PARALYSIES DES NERFS MOTEURS DE L (HIL
Diagiiiostie difTérenfiel.
Est-ce une paralysie?
Diplopie monoculaire. — Rare (polycorie irienne, déplacement du cristallin, début de quelques cataractes, etc.).
Si l'on couvre l'œil sain, la diplopie persiste, tandis que si elle est binoculaire, elle cesse.
Strabisme concomitant. — Facile, car la déviation persiste dans toutes les directions ; la déviation primaire est égale à la déviation secondaire, il n'y a pas de diplopie.
Cependant, les cas de strabisme périodique peuvent prêter à confusion.
Ambhjopie. — Mais la présence du verre coloré ne donne pas de diplopie, comme c'est le cas s'il s'agit d'une paralysie légère.
Spasmes musculaires. — Rares (suitfe de névralgies, lésions dentaires, nasales, hystérie, etc.).
Se différencient des paralysies par l'examen du champ de fixation, et, s'il le faut, par l'examen pendant le sommeil anesthésique.
Plaies directes des muscles. — Rares en dehors des interventions chirurgicales. Exploration directe précise. Le plus souvent nerfs atteints.
Quelle paire est atteinte?
La réponse est généralement facile. Cependant, il peut survenir des difficultés presque insurmontables dans les cas particuliers suivants :
Plusieurs paralysies sont associées des deux côtés, les unes complètes, les autres incomplètes. Il y a insuffisance antérieure des muscles. Quand l'acuité est inégale, si le meilleur œil est atteint, c'est lui qui fixe, et on s'expose à se tromper de côté.
Quand il y a contracture de l'antagoniste dans les cas anciens.
Quel est le siège et quelle est le cause de la lésion ' ? C'est là fort souvent une recherche bien délicate,
1 II nous paraît préférable de réunir en un seul chapitre ces deux diagnostics, car saul quelques exceptions telles que la syphilis, tel siège implique telle série de causes et il n'est certes pas clinique de dissocier cette description.
mais nécessaire, car « les paralysies des muscles de l'œil constituent pour la médecine interne un des moyens les plus importants pour indiquer le siège d'une affection cérébrale d (Fuchs).
LÉSIONS INTRACRANIENNES.
a) Corticales. — L'écorce cérébrale ne permet pas encore de localisation nette ; le centre indiqué au pli courbe par Grasset et Landouzy et dont l'altération produit le ptosis, est contesté, par Nothnagel, Charcot, Pitres, Tripier, etc.
La clinique et l'expérimentation prouvent que les désordres corticaux s'accompagnent de déviations conjuguées des yeux plutôt que de réelles paralysies musculaires.
Nous- admettrons avec Knies, qui a fait récemment d'ingénieuses hypothèses sur les centres d'association et leurs relations avec l'écorce cérébrale, que dans les lésions corticales la paralysie de l'iris et du muscle ciliaire fait défaut (exception dans l'hystérie, le goitre exophtalmique).
b) Centres d'association. — On a des paralysies conjuguées. Souvent les yeux sont attirés du côté opposé par des lésions de l'antagonisme : déviation conjuguée. Dans les lésions des pédoncules cérébelleux moyens, de la protubérance annulaire, des tubercules quadnjumeaux et des gros ganglions cérébraux, notamment des couches optiques.
c) Ophtalmoplégies nucléaires (lésions des noyaux au niveau du plancher du ventricule). — Marche quelquefois aiguë et mort rapide ; quelquefois subaiguë (maladies infectieuses, intoxications) ; le plus souvent chronique avec deux formes : stationnaire et progressive.
Généralement, les muscles internes échappent, car leurs noyaux sont antérieurs et nourris par d'autres vaisseaux. Dans les cas à^ophtalmoplégie externe on peut sans hésiter diagnostiquer une paralysie 7iucléaire.
Si l'ophtalmoplégie est totale, elle peut être nucléaire, mais aussi être due, par exemple, à une lésion