumé de se montrer bégueules et de faire montre d'une pudibonderie de commande : ignorant l'art et l'hypocrisie des ^< chichis », elles aimaient, après souper, à écouter, derrière l'éventail, quelque conte scabreux lestement troussé.
Ce fut la raison de la vogue de Robbé de Beauveset. Il se faufila un peu dans tous les mondes et acquit auprès de ceux même qui, sur leurs vieux jours, affectèrent de se montrer austères, une véritable célébrité.
Pour Dufort de Cheverny, il demeura, en pleine période révolutionnaire, « le fameux poète » ; pour d'autres, il avait été ^< le sublime Robbé », ce qui était, sans doute, exagéré.
Sans que ses visées aient été aussi hautes, son œuvre vaut mieux, à coup sûr, que la réputation qui lui est impartie.
Quant au scandale, cause de son départ de Vendôme, il est si peu probable que, en 1734, Pierre- Honoré Robbé y revenait et y était parrain, le 5 novembre, d'un jeune Honoré Gastineau (i). Si jamais il avait été bâtonné à Vendôme, il se fût
(i) Registres de la paroisse Saint-Martin, 5 novembre 1734. Sur cette pièce, Robbé de Beauveset se qualifie de « bourgeois de Paris ».
Cf. G. BONHOURE, op. cit., p. 185.