‹ Recueil de poésies diversesChapitre 72 sur 100 · LXXXVI LES ROBBE · texte numérisé non relu

LXXXVI LES ROBBE

« On nous apprend que le sieur Robbé de Lagrange, resté en arrestation après moi, et que j'ai efficacement servi pour en sortir, a réussi parfaitementauprès du Directoire. Il a obtenu pour une compagnie les vivres de l'armée d'Italie, à vingt-six sols par personne, au lieu de trois livres que la Nation payait. La compagnie a fourni quinze cent mille livres de caution et lui a accordé la place de munitionnaire inspecteur général, avec un traitement de cinquante mille écus par an, ses voyages payés; il donne des places de douze mille livres. C'est à lui que le Directoire a confié madame Bonaparte, ci-devant Beauharnais, pour la conduire à son mari à l'armée d'Italie. Ainsi vont les choses de ce monde : avec de l'esprit et peu de tête, comme je l'ai dépeint, il est sur le chemin d'une grande fortune, mais il est à parier qu'il n'en profitera pas (i). »

Robbé de la Grange racontait assez volontiers comment il fut trouver la citoyenne Bonaparte et la décida à l'accompagner en Italie pour y rejoindre son mari. Il fit le récit du voyage à Dufort qui

(i) Dufort de Cheverny, op. cit., t. II, p. 299.

Ni Frédéric Masson, ni Imbert de Saint-Amant ne soufflent mot de Robbé de la Grange, au sujet du voyage de Joséphine en Italie.

L'un et l'autre se bornent à lui donner pour compagnons : Joseph Junot, la citoyenne Louise Compoint et le « citoyen Hippolyte Charles, adjoint à l'adjudant général Leclerc », dont l'uniforme brillant ne fut pas sans produire un efïet désastreux sur l'imagination et sur les sens de la générale Bonaparte.

Cf. Frédéric Masson, Napoléon et les femmes. L'amour. Paris, Ollcndorff, 1894, in-8, p. 46. — TuRQUAN, La générale Bonaparte, Paris, Taillandier, in-8, p. 93-96.

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