MÉAT
Les cornets sont au nombre de trois, disposés l'un audessus de l'autre, les méats également; quelquefois il en existe un quatrième ou un cinquième. Les deux cornets su- 'périeurs sont une émanation de l'ethmoïde, tandis que le cornet inférieur est un os spécial.
a) Le cornet supérieur ou de Morgagni est une lame antéro-postérieure offrant une face interne convexe, une face externe concave, un bord supérieur qui se soude à la lame criblée, un bord inférieur, libre, mince, horizontal ; une extrémité antérieure continue avec la surface plane; une extrémité postérieure unie au cornet sphénoïdal.
b) Le cornet moyen ou cornet ethmoïdal est une lame semi-ellipsoïde s'étendant de la face antérieure à la face postérieure de l'ethmoïde.
Sa face convexe est tournée vers la lame perpendiculaire ; sa face concave contribue à limiter en dedans le méat moyen.
c) Le cornet inférieur possède une face interne, convexe, qui présente quelques rugosités et des sillons vasculaires ; une face externe, concave, qui circonscrit
2808 QUESTIONS d'iNTERNAT
le méat inférieur^ un bord inférieur plus épais à sa partie mo)'ennc qu'à ses extrémités et libre dans la fosse nasale; un bord supérieur appliqué contre la face interne du maxillaire supérieur et du palatin et muni de trois prolongements qui sont : Vapophijse lacrymale, qui complète en bas et en arrière le canal nasal et s'articule avec l'unguis, l'apophyse maxillaire ou auriculaire^ qui s'applique contre la partie inférieure de l'orifice du sinus maxillaire, Vapophyse ethmo'idale qui se continue avec l'apophyse unciforme de l'ethmoïde. Des deux extrémités du cornet inférieur, l'antérieure se fixe au maxillaire supérieur, la postérieure se fixe sur le palatin. L'extrémité antérieure est située à 2 centimètres environ en arrière de l'entrée des fosses nasales.
La longueur des cornets augmente de haut en bas, et comme leur extrémité postérieure répond à une même ligne verticale, le cornet supérieur est débordé en avant par le moyen et le moyen par l'inférieur. De plus, ils sont régulièrement échelonnés sur la paroi externe des fosses nasales et la divisent en trois étages (Sappey).
1. Etage supérieur. 11 est formé en arrière par le cornet supérieur et en avant par une petite surface ver- ' ticale qui se continue en bas avec le cornet moyen. Il présente :
a. Le méat supérieur ',
p. \^ orifice des cellules ethmoïdales postérieures dans le méat supérieur;
Y. Le trou sphéno-palatin à l'extrémité la plus reculée du méat.
2. Etage moyen. Il est formé par le cornet moyen qui forme couvercle au méat moyen, lequel a pour paroi externe la face interne de l'apophyse montante du maxillaire supérieur en avant; la portion verticale du palatin; l'ethmoïde et la paroi interne du canal nasal au milieu ; l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde en arrière.
Sur la partie moyenne de la paroi externe du méat moyen on rencontre :
a. Un orifice caché sous Vextrèmité antérieure du cornet qui répond à Y infundibulum et réunit les fosses
nasales aux sinus frontaux et aux cellules cthmoïdales antérieures ;
i^. Un orifice qui fait conwiîiniquer la cavité nasale avec le sinus maxillaire. Cet orifice est partagé en deux portions inégales par l'union de l'apophyse unciforme de l'ethmoïde avec l'apophyse ethmoïdale du cornet inférieur. Cette disposition osseuse contribue à rétrécir l'orifice normalement très grand du sinus maxillaire. La muqueuse pituitaire ne respecte que l'une des deux portions de cet orifice.
d. Etage inférieur. Il présente la disposition suivante : sur un premier plan on voit le cornet inférieur servant de couvercle au méat inférieur. Sur un second plan se trouve le fond du méat formé par le maxillaire supérieur et le palatin ; enfin, l'orifice du canal nasal s'ouvre à la partie supérieure et antérieure du méat. Le canal nasal fait suite à la gouttière lacrymo-nasale, se porte en bas et en arrière en décrivant une courbe à concavité postéro-interne et aboutit dans les fosses nasales. Sa longueur est de 12 millimètres, sa largeur d'environ 4 millimètres supérieurement et près du double inférieurement. Ses parois sont : en dehors, la gouttière nasale du maxillaire supérieur, en dedans, l'unguis et l'apophyse lacrymale du cornet inférieur.
En résumé, six os contribuent à former la paroi externe des fosses nasales : le maxillaire supérieur, l'unguis, l'ethmoïde, le sphénoïde, la portion verticale du palatin et le cornet inférieur. La direction générale de cet assemblage d'os est oblique de haut en bas et de dedans en dehors.
V. Ouverture antérieure des fosses nasales. — Cette ouverture est dirigée en bas. Ses parois sont représentées par le maxillaire supérieur, l'os propre du nez correspondant et le cartilage de la cloison. Les deux ouvertures antérieures réunies, en l'absence du cartilage sur le squelette, représentent assez exactement un cœur de carte à jouer à pointe supérieure. A l'état frais, la forme de chaque ouverture est ovalaire à grosse extrémité postérieure et inférieure. Au-devant de la partie médiane de l'ensemble des ouvertures antérieures, au niveau de la suture qui unit les maxil-
laires supérieures, on trouve ïépme nasale antérieure et inférieure, très saillante et très aigui-, dont Carus faisait une disposition anatomique caractéristique de l'espèce humaine.
VI. Ouverture postérieure. — Cette ouverture est quadrilatère et se trouve formée de chaque côté : en haut, par le corps du sphénoïde doublé de l'aile du vomer ; en bas, par le bord postérieur concave de la portion horizontale du palatin; en dehors, par l'aile interne de l'apophyse ptérygoide ; en dedans, par le bord postérieur du vomer (Testut). Elle est dirigée obliquement de haut en bas et d'arrière en avant, et subdivisée en deux oriiices d'égales dimensions représentant chacun un carré long^ par le vomer qui forme en ce point la partie la plus reculée de la cloison ; celte obliquité résulte de celle des apoph3^ses ptérygoïdes qui forment les limites latérales de l'ouverture. Ce qui précède explique :
1. \^' efficacité du tamponnement postérieur des fosses nasales dans les hémorrhagies; car le tampon vient buter contre un cadre osseux ;
2. La nécessité de construire des tampons ayant la forme de l'ouverture postérieure, c'est-à-dire ayant 3 centimètres de hauteur et 1 centimètre 1/2 de largeur pour assurer l'occlusion et éviter que le tampon ne retombe sur le pharynx.
Diaiiièti'es de la cavité nasale. — Indice nasal.
Le diamètre antéro-postérieur, pris le long du plancher et mesuré de l'épine nasale postérieure à l'antéro-inférieure, est de 4 centimètres 1/2 à 3 centimètres. Celui de la voûte,mesuré de la partie la plus reculée du vomer à l'épine nasale supérieure, est de 6 centimètres à 6 centimètres 1/2. La distance antéro-postérieure qui sépare le milieu du vomer de l'extrémité inférieure des os propres du nez est de 6 à 7 centimètres. En ajoutant un demi-centimètre, on aura, d'une manière aussi certaine que possible, l'étendue antéropostérieure des fosses nasales sur le vivant. Le diamètre transversal n'a pas plus de 6 à 8 millimètres à la voûte et de 3 centimètres à la paroi inférieure. Le diamètre vertical est assez exactement mesuré, dans sa plus grande hauteur, par la longueur du nez prise de sa racine à la sous-cloison (Richet). On désigne sous le nom d'indice nasal le rap-
port centésimal du diamètre transversal maximum de l'ouverture antérieure des fosses nasales au diamètre vertical de cette même ouverture, mesuré de l'épine nasale antérieure et inférieure à la suture naso-frontale. Cet indice est accepté par tous les craniologistes comme un caractère anatomique de première importance pour la classification des races humaines. Tous les Européens ont un indice nasal inférieur ou égal à 47,9; tous les nègres, à l'exception des néo-calédoniens, ont un indice supérieur à 33 (Testut).
^leiiibraiio pitiiîtaire.
En plus du périoste qui tapisse leurs parois, les fosses nasales sont revêtues de la membrane pituitaire. La membrane pituitaire est une muqueuse toute spéciale qui tapisse toute rétendue des fosses nasales. Cette muqueuse revêt exactement toutes les saillies et toutes les dépressions des fosses nasales ; mais elle fait subir aux parois qu'elle tapisse des modifications telles que nous devons décrire minutieusement son trajet sur les parois que nous connaissons déjà.
T. Trajet,
a) Sii7' la paroi supérieure la muqueuse tapisse d'avant en arrière Tangle que forment les cartilages du nez avec le cartilage de la cloison, la face profonde des os propres du nez, les parties latérales de l'épine nasale du frontal, la lame criblée de l'ethmoïde, le corps du sphénoïde. Au niveau de la lame criblée, la muqueuse ferme tous les trous de cette lame ; au niveau de l'orifice du sinus sphénoïdal elle pénètre dans le sinus, en revêt les parois et rétrécit l'orifice en lui donnant la forme d'une fente verticale.
b) Sur la paroi externe la muqueuse, suivie de haut en bas, tapisse la face interne du cornet supérieur et la surface quadrilatère située en avant de lui, se réfléchit le long du bord libre du cornet supérieur, tapisse les parois du méat supérieur, passe devant l'orifice du conduit sphéno-palatin en l'obturant, pénètre dans le ou les orifices des cellules ethmoidales pour aller s'appliquer contre leurs parois. Plus bas, la muqueuse descend sur la face interne du cornet moyen, se réfléchit
le long de son bord libre, pénètre dans le méat moyen et tapisse ses parois. Rencontrant rorilice de l'infundibulum, elle y pénètre pour aller revêtir toute l'étendue des cellules ethmoïdales antérieures et du sinus frontal ; elle contribue à donner à cet orifice une forme ovalaiie et détermine au-dessous de lui une gouttière, qui se dirige obliquement en bas et en arrière {gouttière de rinfinidibulum), et qui se trouve surplombée et limitée en haut par le promontoire des fosses nasales de Zoja ou encore la bulla ethmoïdalis de Zuckerkandl.
La disposition de la muqueuse au niveau de l'orifice du sinus maxillaire est intéressante à noter. Nous savons que la présence de l'apophyse unciforme de l'ethmoïde articulée avec l'apophyse ethmoïdale du cornet inférieur au-devant de cet orifice, le divise en deux et quelquefois trois orifices secondaires. Ces orifices sont :
a. Un orifice anléro-inférieur, qui est placé audessous de Tapophyse ;
p. Un orifice postérieur situé en arrière de l'apophyse ;
Y- Un orifice antèro-supèrieur qui est placé audessus de l'apophyse, en avant du précédent.
La muqueuse passe aii-devant des deux premiers orifices en les obturant^ et s'enfonce dans l'orifice antéro-supérieur pour aller tapisser les parois du sinus maxillaire. Cet orifice, rétréci par la présence de la muqueuse, est arrondi ou ovalaire, mesure 3 ou 4 millimètres de diamètre et s'ouvre à la partie supérieure de la gouttière de l'infundibulum, au-dessous du promontoire. Une fois sur quinze, l'orifice postérieur du sinus n'est pas fermé, et la muqueuse pénètre également, par son intermédiaire, dans le sinus maxillaire.
Continuant son trajet en bas, la muqueuse aborde la face interne du cornet inférieur, se réfléchit le long de son bord libre, pénètre dans le méat inférieur et en revêt les parois. Au niveau de la paroi externe du méat inférieur, la muqueuse rencontre l'orifice inférieur du canal nasal; elle y pénètre, le tapisse et se continue avec la muqueuse
lacrymo-nasale, continuation elle-même de la conjonctive. La muqueuse contribue à former au niveau de cette ouverture un repli valvulaire, qui rétrécit encore l'orifice et qui a une certaine importance sur le cours des larmes et les affections pathologiques du conduit nasal. Ce repli valvulaire s'appelle la valvule de Hasner. L'oriiîce inférieur du canal nasal s'ouvre le plus souvent dans le méat vifcrieur à la réunion de son quart antérieur avec ses trois quarts postérieurs, à 30 millimètres environ de l'aile du 7iez correspojidante. Mais cette situation présente de nombreuses variations qu'il faut connaître lorsqu'on veut pratiquer le cathétérisme du canal nasal par le procédé de Laforest. Souvent le canal se continue sur la paroi externe du méat inférieur, en se creusant dans la muqueuse une gouttière à direction oblique. Cependant, Sappeij rapporte que sur les différentes fosses nasales qu'il a examinées sur les cadavres, il lui est arrivé quatre fois de ne pouvoir découvrir l'orifice inférieur du canal nasal, ni à la vue ni à l'aide du stylet ; ce qui prouve que la description précédente, si elle est l'expression du plus grand nombre de cas signalés, souffre de fréquentes exceptions.
c) Sur la paroi inférieure la muqueuse revêt sans discontinuité les os qui constituent cette paroi. Au niveau du conduit palatin antérieur, la disposition varie suivant l'âge du sujet observé. Chez le fœtus de deux mois, la muqueuse pénètre dans l'orifice du conduit naso-palatin et se continue avec la muqueuse buccale, en faisant communiquer les cavités buccale et nasale ; chez l'embryon la communication disparaît; chez l'adulte la muqueuse pénètre toujours par l'orifice du conduit, mais forme un cul-de-sac au niveau du quart supérieur du trajet de ce conduit. Le canal de Stenson des ruminants n'a donc pas d'homologue chez l'homme.
d) Sur la paroi interne la muqueuse revêt, ici aussi, uniformément les différentes parties constituantes de la cloison. On note à la partie antérieure et inférieure de cette paroi la présence d'un petit orifice qui mène dans
un conduit tubulé d'une longueur de 2 à 7 millimètres, Gegenbaur a démontré, en 1885, que celte formation tubulaire représentait \ a. glande de la cloison, qui acquiert un si grand développement chez les prosimiens ; mais certains auteurs sont encore aujourd'hui persuadés qu'il s'agit là d'un organe rudimenlaire, Vorgane de Jacohson, destiné à recueillir les émanations odorantes des substances alimentaires introduites dans la bouche chez les rongeurs (?), et qui chez l'homme n'a plus de raison d'être parce que le conduit naso-palatin est obstrué par la muqueuse.
q) Au niveau des orifices antérieur et postérieur la muqueuse pituitaire se continue avec les membranes de revêtement analogues : la peau en avant; la muqueuse des trompes d'Eustache et du pharynx en arrière.
II. Epaisseur. Coloration. — La membrane pituitaire a une épaisseur maxima de 3 millimètres sur les parois des fosses nasales, une épaisseur minima de 1/4 de millimètre sur les parois des sinus et des cellules ethmoïdales. Elle s'isole facilement des parois osseuses, mais possède cependant une certaine adhérence ; elle renforce les points faibles des parois osseuses sans être très résistante ; elle possède une coloration rosée sur le vivant dans la partie inférieure des fosses nasales, jaunâtre dans la partie supérieure, rouge sur le cadavre.