LXXXVIII LES ROBBE
dame, dit-il, je ne saurais être trop sensible à la bonté que vous avez de venir me chercher en faisant un voyage si fatigant. Demandez maintenant tout ce qui peut vous plaire, je me ferai un devoir de vous l'accorder. — Monsieur, répondit-elle, je demande la liberté des otages. >> A l'instant Bonaparte donne l'ordre et ils sont renvoyés. Lagrange m'assure que madame Bonaparte, qui, lorsqu'elle était madame Beauharnais, détestait le nouveau régime, n'a nullement changé. Il me confirme ce qu'on m'avait déjà assuré, qu'elle est bonne, douce çt aimable.
« Après une quinzaine de jours, Lagrange parla de s'en retourner; madame Bonaparte, de concert avec son mari, lui demanda ce qui pouvait lui convenir. Ce fut alors qu'il réclama pour sa compagnie l'entreprise qu'elle désirait. Bonaparte lui remit une lettre et mon homme, de retour à Paris, présente la lettre au Directoire. On lui répond que l'entreprise était déjà donnée, et on le renvoie au ministre, qui lui dit : « Comme cela ne peut se faire, je vous donne l'entreprise du fourrage pour l'armée des Pyrénées et d'Italie. Prenez toujours cela. — Que voulez-vous que j'en fasse? — Emportez cela, croyezmoi. » Lagrange revient trouver ses commettants. Au bout de deux jours on lui demande ses propositions. Les voici telles que je les ai vues dans le traité qui est pour un an : Article premier. — Là compagnie portera son nom. — Article 2. On lui donne dans l'entreprise 3 sols d'intérêt sans fonds. (On évalue chaque sol à 30,000 livres.) — Article 3. On lui passe pour sa table 1,500 livres argent par mois. — Article 4. Il a sa nomination, 3 secrétaires