II. Est-ce une tunieur
Ici comme dans les autres régions, la plus grande difficulté diagnostique consiste à différencier les véritables tumeurs de certaines inflammations de la glande, qui peuvent les simuler à s'y méprendre. Ce ne sont guère les inflammations chaudes qui sont des causes d'erreur, mais les inflammations froides du type tuberculeux.
A. C'est ainsi qu'on élimine facilement :
a) Les oreillons, survenant chez des enfants ou des adolescents le plus souvent après un mouvement fébrile assez intense, atteignant d'ordinaire les deux parotides, et donnant naissance à un empâtement ditïus sans induration avec quelquefois des fluxions plus ou moins éloignées (testicule, ovaire, glande mammaire, glande sous-maxillaire, etc.).
b) Les parotidites survenant soit au cours ou au décours d'une maladie infectieuse grave (fièvre typhoïde, infection puerpérale, pneumonie, fièvre éruptive), probablement par infection buccale, soit d'une façon primitive ou comme complication d'une affection voisine (furoncle, anthrax, otite, stomatite).
Elles se manifestent par du gonflement, de la douleur, de l'œdème avec une rougeur diffuse plus ou moins intense de la région, une fluctuation plus ou moins obscure, des troubles fonctionnels intenses de la mastication et de la déglutition, et une température élevée. Souvent du pus s'écoule par le canal de Sténon.
Elles peuvent envoyer des fusées purulentes vers le
pharynx, déterminer de la compression, voire de la thrombose, de la jugulaire, des thromboses dos sinus crâniens et provoquer des hémorrhagies par ulcération d'un gros tronc artériel ou veineux.
Enfin elles peuvent évoluer vers le sphacèle, la gangrène [parotidite gangreneuse) et entraîner alors le plus souvent la mort.
c) Les adéno-phlegmons des ganglions profonds se distinguent difficilement de la parotidite phlegmoneuse, — car les symptômes sont identiques et il en est souvent de même des commémoratifs. On recherchera avec soin l'affection causale du voile du palais, de l'orbite, de la région temporale ou de l'oreille.
B. Il sera plus difficile d'éliminer les adénites tuberculeuses superficielles et profondes, la tuberculose vraie et l'actinomycose.
a) L'adénite tuberculeuse superficielle se présente surtout chez les enfants et les adolescents, elle débute par une petite masse dure roulant sous le doigt, son évolution est lente ; presque toujours on rencontre dans la région cervicale d'autres ganglions envahis ou des cicatrices d'adénites suppurées anciennes. Quelquefois d'ailleurs l'envahissement de la peau et la suppuration tranchent le diagnostic.
b) U adénite tuberculeuse profonde ne peut être que soupçonnée, le diagnostic a presque toujours été porté seulement après l'extirpation.
Il en est de même de la tuberculose de la parotide, dont les observations sont encore rares (Legueu) et dont le diagnostic a jusqu'ici été rétrospectif.
c) Le diagnostic de Vactinomycose ne pourrait être posé que grâce à l'examen microscopique du pus qui viendrait sourdre à l'orifice du canal de Sténon ;
Ces différentes affections étant éliminées, le clinicien arrive à cette conclusion : il y a tumeur de la parotide. Il lui faut en établir la bénignité ou la malignité.