‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 462 sur 676 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Biblios:ra|)liie : Dictionnaire Dcchambre. — Dictionnaire Jaccoud. — Traite de chirurgie (t. I, II et III). — Quatre agrégés. — Manuel de médecine (amyotrophies nerveuses). — Cliniques du professeur DuPLAY. Bulletin médical, 1890. — Le Dentu et Delbet, t. III. — RÉJOU. Thèse de Paris, 1877. — Cosnard. Thèse de Paris, 1878. — Ch. Feré. Revue de neurologie, 1893.

Défîuition.

Le mot hydarthrose, pris à la lettre, signifie tout épanchement de sérosité dans une synoviale articulaire ; mais l'usage est resté de ne comprendre sous ce nom que les épanchements à marche chronique ou tout au moins subaiguë. Ces épanchements se produisent d'ailleurs dans un grand nombre d'afïections dont ils ne constituent qu'un symptôme.

Fréquence.

L'hydarthrose est surtout fréquente dans les articulations lâches et à grande synoviale ; mais la localisation de beaucoup la plus fréquente est celle du genou qui en est comme le lieu d'élection. L'hydarthrose du genou va nous servir de type pour décrire cette affection.

Symptoniatologie.

A. Début. — Le début est brusque ou lent. Brusque^ il présente d'un seul coup les symptômes que nous allons décrire ultérieurement ; lent, il s'accompagne d'une sensation vague dans l'articulation, qui se traduit par une gêne fonctionnelle d'abord peu marquée, par de la pesanteur et par une augmentation progressive dans le volume de l'articulation.

B. PÉRIODE d'État. — Cette période nous présente à étudier des signes physiques, des signes fonctionnels et des signes généraux.

I. Signes physiques. — Les signes sont fournis par la vue et le toucher.

a. A la vue. — On trouve tout d'abord une augmentation de volume et un changement de forme de- la région lésée en rapport avec l'abondance de Tépanchement articulaire. L'articulation est globuleuse, arrondie, et présente des soulèvements anormaux qui ont fait disparaître les saillies et les dépressions normales péri-articulaires, qui ont remplacé les fossettes articulaires et qui sont dues à la distension de la synoviale par le liquide.

1. Au genou. — De chaque côté de la rotule et audessus d'elle, au niveau du cul-de-sac sous-tricipital, on voit des saillies caractéristiques dues à la distension de la séreuse. Le membre est dans la demi-flexion. Il existe quelquefois des kystes poplités.

2. A la hanche. — On voit un développement en masse de toute la région à cause de la situation profonde de rarticulation. Il peut y avoir déversement du liquide articulaire dans la bourse séreuse du psoas qui communique si souvent avec la synoviale coxo-fémorale.

3. Au cou-de-pied. — La déformation a lieu en avant des malléoles, en dedans et en dehors des tendons extenseurs.

4. Au coude. — Les saillies formées par la distension s3moviale se trouvent en arrière de l'articulation, de chaque côté de l'olécrane.

5. A V épaule. — La synoviale s'avance surtout dans l'interstice delto-pectoral. Comme à la hanche, il peut y avoir communication libre du liquide S}Tiovial avec le liquide des bourses séreuses avoisinantes péri-articulaires formant des diverticules remplis de sérosité qu'on ne doit pas prendre pour des kystes.

p. Au toucher. — La fluctuation est le signe capital. Très nette dans les jointures superficielles elle est souvent très difficile à découvrir dans les jointures profondes, telles que la hanche et l'épaule.

1. Au genou. — On met la jambe dans l'extension en ayant soin de relâcher tous les muscles de la cuisse,

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car toute contracture musculaire immobiliserait la rotule contre les condyles. On amasse le liquide intraarticulaire vers le centre de la synoviale en le refoulant du cul-de-sac sous-tricipital par une main qui passe à plat sur le muscle, tandis que l'autre main appliquée sur la partie inférieure de l'articulation exécute la même manœuvre en sens inverse. La sérosité soulève alors la rotule qui s'éloigne des condyles. Si alors on presse brusquement sur elle avec l'index de la main inférieure, resté libre, en gardant les mains immobiles autour de l'articulation, la rotule ainsi pressée chasse le liquide vers la périphérie et l'onde mobile vient frapper les mains : la fluctuation est démontrée. De plus si la pression a été brusque et assez forte, la rotule en frappant sur les condyles, puis en revenant brusquement à son point de départ, donnera à l'index frappeur une sensation particulière appelée choc rotulien.

2. Aux autres articulations il sera plus difficile de percevoir la fluctuation à cause de la situation profonde de la synoviale distendue. On cherchera ce symptôme au niveau des saillies péri-articulaires dont la topographie a été signalée précédemment pour chaque articulation. Il faudra toujours tenir compte de l'existence possible de diverticules synoviaux secondaires et ne pas oublier que la flucliiation peut manquer par suite de l'excès de tension du liquide.

IL Signes fonctionnels. — La douleur est en général peu intense et fait môme souvent défaut. Au début la gêne des mouvements est peu marquée, puis peu à peu elle s'accentue. La flexion et l'extension du membre n'ont plus l'amplitude normale. Quelqefois il se produit une entorse ou une luxation préparées par la laxité des ligaments distendus par le liquide, à la faveur d'un faux mouvement ou d'une tentative de reprise des occupations journalières.

Mais le signe fonctionnel de beaucoup le plus important à étudier dans Thydarthrose, c'est V atrophie musculaire qui accompagne si souvent cette affection.

Les caractères que présentent ces atrophies musculaires consécutives à l'hydarthrose, sont les suivants :

a. Vatrophie musculaire est étroitement localisée ou prédomi?ia?îie dans les muscles extenseurs.

p. Cest une atrophie simple non dégénérative ; les réactions électriques sont peu ou point modifiées.

Y. // ny a pas de contractions fihrillaires,

0. L'atrophie s'accompagne ^exagération des réflexes. s. Pas de troubles de la sensibilité.

La pathogénie des dj'strophies musculaires consécutives à l'hydarthrose nous met en présence de plusieurs théories ; savoir :

1. L'atrophie est produite par la distension de la synoviale ; la cause est mécanique.

2. L'atrophie est due à l'immobilisation prolongée : inactivité fonctiomielle.

3. h' atrophie est due à un réflexe vaso-ditatateur (Schiff).

4. h' atrophie est due à un réflexe vaso-constricteur (Brown-Séquard).

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