‹ Recueil de poésies diversesChapitre 84 sur 100 · REQUÊTE AU COMMISSAIRE LE MAIRE · texte numérisé non relu

REQUÊTE AU COMMISSAIRE LE MAIRE

Notre propriétaire à vous se recommande. Monsieur notre haut Justicier, à notre porte on vient chier et vous nous mettez à l'amende.

En peut-on mais? à votre avis, de cette insulte excrémentaire qu'au royal pavé de Paris font de nuit des culs mal-appris?

C'est tout ce que votre Thémis en conscience auroit pu faire si l'on avoit créé contrôle de postera

dont nous fussions nommés commis.

Quoi des fienteurs ont l'audace

de s'en venir en troupe, nuitamment,

poser au pied de mon Parnasse

le tribut de leur fondement, ils fumeront le laurier que je cueille,

se torcheront avec la feuille

et de leurs étrons délaissés

nous paierons [nous] les pots cassés?

Est-ce là faire droit? est-là comme on juge ? Dansvous, contre vous-même, ilnousresteunrefuge,

de Philippe en erreur induit,

j'en appelle à Philippe instruit.

Permettez donc que je réclame

votre justice pour la dame.

Ne seroit-ce pas là le cas

de faire juridique enquête, d'informer, d'éventer et d'aller à la quête

des culs auteurs du merdifîque cas?

N'êtes-vous pas encore libre,

en comparant les divers saucissons,

de découvrir par le calibre de quel moule incivil ils tiennent leur façon? Loin qu'on dût m ave nous faire violence

je serois d'avis qu'm cute

pour punir semblable insolence le délinquant se vît exécuté.

Si mieux n'aimez que sur la marchandise

que vous pouvez sans rien risquer

à votre profit confisquer

notre dure amende soit prise.

Pour toutes ces raisons il me paroît séant

que par vous soit mise à néant

la sentence pécuniaire,

grâce, grâce, Monsieur Le Maire, et que mon Apollon confus n'aille pas éprouver la honte d'un refus.

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