C. État
a) Face et cou.
Le trismus, d'abord modéré, simplement manifesté par une certaine gêne à desserrer les mâchoires, s'accroît de façon progressive ; l'impossibilité d'ouvrir la bouche est absolue et les masséters forment deux masses contractées ; raides et douloureuses.
Les douleurs et les contractions s'étendent alors et se propagent :
A la nuque, les mouvements de flexion deviennent moins aisés ;
A la tempe, à la région buccale (temporaux et plérygoïdiens) ;
Au pharynx^ d'où dysphagie avec embarras de la langue.
A ce moment le faciès présente souvent le tableau parfait du spasme cynique si souvent décrit : « traction externe des commissures labiales, élé- « vation des ailes du nez et des sourcils, plissement « de l'angle externe de l'œil, déterminant cette « impassibilité sardonique du masque dont les « yeux seuls restent mobiles et inquiets ».
b) Généralisation des contractures.
D'abord localisées à la face, les contractures envahissent plus ou moins rapidement, suivant un mode continu et progressif :
La région cervicale et le tronc qui s'incurvent en opisthotonos ;
Les muscles droits de l'abdomen qui se tendent, déprimant les viscères ;
Les îmiscles des membres qui se placent en hyper-extension : orthotonos.
Les contractures arrivées ainsi graduellement à leur maximum d'intensité imposent au corps un aspect variable suivant la localisation prédominante des contractures : opisthotonos, orthotonos, emproslhotonos, pleurosthotonos.
Elles peuvent enfin envahir les muscles de la vie végétative : « La constriction du pharj'^nx et de la glotte jointe à la tétanisation des muscles inspirateurs détermine une angoisse et une dyspnée voisines de l'asphyxie ».
c) Crises paroxystiques.
Un des caractères essentiels des accès tétaniques est d'être paroxystiques, provoqués ou exagérés par les causes les plus futiles, les excitations périphériques d'ordre quelconque, visuel, auditif ou tactile.
Lorsque l'infection est grave, les contractures deviennent subintrantes^ elles peuvent être extrêmement douloureuses (tétanos hyperalgésique de Trastow).
d) Etat général.
a. Fièvre fréquente, parfois excessive, 41, 42, 43°.
Pouls augmenté d'intensité et de fréquence, surtout au moment des spasmes, 120, 130, 140 ;
Mouvements respiratoires accélérés.
Tous ces signes sont en rapport avec l'état de contracture tonique des muscles.
P. Voies digestives : état nauséeux, constipation.
T. Sueurs, cyanose.