INTRODUCTION LXXV
rais dire les Chouans — jugèrent que les impôts progressaient à l'instar des libertés publiques. S'armant des « gros bâtons » dont se composait leur armement, les plus exaltés prirent, le colonel à leur tête, le chemin de Mondoubleau et vinrent déposer sur le bureau du district « une pétition audacieuse tendant à faire diminuer les impôts écrasants dont le peuple est surchargé » (i).
L'alarme fut chaude, Mondoubleau s'émut et le cas fut soumis à l'Assemblée nationale. Des poursuites furent, le 28 décembre, décidées contre les auteurs de cette rébellion (2).
Un escadron du Royal-Cravate fut appelé de Vendôme, rétablit l'ordre et s'empara des plus compromis.
La France venait d'échapper à un pronunciamiento et Robbé de la Grange alla réfléchir dans les prisons de Blois sur l'aléa des manifestations prétoriennes. Que ne copiait-il, ce jour-là, de petits vers de son oncle ?
Il devait s'y trouver en bonne compagnie et y faire la connaissance du président de Salaberry et de Dufort de Cheverny qui, plus tard, traça dans ses Mémoires un portrait charmant de ce grand enfant.
De la prison, l'ancien colonel de la garde nationale de Choue écrivait au notaire Le Roi, cette
(i) De Beauvais de Saint-Paul, Essai historique et statistique sur le canton et la ville de Mondoubleau . Le Mans, imp. de Monnoyer, 1837 ! in-8, p. 212.
(2) Cf. Moniteur des 30 et 31 décembre 1796.