‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 19 sur 676 · C. Ganglions spinaux · texte numérisé non relu

C. Ganglions spinaux

Ils sont formés par des éléments cellulaires contenus dans un stroma qui lui-même est parcouru par des fibres nerveuses. Parmi ces fibres nerveuses, les unes traversent le ganglion, d'autres se terminent dans les cellules. Ranvier donne aux tubes nerveux de ces ganglions la forme d'un Y ou d'un T, parce que ces tubes nerveux envoient aux cellules une branche qui se continue avec un prolongement semblable venu de la cellule. Les cellules sont unipolaires ou multipolaires. Des recherches de Stiénon il résulte aujourd'hui : l°que

toutes les cellules sont unipolaires et ont un prolongement unique qui, après un trajet court, se branche sur le tube nerveux issu de la racine postérieure ; 2» que le nombre des tubes nerveux qui entrent dans un ganglion spinal est le même que celui des tubes qui en sortent ; 3° que le nombre des cellules unipolaires d'un ganglion est égal au nombre des tubes nerveux qui le traversent.

Vaisseaux.

Artères. Elles sont fournies par les artères radiculaires antérieures et postérieures qui viennent de sources variables suivant le niveau de la moelle considérée. A leur émergence de la moelle, les racines postérieures sont comprises entre deux troncs artériels verticaux. Les artères radiculaires antérieures sont plus volumineuses que les postérieures. Elles cheminent toutes les deux dans la pie-mère.

Vemes. Elles répondent aux artères et se terminent dans les plexus veineux intra-rachidiens. Les veines radiculaires postérieures sont plus volumineuses que les antérieures.

Lymphatiques. Ranvier décrit un système de vaisseaux lymphatiques formant autour des artères et des veines radiculaires un réseau très serré. Pour Robin et Wirchow les vaisseaux lymphatiques sont situés dans la gaine adventice même des vaisseaux sanguins.

Physiologie.

Loi de Charles Bell. Charles Bell découvrit en 1811 que « les raciîies antérieures sont motrices et les postérieures sensibles ».

. Magendie trouva en 1822 que l'excitation des racines antérieures chez les mammifères produit de la douleur, d'où il conclut que ces racines renfermaient des fibres sensibles. Mais Cl. Bernard et Schiff montrèrent qu'il s'agissait de sensibilité récurrente. {Certai?ies fibres de la racine postérieure, arrivées au point de jonction avec la racine antérieure^ décrivent une anse et retournent vers Vintérieur du canal rachidien par cette dernière racine).

1. Section des racines antérieures. Lorsqu'on coupe la racine antérieure, il se produit au moment de la section une contraction de tous les muscles innervés par cette racine. Il se produit également de la douleur (sensibilité récurrente). Après la section, les muscles innervés par la racine antérieure sont paralysés.

2. Excitation électrique. L'excitation du bout périphérique provoque, dans les premiers moments qui suivent la section la contraction des muscles paralysés et de la douleur (sensibilité récurrente). L'excitation du bout central est sans effet.

3. Section des racines postérieures. Au moment de la section il se produit une violente douleur. Il se produit en même temps des mouvements réflexes. Après section, la région innervée par la racine sectionnée est .insensible.

4. Excitation électrique. L'excitation du bout périphérique est sans effet; l'excitation du bout central provoque de la douleur et des mouvements réflexes. Dans les régions frappées d'insensibilité la motilité reste intacte.

5. Dégénération après la section des racines. Expériences de Waller (1851). Après section de la racine antérieure, le bout périphérique dégénère toujours. Après section de la racine postérieure, entre le ganglion spinal et la moelle, le bout central dégénère, le bout périphérique reste intact. Après section de cette même racine entre le ganglion et la périphérie, le bout périphérique dégénère seul.

Donc, la moelle épinière est le centre trophique de la racine antérieure. Le ganglion spinal est le centre trophique de la racine postérieure.

Après section des racines postérieures, on observe des mouvements désordonnés, non réglés, des muscles du territoire insensible.

L'excitabflité des racines antérieures est plus grande, tant que les racines postérieures restent intactes.

6. Le ganglion spinal outre ses rôles trophique et histogénétique joue un certain rôle dans la perception des sensations qu'il transmet aux divers étages de la

moelle par les fibres radiculaires intra-médullaires. (Lois des réflexes : localisation, symétrie, irradiation, généralisation).

Certains auteurs (Brissaud et de Massary) font de la dégénérescence de ces ganglions (protoneurone centripète) la lésion initiale du tabès dont l'origine serait ainsi exogène, et ils expliquent par elle les troubles sensitivo-moteurs tabétiques et la sclérose des cordons postérieurs.

7. Distribution des racines antérieures . Les racines antérieures fournissent des fibres centrifuges aux muscles striés et aux fibres musculaires lisses. Elles fournissent en outre des fibres vaso-motrices, des fibres d'arrêt (fibres vaso-dilatatrices), des fibres sécrétoires, des fibres trophiques. Chaque racine correspond à un segment topographique donné (Forgues et Lannegrace).

8. Distribution des racities postérieures. Les racines postérieures renferment les fibres sensitives de la peau et des organes internes (à l'exception du territoire des nerfs crâniens). Elles contiennent les nerfs du toucher. C'est par elles que sont transmises les excitations qui provoquent les actions réflexes.

Les recherches de Sherrington ont montré que les champs de distribution cutanée des racines postérieures ne correspondent pas aux champs de distribution des nerfs périphériques, les zones radiculaires s'imbriquent de façon telle que toute zone cutanée est innervée au moins par deux racines. (Application à la théorie médullaire du zona. Achard).

9. Localisation des centres sensitifs. Betcherew localise dans le groupe interne des cellules sensitives le système conducteur des impressions du sens musculaire, dans le groupe externe celles du sens cutané. Cette conception est hypothétique.

10. Association des territoires des raciales. Les fibres tactiles d'un nerf mixte se distribuent à la peau, qui est mise en mouvement ou qui «st recouverte par les muscles auxquels la même branche nerveuse envoie des filets moteurs.

Biblios;:i'apliie : Traite de Falhologie externe, de Poulet et Bousquet, t. II. — Dictionnaire Jaccoud. — Pathologie externe, de Foli;.in et Du- TLAY. — Manuel des quatre agrégés. — Traité de chirurgie. Duplay et Reclus. — Clinique inédite, de Pierre Delbet. — Lannelongue. Tuberculose vertébrale. — Gombaut et Philippe. Semaine médicale, 17-4-189S. — Professeur Duplay. Cliniques de rUôtel-Dieu. — XIII« Congrès de médecine. Traitement du mal de Pott. Presse médicale, 25 avril 1900, p. 143.

Historique.

L'histoire de cette afîection a traversé quatre phases jusqu'à ces dernières années. La première phase remonte à la plus haute antiquité, car Hippocrate signale la relation qui existe entre certaines formes d'abcès et les gibbosités. La deuxième phase commence à la fin du xviii® siècle, avec Percival Pott qui publie deux mémoires sur la carie vertébrale ; Delpech parle peu de temps après de la tuberculose vertébrale, mais celle-ci reste' encore dans l'ombre. Avec Nélaton, le mal vertébral traverse sa troisième période, la carie vertébrale passe au second plan pour faire place à la tuberculose. Enfin, de nos jours, les travaux de Volkmann, Lannelongue et Poulet ont eu pour efi'et de réunir en un même ensemble morbide la carie et la tuberculose vertébrales et de faire du mal de Pott le synonyme de tuberculose vertébrale.

Définition.

Le mal vertébral est une affection rachidienne qui se traduit par une gibbosité plus ou moins marquée, pouvant être accompagnée d'abcès par congestion et de paraplégie. Cependant, l'un ou l'autre de ces symptômes peut ne se montrer à aucun moment de la maladie.

Etîologie.

La plus fréquente des manifestations externes de la tuber-

culose, après la tuberculose coxo-fémorale, le mal de Pott est plus fréquent chez les enfants entre trois et cinq ans, mais n'est pas rare chez l'adolescent et a été rencontré chez les vieillards. Peut-êlre le sexe féminin y est-il plus prédisposé, mais cette opinion est loin d'être généralement admise. Le traumatisme, que la plupart des malades allèguent comme début de leur affection, n'est qu'une cause occasionnelle. Le surmenage, les fatigues, la masturbation jouent un rôle très effacé, malgré les opinions émises autrefois.

Analoiiiie pathologique.

L Lésions osseuses. — Deux processus destructifs types.

1 . Processus caverneux. — Fonte de un ou plusieurs corps vertébraux, caverne fermée ou ouverte en avant, parois osseuses ou fibreuses, suivant l'étendue des lésions. Contenu jaunâtre, solide, caséeux ou liquide, citrin, mal lié. Habituellement un seul foyer.

2. Processus diffus. — Lésion étendue, superficielle, qui s'étend sur les disques intervertébraux et peut aller de l'axis au sacrum, et caractérisée par l'aspect rugueux des os, sans périoste, parsemés de fongosités.

3. Processus intermédiaire, comprend les deux ordres de lésions précédentes.

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