REQUÊTE AU COMMISSAIRE LE MAIRE
Notre propriétaire à vous se recommande. Monsieur notre haut Justicier, à notre porte on vient chier et vous nous mettez à l'amende.
En peut-on mais? à votre avis, de cette insulte excrémentaire qu'au royal pavé de Paris font de nuit des culs mal-appris?
C'est tout ce que votre Thémis en conscience auroit pu faire si l'on avoit créé contrôle de postera
dont nous fussions nommés commis.
Quoi des fienteurs ont l'audace
de s'en venir en troupe, nuitamment,
poser au pied de mon Parnasse
le tribut de leur fondement, ils fumeront le laurier que je cueille,
se torcheront avec la feuille
et de leurs étrons délaissés
nous paierons [nous] les pots cassés?
Est-ce là faire droit? est-là comme on juge ? Dansvous, contre vous-même, ilnousresteunrefuge,
de Philippe en erreur induit,
j'en appelle à Philippe instruit.
Permettez donc que je réclame
votre justice pour la dame.
Ne seroit-ce pas là le cas
de faire juridique enquête, d'informer, d'éventer et d'aller à la quête
des culs auteurs du merdifîque cas?
N'êtes-vous pas encore libre,
en comparant les divers saucissons,
de découvrir par le calibre de quel moule incivil ils tiennent leur façon? Loin qu'on dût m ave nous faire violence
je serois d'avis qu'm cute
pour punir semblable insolence le délinquant se vît exécuté.
Si mieux n'aimez que sur la marchandise
que vous pouvez sans rien risquer
à votre profit confisquer
notre dure amende soit prise.
Pour toutes ces raisons il me paroît séant
que par vous soit mise à néant
la sentence pécuniaire,
grâce, grâce, Monsieur Le Maire, et que mon Apollon confus n'aille pas éprouver la honte d'un refus.