IV. Diagnostic de la variété
A. La tumeur est bénigne.
La palpation fera reconnaître de suite si la tumeur est liquide ou solide, ou gazeuse. Dans le premier cas, elle est molle, lluctuante, dépressible. En cas de doute, la ponction exploratrice entraînerait la conviction. Si elle est gazeuse, elle crépitera sous le doigt et sera sonore.
a) La tumeur est gazeuse. Nous ne ferons que signaler les tumeurs gazeuses des souffleurs de verre, indolores, sonores, réductibles, se reproduisant à volonté par l'effort de soufflage.
b) La tumeur est liquide.
a. Si la tumeur est pulsatile, si Ton constate des battements avec expansion, s'il y a du souffle, on devra penser à un anévrysm,e artériel ou artérioveineux de la région. Ce n'est pas d'ailleurs, à vrai dire, une tumeur de la parotide.
p. Si la tumeur est lisse, régulière, franchement fluctuante, si elle ne provoque ni gêne, ni douleur, si elle augmente de volume pendant la mastication, si le liquide retiré parla ponction présente les caractères ordinaires de la salive (teinte jaunâtre, viscosité, transformation de l'amidon en sucre, etc.), il s'agit d'un kyste salivaire.
y. \J angiome parotidien est exceptionnel. C'est une tumeur sans limites précises, molle, dépressible, pseudo-fluctuante, pseudo-réductible. La peau est bleutée, les vaisseaux dilatés, 11 se rencontre surtout chez les enfants de quelques mois.
0. Le lymphangiome appartient aux premiers mois de la vie. La tumeur est molle, irréductible, peu dépressible. La peau est libre, amincie. Aux confins de la tumeur, les veines sont dilatées et bleuâtres.
£. Les kystes sanguins primitifs enfin se présentent avec les mêmes symptômes que les kystes salivaires ; leur diagnostic ne peut être fait que par la ponction.
DIAGNOSTIC DES TUMEURS DE LA l'AROïlDE 2243
c) La tumeur est solide.
« On range dans le groupe des tumeurs bénignes : les lipomes, les sarcomes, les myxomes, les adénomes et les enchondromes. Mais les adénomes et les enchondromes purs sont d'une extrême rareté, les sarcomes purs ne sont pas fréquents, les myxomes non plus; il s'agit le plus souvent de tumeurs mixtes.
(( En somme (en clinique) si le lipome ne peut être atlirmé, il ne reste qu'un parti à prendre, celui de diagnostiquer une tumeur mixte de la parotide. » (Duplay).
a. On sera en droit d'affirmer l'existence d'un lipome quand on se trouvera en présence d'une tumeur indolente, molle, pseudo-fluctuante, lobulée, mobile profondément et sur la peau. Il est quelquefois difficile de dire s'il est sous ou intraparotidien, mais on pourra diagnostiquer un lipome de la boule de Bichat s'il occupe la région antérieure et ne repousse pas la parotide.
p. Les tumeurs mixtes acquièrent souvent un volume énorme ; leur consistance est inégale, dure, molle ou fluctuante. Suivant les points, les troubles fonctionnels et de compression sont tardifs, mais peuvent porter sur les organes intra-parotidiens, sur le parquet vasculo-nerveux du cou, sur le pharynx. Enfin il faut compter avec la transformation possible et bien connue d'une tumeur mixte en tumeur maligne.
Quelquefois on peut préciser davantage la nature histologique de la tumeur. C'est ainsi que :
Si l'on constate la présence en un point quelconque de la région parotidienne de petits noyaux cartilagineux avec à côté des points ramollis, fluctuants même, on pourra affirmer Vei2chondrome.
Si la tumeur est assez molle pour faire penser à une tumeur liquide et que la ponction exploratrice en démontre la nature solide, on diagnostiquera un myxome.
B. La tumeur est maligne.
Il s'agit de cancer ou de lymphadénome.
a) Lymphadénome .
Au début, les tumeurs sont multiples, elles ne se fusionnent qu'ultérieurement, la tumeur principale est accompagnée de ganglions hypertrophiés, sous-maxillaires et carotidiens et quelquetois de ganglions à distance, inguinaux, axillaires; la rate est quelquefois hypertrophiés et l'examen du sang dénote souvent une leucocythémie évidente.
b) Cancer.
Nous avons rappelé plus haut les caractères et l'évolution ordinaires des tumeurs malignes.
Ici comme dans toutes les autres régions le cancer peut se présenter sous trois formes :
La forme encéphaloïde à prédominance épithéliale ;
Laformesquirrheuse à prédominance conjonctive;
La forme commune dans laquelle les éléments épithéliaux et conjonctifs sont assez également associés.
a. La forme encéphaloïde est inégale, molle, bosselée, mal limitée. Son évolution est rapide, ses adhérences précoces et profondes ; son ulcération exubérante sécrète une sérosité ichoreuse, fétide et saigne avec une grande facilité. L'engorgement ganglionnaire est précoce et volumineux. Les douleurs sont vives, lancinantes. La santé générale est rapidement altérée.
p. Le squirrhe est dur, bosselé, adhérent partout; il rétracte les tissus, leur donne une dureté particulière et provoque un recroquevillement du pavillon de l'oreille vers la mastoïde et le cou. Les ganglions sont pris plus tardivement que dans la forme précédente ; ils sont petits et durs, reliés parfois à la tumeur par des cordons indurés. L'ulcération peut manquer, lorsqu'elle existe elle est beaucoup plus tardive. La santé générale peut être longtemps respectée.
On en distingue deux variétés cliniques : Le sqidrrhe en plaques ou diffus qui envoie des prolongements mal limités, durs, rameux, enserrant la portion cervicale comme dans un collier et donnant lieu à un torticolis spécial.
Le squirrhe atrophique, étouffant la glande dans une gangue rétractile par l'atrophie, au point de creuser dans la peau des rigoles plus ou moins profondes, comme cicatricielles.
Bibliograpliie : Richet. — Sappey. — Tillaux. — Testut. — Sébileau {Dcinonslralion d'analomié). — Poirier. — Dictionnaire Dechambre.
SU liai ion. Limites.
La région temporale est située de chaque côté du crâne, entre la région occipito-frontale placée au-dessus, et les régions masséterine et parotidienne placées au-dessous. Sur le vivant, la contraction du muscle temporal donne exactement les limites de la région. Celle-ci présente une forme quadrilatère, une hauteur d'environ 8 centimètres, une largeur de 11 et une épaisseur plus considérable en bas qu'en haut. Elle est étendue entre l'apophyse orbitaire externe de l'os frontal, et la saillie de la pommette en avant, le conduit auditif externe et le bord occipital de l'apophyse mastoïde en arrière, le bord supérieur de l'arcade zygomatique en bas, la ligne courbe temporale supérieure en haut.
Aspect. Division.
Elle présente un aspect variable suivant les âges et les individus. Bombée, remplie de graisse, chez les sujets bien portants et les enfants, elle est plane chez l'adulte, creuse et ridée chez le vieillard et le cachectique. Elle est couverte de poils dans ses deux tiers postéro-supérieurs, glabre en avant.
Une coupe vertico-transverse du crâne passant par le milieu de l'arcade zygomatique permet de voir que la disposition des aponévroses et du tissu osseux divise la région en deux régions secondaires : i^égions temporales sus et sousosseuse. La première comprend trois zones distinctes : zone superficielle, zone moyenne, zone profonde ; la deuxième région comprend les zones sus et sous-méningées.
Squelette.
Il comprend des bords et un fond.
Â. Bords osseux. — Ces bords, au nombre de trois, sont postéro-supérieur, antérieur et inférieur.
a) Le bord postéro-supèrieiir est représenté par les lignes courbes temporales qui sont au nombre de deux.
a. La ligne courbe temporale supérieure s'étend de l'apophyse orbitaire externe du frontal à la fontanelle postéro-latérale (réunion du temporal, du pariétal et de Foccipital). Elle forme une crête saillante à concavité antéro-inférieure.
p. La ligne courbe temporale inférieure s'étend du frontal, à 2 centimètres au-dessous de l'origine de la précédente, à la racine longitudinale de l'apophyse zygomatique.
Y. Quelquefois il existe au-dessus des deux lignes précédentes une troisième ligne très rapprochée du vertex, c'est la ligne de Zuckerkandl.
b) Le bord antérieur est formé par le bord et la face postérieurs de l'os malaire. Le bord postérieur du malaire s'étend de l'apophyse orbito-faciale du frontal en haut, à l'apophyse zygomatique du temporal en bas. Il est sinueux et acéré, et forme un angle osseux obtus par la réunion des segments inférieur et supérieur qui le composent. La face postérieure du malaire est concave et percée de plusieurs pertuis.
c) Le bord inférieur est représenté par l'arcade zygomatique. C'est une apophyse osseuse horizontalement dirigée de l'écaillé du temporal en arrière à l'apophyse temporale du malaire en avant. Née par deux racines, l'une antérieure et transversale^ l'autre postérieure et longitudinale, qui se réunissent pour former le tubercule zygomatique, elle se dirige en avant et s'aplatit dans le sens transversal en présentant un bord supérieur tranchant, une face interne concave et lisse. C'est sous l'arcade zygomatique, entre elle et l'écaillé temporale, que la région temporale se continue sans ligne de démarcation avec la fosse zygomatique. Aussi les pro-
duits pathologiques se propagent-ils très facilement de l'une dans l'autre région.
B. Fond osseux. — On trouve en haut une petite surface triangulaire à base supérieure appartenant au frontal, La face externe de la grande aile du sphénoïde et la face externe d'une bande allongée appartenant au pariétal forment ce qu'on appelle la surface temporale. La grande aile du sphénoïde est parcourue dans le sens antéro-postérieur par une crête saillante qui s'appelle la crête temporale. Enfin la portion écailleuse du temporal, lisse, unie, occupe la portion inférieure et postérieure de la région. Dans le tiers antérieur de la région on trouve la suture fronto-pariétale, de la partie inférieure de laquelle partent les sutures frontosphénoïdale et fronto-jugale. En arrière on trouve la suture temporo-pariétale. La réunion de ces sutures contribue, dans le jeune âge, à la formation de deux fontanelles dont l'antérieure est appelée ji?^erfo72 ou fontanelle sphénoïdale, et la postérieure fontanelle de Cassérius. Ces fontanelles contiennent des os wormiens, vrais points d'ossification secondaire des sutures.
C. Aponévrose temporale. — La fosse temporale est fermée superficiellement par une aponévrose. Cette aponévrose naît de l'apophyse orbitaire externe du frontal, du bord postérieur de l'os malaire, de la ligne courbe temporale supérieure, par des fibres aponévrotiques résistantes, qui convergent vers le bord supérieur de l'apophyse zygomatique. ^^ers la moitié de son trajet l'aponévrose temporale se dédouble en deux feuillets.
a) Le feuillet superficiel s'insère à la lèvre externe du bord supérieur de l'arcade zygomatique et au bord externe de l'os malaire. 11 se continue en bas avec le fascia masséterin et serait, pour certains auteurs, la partie externe de l'aponévrose épicranienne, laquelle va mourir dans la peau de la région delà joue, pourTillaux.
b) Le feuillet profond s'insère à la lèvre interne de l'arcade. C'est la vraie aponévrose du muscle temporal. Elle est épaisse, solide et nacrée, et joue le rôle d'un tendon vis-à-vis du muscle qui prend quelques-unes de ses insertions sur elle.
Région sus-osseuse.
C'est la disposition de l'aponévrose temporale qui légitime la séparation de la région temporale sus-osseuse en trois zones distinctes.
I. Zone temporale superficielle. — Elle s'étend de la superficie à la face externe 'du feuillet superficiel de l'aponévrose temporale. On y rencontre :
1. La peau qui est encore épaisse ici, quoiqu'elle n'atteigne qu'un peu moins de la moitié de l'épaisseur de la peau de la région occipito-t'rontale. Elle est moins mobile sur les plans profonds que la peau de la région inférieure. Elle est glabre en avant et dans les environs de l'arcade zygomatique ; elle est couverte de cheveux en arrière, et présente la constitution du cuir chevelu (follicules pileux, glandes sébacées) ; les cheveux de cette région sont les premiers qui perdent leur pigment.
2. Le tissu cellulaire sous-cutané est lâche et celluleux, composé de deux couches, dont la profonde, formant le fascia superfîcialis, ne dépasserait pas l'arcade zygomatique, suivant Velpeau. Ce tissu cellulaire contient :
a. IJarière temporale superficielle, branche terminale de la carotide externe, née dans la parotide au niveau du col du condyle, entre dans la zone temporale superficielle en traversant verticalement son segment inférieur. Elle se divise à 13 millimètres au-dessus de l'arcade zygomatique en temporale antérieure superficielle qui monte vers la région frontale, et en temporale postérieure superficielle qui gagne la région pariétale. Les rameaux artériels de ces artères serpentent en avant des veinules et plus profondément qu'elles.
p. Les veines temporales superficielles naissent de la convergence des veines frontales, pariétales et occipitales superficielles. Elles se jettent dans un tronc collecteur qui a déjà réuni les veines maxillaires internes, et aboutit en fin de compte, dans la parotide, à la veine faciale postérieure.
Y. Les lymphatiques superficiels, temporo-fron-
taux, temporaux proprement dits et temporo-occipitaux, convergent vers les ganglions préauriculaires ou auriculaires antérieurs.
0. Le nerf auriculo- temporal, hvdiiiQh.& du nerf maxillaire inférieur, se partage en deux branches au moment où il pénètre dans Ja région. La branche antérieure, temporale, s'épanouit sur la tempe; la postérieure se dirige obliquement jvers l'oreille.
£. La branche supérieure terminale du facial traverse la région en la couvrant de ramifications nerveuses très nombreuses qui s'anastomosent avec les filets nerveux de l'auriculo-temporal.
s. Vaponévrose épicranienne recouvre toute la région en perdant la plupart de ses caractères fondamentaux dès qu'elle l'aborde. C'est dans son ensemble une calotte fibreuse étendue dans le sens antéro-postérieur entre le frontal et l'occipital et transversalement entre les muscles auriculaires.
[j.. Muscles peauciers. — Ce sont ces derniers muscles qui appartiennent à la région temporale superficielle. Ils sont rudimentaires chez l'homme et s'étendent de la conque du pavillon de l'oreille à la base de fapophyse mastoïde (auriculaire postérieur), de l'aponévrose épicranienne à la convexité de l'hélix (auriculaire supérieur), de faponévrose épicranienne à l'épine de Thélix (auriculaire antérieur).
Enfin Sappey décrit un muscle, le plus souvent visible au microscope seulement, et qu'il appelle le muscle temporal superficiel. Il se compose d'un faisceau occipito-temporal et d'un faisceau auriculotemporal qui se perdent en avant sur le corps du frontal et se continuent en arrière, l'un avec l'occipital, grâce à une lame aponévrotique, l'autre avec l'auriculaire antérieur de la même façon.
IL Zone temporale moyenne. — Elle est comprise entre les deux feuillets de dédoublement de l'aponévrose temporale. C'est entre ces deux feuillets que se trouve le paquet graisseux qui contribue à donner à la tempe sa forme exté-
rieure. Elle est parcourue par des branches artérielles et veineuses.
1. h' artère temporale moyenne, branche de la temporale superficielle, traverse la zone temporale moyenne de bas en haut et d'arrière en avant. Elle entre dans cette zone tout de suite après sa naissance et se termine dans la zone profonde, dans l'épaisseur du muscle temporal.
2. L'artère zygomato-orbitaire, autre branche de l'artère temporale superficielle, longe le bord supérieur de l'arcade zygomatique entre les deux feuillets de l'aponévrose et quitte la région en avant pour se terminer dans les paupières.
3. Les veines qui répondent à ses artères, serpentent dans la même région et se terminent en un tronc collecteur qui aboutit en tin de compte dans le tronc temporo-maxillaire.
111. Zone temporale profonde. — Cette zone est comprise entre le feuillet profond de l'aponévrose temporale et le plancher osseux de la région. Elle contient :
a. Le muscle temporal qui remplit toute la région et a la même forme qu'elle. C'est un muscle rayonné plus épais en bas qu'en haut, étendu de la fosse temporale à l'apophyse coronoïde. 11 s'insère à la ligne courbe temporale inférieure, à la crête temporale de la grande aile du sphénoïde, à la gouttière supérieure de la racine transverse de l'apophyse zygomatique, à la crête susmastoïdienne, à la face postérieure de l'apophyse orbitaire externe, aux deux tiers supérieurs de la face interne de l'aponévrose temporale, à la face interne du tiers moyen de l'arcade zygomatique, au tendon d'origine du masséter. De cette large surface d'insertion supérieure partent des fibres qui convergent et se fixent sur les deux faces d'un tendon résistant. L'insertion inférieure se fait par l'intermédiaire du tendon qui forme une gaine à l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur en descendant beaucoup plus sur la face interne de celle-ci que sur la face externe. Quelquefois les fibres qui partent de la grande aile du sphénoïde,
2252 QUESTIONS DINTERNAT
forment un faisceau à part qui s'insère sur la moitié intérieure de la face interne de l'apophyse coronoïde. Le muscle temporal est élévateur du maxillaire intérieur par ses fibres antérieures, rétracteur de la mâchoire par ses libres postérieures qui, venues de la partie postérieure de la fosse temporale, se réfléchissent sur la gouttière supérieure de l'apophyse transverse de l'apophyse z3'gomatique, pour descendre ensuite verticalement en bas, après avoir formé un angle obtus ouvert en bas et en arrière (Voir question Muscles masticateurs).
p. La graisse sus-musculaire est molle et fluide, très mince en haut, d'autant plus épaisse qu'on se rapproche de l'apophyse zygomatique. Elle contient les terminaisons des artérioles temporales moyennes qui, venues de la zone moyenne, s'épuisent dans le muscle temporal.
Y- La g rais se, sous-musculaire est représentée par une fine lame qui contient surtout du tissu celluleux lâche^ et qui accompagne les vaisseaux et les nerfs de la région, savoir :
1. \J artère temporale profonde antérieure^ née de la maxillaire interne au niveau de la tubérosité maxillaire, traverse la région temporale profonde pour cheminer sous et le long du bord antérieur du muscle temporal. Elle donne des rameaux antérieurs pour l'orbite, des rameaux terminaux pour le muscle.
2. U artère temporale profonde postérieure^ branche également de la maxillaire interne, nait d'elle au niveau de l'échancrure sigmoïde, et suit le bord postérieur du muscle temporal sous lequel elle est située. Elle envoie des rameaux anastomotiques à l'artère précédente et à la temporale moyenne, puis se termine dans le muscle et le périoste avoisinants.
3. Les veines temporales profondes répondent aux artères et sont doubles pour chaque artère, elles s'anastomosent avec les veines du plexus ptérygoïdieu, puis se jettent dans le tronc temporo-
maxillaire ou dans les deux branches qui le forment.
4. Les lymphatiques temporaux prof onds suivent le trajet des artères et se jettent dans les ganglions maxillaires internes, situés au niveau du bord postérieur du buccinateur.
5. Les nerfs temporaux prof onds viennent tous les trois du nerf maxillaire inférieur et sont tous les trois destinés au muscle temporal. Le temporal profond antérieur vient du buccal, donne des filets au tiers antérieur du crotaphyte et s'anastomose à la iin de sa course avec des rameaux du maxillaire supérieur et du facial. Le temporal profond moyen part du nerf maxillaire inférieur dans les environs du trou ovale, s'engage sous le muscle temporal, s'anastomose en avant et en arrière avec ses congénères antérieur et postérieur, et se perd dans le muscle qu'il pénètre par sa face profonde, en donnant quelques rameaux à la peau de la région. Le temporal profond postérieur vient du masséterin, c'est le moins important ; il est destiné à la partie postérieure du muscle et au périoste correspondant.
Région sous-osseuse.
La paroi osseuse forme la séparation de la région précédente et de celle-ci, qui contient deux zones nettement séparées par la présence des méninges. Ce sont : la zone susméningée et la zone sous-méningée.
A. La zone sus-méningée temporale comprend l'étude des artères et veines méningées moyennes et celle des méninges correspondantes.
a) h' artère méningée moyeiine monte' du col du condyle vers la base du crâne, passe par le trou petit rond, puis se dirige en avant et en dehors entre la dure-mère et l'os, et se divise en ramifications qui rappellent la disposition des nervures d'une feuille de figuier, creusant des sillons dans l'os. La branche terminale antérieure se dirige vers l'angle antéro-postérieur du
pariétal ; la branche postérieure se dirige vers l'angle postéro-inférieur du même os. Les rameaux collatéraux de cette artère sont le rameau pétreux superficiel, le rameau pétro-squameux^ des rameaux pour le ganglion de Gasser, des rameaux pour la grande aile du sphénoïde.
b) Les veines méningées moyennes correspondent aux artères, communiquent en haut avec le sinus longitudinal supérieur, sejettentenbas dans la veine maxillaire interne. En avant le sinus de Breschet les fait communiquer avec la grande veine anastomotique antérieure,
c) Les filets nerveux méningés moyens forment un plexus sympathique qui entoure les vaisseaux et se continuent avec le plexus maxillaire interne en bas, après être passés par le trou petit rond.
d) Les méninges n'offrent rien de particulier à signaler sinon que dans cette région la dure-mère se laisse facilement décoller du crâne par un épanchement sanguin.
B. Zone sous-méningée temporale. — Après avoir enlevé le plancher osseux et les méninges, le fond de la région temporale est représenté par les circonvolutions cérébrales. Celles-ci sont sillonnées par deux scissures importantes.
1. La scissure de Sylvius sépare le lobe temporal, qui est inférieur, des lobes pariétal et frontal qui sont antéro-supérieurs. Elle naît au pli falciforme, se dirige en arrière et en haut sur la face externe du cerveau, plus directement en arrière pendant 4 centimètres, enfin se relève et décrit une courbe à concavité antérieure. A sa partie antérieure on trouve les incisures sylviofrontales de la circonvolution de Broca.
2. La, scissure de Rolando sépare le lobe frontal qui est en avant du lobe pariétal qui est en arrière. Elle est oblique de haut en bas et d'arrière en avant. Elle s'étend du bord supérieur de l'hémisphère au-dessus de la scissure de Sylvius. Elle est séparée du bord sagittal de l'hémisphère par le pli de passage frontopariétal supérieur ; elle est séparée en bas de la scissure de Sylvius par le pli de passage fronto-pariétal inférieur.
Les circonvolutions sont groupées en lobes.
3. Le lobe frontal appartient à la région temporale par la partie postérieure de la deuxième circonvolution frontale, par la partie inférieure de la frontale ascendante, et par la circonvolution de Broca.
4. Le lobe pariétal livre à la région la partie inférieure de la pariétale ascendante et une petite partie de la circonvolution pariétale inférieure.
5. Le lobe temporal est presque entièrement contenu dans cette zone, avec ses trois circonvolutions.
On sait que tous les centres psycho-moteurs sont groupés autour des scissures de Sylvius et de Rolando, et que chacune des circonvolutions énuméréesplus haut est le centre de fonctions bien nettement définies qui disparaîtront dès que le centre sera lésé. Il importe donc de connaître ces centres et de savoir comment y arriver dans un but chirurgical en passant par la région temporale sus-osseuse.
Centres psyelio-moteurs.
a. La partie supérieure des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes est le centre des mouvements du membre inférieur. Ce centre est en dehors de la région temporale et occupe sa limite supérieure.
[3. \^d. partie moyenne des circonvolutions précédentes et la partie inférieure de la pariétale ascendante sont le centre des mouvements du membre supérieur. Ce centre appartient à la région temporale.
T. La partie inférieure de la frontale ascendante est le centre des mouvements de la face.
0. Le centre de Vagraphie est dans le pied de la deuxième circonvolution frontale.
î. Le centre de l'aphémie est dans le pied de la troisième circonvolution frontale.
[1. Le centre de la cécité verbale est dans le premier pli de passage temporo-pariétal.
1. Le ce?itre de surdité verbale est dans la partie postérieure de la première circonvolution temporale.
Topographie cranio-eérébralé.
L'extrémité supérieure de la scissure de Rolando est à 0 centimètres et demi en arrière du bregma chez l'homme.
La partie inférieure de la scissure s'arrête à 3 centimètres au-dessus d'une ligne horizontale de 7 centimètres, née de l'apophyse orbitaire externe, sur le trajet de la perpendiculaire meaée par la terminaison de cette ligne. La scissure de Sylvius commence en bas à 1 centimètre au-dessus de la terminaison dune ligne de 5 centimètres partie de l'apophyse orbitaire externe. Ensuite la scissure suit la suture temporo-pariétale.
Superposition des plans.
On trouve de la superficie vers la profondeur :
\ . La peau ;
2. Le tissu cellulaire sous-cutané qui contient l'artère et la veine temporales superficielles, les iympathiques superficiels, le nerf auriculo-temporal, l'aponévrose épicranienne, les peauciers de la région ;