INTRODUCTION LXXXVII
s'empressa de le transcrire sur ses cahiers où je le copie.
Ce dialogue s'établissait entre lui et Joséphine à qui il avait été faire ses offres de services :
€ Madame, il n'y a pas un instant à perdre, il faut partir pour l'Italie. — Mais je n'ai pas le sol. — Madame, voilà 500 louis. » Et il les lui compta. « — Mais je suis seule. — Si vous le permettez, j'aurai l'honneur de vous accompagner. — Mais je veux partir demain. — A quelle heure? Je suis à vos ordres. — En ce cas, je me rendrai demain chez M. de Beauharnais, mon beau-père, à Fontainebleau, et vous viendrez après demain me prendre dans une autre berline. — C'est dit (i). »
Robbé fut fidèle au rendez-vous, Joséphine sut ne pas le faire trop attendre. Ils partirent, et, grâce à lui, le voyage fut, ou peu s'en faut, triomphal :
« Ils arrivent à Lyon. Lagrange fait prévenir les autorités; tout se met en mouvement; feu la Reine n'aurait pas été mieux reçue : députations, la troupe en grande parade; tous les honneurs, une cour brillante, profusion de glaces au spectacle, l'or semé à foison. C'était Lagrange qui faisait tout. Même manœuvre à Turin. Le Roi l'envoie complimenter, on illumine, réception à la cour, gala; et c'était toujours Lagrange qui, en sous-main, prévenait et faisait les honneurs.
« A l'armée, Bonaparte attendait madame Bonaparte à la tête de son état-major; ce fut un coup de théâtre. Le général s'avance et l'embrasse : « Ma-
(1) DUFORT DE ChEVERNY, Op. cit., t. II, p. 349.