I. Signes
De façon un peu schématique on peut grouper en trois périodes l'ensemble des signes de \a. coxalgie :
Une péi-iode de début plus ou moins longue, pendant laquelle des signes fonctionnels et physiques souvent minimes , parfois innperçus, constituent les seuls indices de la maladie. Leur niéconnaissance possible pendant la vie, surtout au cours d'une granulie, explique que la tuberculose de la hanche puisse être une pure trouvaille d'autopsie.
Une période d'élaf, ou mieux d'attitudes vicieuses, généralement subdivisée en une période d'allongement apparent et une période de raccourcissement apparent du membre.
Enfin une période d'abcès ou de luxations, peut-être moins fréquente à la hanche qu'au genou.
A. Période de début.
Cette période a été anal3'^sée avec soin par le professeur Lannclongue qui a bien insisté sur la possibilité et la nécessité d'un diagnostic précoce, sur l'impérieux devoir qui s'impose au médecin de rechercher minutieusement les signes du début de cette affection et d'instituer un traitement rigoureux dès cette période, sans se laisser égarer par l'apparence souvent robuste des enfants atteints ou les commémoratifs, parfois intéressés, accusant un traumatisme de l'articulation.
Le plus souvent,- c'est à l'occasion de douleurs de types divers ou de troubles de la marche ou de la station que les parents viendront consulter; on analysera ces symptômes avec soin.
a) Douleur.
a. Spontanée.
1. Elle est souvent intermittente. Dans ces cas elle fait défaut le matin, après le repos de la nuit, et atteint son maximum d'intensité le soir après une marche plus ou moins longue ou les fatigues du jeu chez les enfants. Elle amène les jeunes enfants à refuser le jeu ou la marche et à demander qu'on les porte. Elle peut disparaître pendant plusieurs jours sous l'influence du repos.
2. Elle Q&i.à' intensité variable, tantôt simple gêne fonctionnelle, sensation de tension douloureuse, de raideur, de serrement, tantôt douleur vraie, avec élancements.
3. Elle est variable, quant à son siège. Quelquefois elle est rapportée à la hanche
môme.
Quelquefois plus bas, à la face interne de la cuisse.
Le plus souvent, au début, elle présente son maximum au niveau du genou (gonalgie), en sorte qu'on serait tenté, faute d'un examen attentif, de localiser l'affection dans cette articulation.
Gomme le dit M. Lannelongue, ce qui caractérise ces douleurs « c'est leur intermittence, l'action extrêmement heureuse qu'exerce sur elles le repos, leur disparition successive sous celte influence, leur retour otîensif occasionné par les exercices et la fatigue. »
On devra dès lors procéder à l'examen méthodique et direct du sujet absolument nu^ condition tout-à-fait nécessaire à un diagnostic précis et complet. On recherchera la douleur provoquée.
2588 QUESTIONS d'inTERNAT
p. Provoquée.
Pour la rechercher on pkicera le malade dans Isi position d'examen, d'abord en extension pour explorer la partie antérieure de l'articulation au niveau du pli de Faine, puis en flexion, en adduction et rotation en dedans pour explorer la tète du fémur, qu'on fera ainsi saillir à la partie postérieure de l'articulation.
La douleur sera réveillée par la pression an niveau des points suivants : dans le triangle de Scarpa, à la partie postérieure de l'articulation, au niveau du petit trochanter.
La percussion forte du grand trochanter ou du talon (le membre inférieur étant en extension), réveillera une douleur articulaire plus ou moins vive.
Parfois, comme l'a signalé Cazin de Berk, le toucher rectal réveille la douleur au niveau de la face pelvienne du cotyle, au niveau duquel on sent un empâtement plus ou moins marqué, (signe de Gazin).
b) Troubles fojictionnels.
On recherchera alors l'état de l'articulation au point de vue fonctionnel, au point de vue des mouvements.
a. Si V enfant ne marche pas :
1. On le tiendra suspendu par les aisselles : le membre sain s'agitera de façon désordonnée , le membre malade sera relativement immobile.
2. On le mettra sur le ventre et on cherchera à le soulever successivement avec l'une et l'autre jambe ; la souplesse de l'articulation saine contrastera singulièrement avec la raideur de l'articulation malade. Dans ce dernier cas, la cuisse semblera soudée au bassin et faire corps avec lui.
p. Si V enfant marche :
1. On percevra une perturbation du rythme de la marche qui sera ainsi constitué par deux
sons alternatifs d'intensité inégale {signe du maquignon de Marjolin).