‹ Recueil de poésies diversesChapitre 61 sur 100 · LXXIV LES ROBBE · texte numérisé non relu

LXXIV LES ROBBE

« Marié à une femme de qualité, fort vieille et fort laide » (i), Marie-Catherine-Renée des Moges, d'une famille du Bas-Vendômois, il avait acheté la terre et le château du Grand-Bouchet, en 1782, de Charles Leclerc de Lesseville et de sa femme Hélène Pajot de Marcheval (2).

Ilélas ! la Révolution ne lui réussit pas mieux qu'à son oncle ; il passa plus de deux ans dans les prisons de Blois et d'Orléans. Cette détention amena, au moins, entre lui et la « citoyenne Lagrange » une séparation qui ne tarda point à devenir définitive. Ce fut là une compensation.

Lors de la création des gardes nationales, il avait dû à sa qualité de châtelain et à un libéralisme que ne devait pas entraver l'ancienneté de ses quartiers de noblesse, d'être élu colonel de la garde nationale de Choue.

Choue, qui dans les bonnes années peut bien compter un millier d'habitants, n'est pas situé dans le grand duché de Gérolstein, mais dans le canton actuel de Mondoubleau (Loir-et-Cher). Ce renseignement géographique n'est pas inutile, le grade de colonel décerné à Robbé semblant plus tenir de l'opéra -bouffe que de la réalité.

Il en jouit cependant et ne tarda point à apprendre le danger qu'il y a, dans une démocratie, à être officier supérieur.

En décembre 1791, les gens de Choue — je n'ose-

(1) DUFORT DE CHEVERNY, Op. Cit., t. II, p. 221.

(2) (De m AUDE : Armoriai du Vendomois). Les de Moges (ou des Moges), portaient de gueules à trois aigles à deux têtes d'argent,

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