‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 665 sur 676 · C. La valeur séméiologique du s3mdrome œdème · texte numérisé non relu

C. La valeur séméiologique du s3mdrome œdème

D. Quelques indications sur le traitement.

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^. Symptomatologie.

Quelle que soit la cause, quel que soit le siège de l'œdème, il se présente avec un ensemble de signes pathognomoniques spéciaux.

a) Inspection. — Les régions œdématiées sont augmentées de volume et déformées. La tuméfaction, proportionnelle au degré de l'œdème et à la laxité du tissu cellulaire infiltré, modifie l'aspect extérieur des parties, en eflaçant les plis, en comblant les dépressions, en nivelant les saillies. La peau décolorée, pale, est dans d'autres cas rose ou violacée. Elle est tendue, lisse, luisante, parfois vergeturée.

b) Palpation. — Les parties infiltrées donnent la sensation d'un empâtement mou, dépressible, parfois tremblotantes ; elles peuvent, dans d'autres cas, être fermes^ tendues, élastiques et donner à la palpation une sensation de rénitlence. En exerçant avec la pulpe du doigt une pression lente et graduelle, on détermine le signe pathognomonique du « godet ».

Il se présente sous l'aspect d'un enfoncement hémisphérique ne disparaissant qu'au bout de quelques minutes. Il peut faire défaut dans certains œdèmes à dureté élastique, dans Fanasarque chez les enfants, dans la cachexie pachydermique.

On recherchera ce signe au niveau d'un plan résistant (face antéro-interne du tibia, apophyses malléolaires, plateau tarsien). On pourra le déterminer par la pression d'une bague, du stéthoscope. On recherchera la marque formée sur la peau par les plis des draps, des vêtements. D'autres fois l'œdème est dépisté par les sillons profonds nasaux et temporaux que font dans la peau les branches et là monture d'une paire de lunettes. La température locale des parties œdématiées est abaissée.

e) Troubles fonctionnels. — Varient suivant l'étendue et le siège de l'œdème. Aux membres inférieurs, gêne de la marche, dans l'infiltration des régions génitales, gêne de la miction, influence de la bouffissure du visage sur le fonctionnement des paupières. Signalons encore

des sensations de gène, de pesanteur, de fourmillements, de cuisson, de prurit, pouvant, dans certains œdèmes (érysipèle, phlegmatia) atteindre une grande intensité.

L'œdème peut être généralisé ou localisé. Le siège de l'œdème généralisé est influencé par : 1° la pesanteur (décubitus, membres inférieurs) ; 2" les irritations de toute nature de la peau.

f) Uaspect de l'œdème varie suivant la nature, la cause de la lésion et le siège de l'infiltration, peu marqué en certaines régions (paume de la main, doigt, menton, cuir chevelu, etc.) ; il acquiert un grand développement et la douleur, signe remarquable, est en raison inverse de cette distension : plus la région est réfractaire à la distension, plus la douleur est vive.

Coiiiplicalions.

L'œdème peut engendrer un certain nombre de complications. Tl détermine, par la distension mécanique à laquelle il soumet les tissus, des fissures, des crevasses, des pblyctènes, siège d'ulcérations rebelles et d'infections secondaires (lymphangites réticulaires ou tronculaires avec engorgement des ganglions correspondants). Aux points d'ulcération apparaissent des points de sphacèle et chez les diathésiques (diabète) la gangrène.

Signalons encore de véritables abcès, à streptocoques généralement. Les lésions de l'éléphantiasis, de la pachydermie consécutive aux œdèmes prolongés. Les lésions vasculaires : varices, artério-sclérose, se traduisant par des ecchymoses, des pétéchies, le purpura, des varicosités et enfin les vergetures.

\ arîélés éliologiques el clîiiiqiies.

L'œdème peut se montrer dans toutes les maladies, mais exceptionnel ou négligeable dans certaines d'entre elles ; dans certaines autres, il est remarquable par sa fréquence, par son intensité, son développement et ses caractères propres.

L Œdème dans les maladies du cœur.

L'œdème, au cours des afTections du cœur, marque un moment pathologique important, une phase critique nécessaire à connaître.

SEMEIOLOGIE DE L ŒDÈME 2995

Ce n'est ni au début des lésions, ni au cours des lésions compensées qu'on le trouvera ; il apparaît lorsque la compensation cesse et il est dû à un double facteur ; i° Tinsuffisance contractile du cœur (secondaire elle-même aux lésions dégénératives du myocarde ; 2^' la déchéance fonctionnelle des vaisseaux et surtout du système capillaire).

A cette astJième cardio-vasculaire (Ri^al) se joint un état de dyscrasie sanguine sur lequel a insisté Gendrin.

L'œdème cardiaque est soumis aux influences du système nerveux, au fonctionnement plus ou moins parfait des grands émonctoires (peau, intestin, reins), enfin aux lois mécaniques de la pesanteur et de la pression qui déterminent sa localisation en certains points (parties déclives, extrémités).

Toutes les affections cardiaques peuvent produire l'œdème mais elles le produiront d'autant plus vite qu'elles atteindront plus vite et plus profondément la fibre cardiaque.

a. Les affections inflammatoires et dégénératrices du « myocarde » doivent être placées au premier rang.

Les péricardites, la symphyse carcliaque\di^voàms&ni à bref délai.

p. Parmi les lésions valvidaires celles du cœur droit, retentissant directement sur la circulation veineuse, sont plus hydropygènes que celles du cœur gauche ; celles-ci ne le produisent que par dilatation asystolique du cœur droit surmené. Mais il faut se rappeler que les affections valvulaires, quelles qu'elles soient, n'engendrent l'œdème que par des lésions de dégénérescence du myocarde et des petits vaisseaux dont Vasystolie est l'expression clinique.

S,^ mptÔQies.

Tardif, dans son apparition, l'œdème cardiaque est un symptôme des dernières périodes des affections du cœur.

Il apparaît d'abord aux membres inférieurs et c'est dans la région malléolaire qu'il convient de le chercher. De là il remonte, lentement généralement et envahit tout le membre. La région génitale^ à cause de la laxité de son tissu cellu-

QUESTIONS U INTEKNAT

laire, présente une grande distension. Scrotum et grandes lèvres sont tuméfiés, la miction souille la région, et ce contact amène des lésions d'intertrigo.

Plus haut il envahit le tronc, plus rarement la face.

L'œdème cardiaque a une coloration en général rosée; aux extrémités elle vire au violet surtout quand l'asphyxie détermine la cyanose des téguments.

Cet œdème est dur, et cette résistance, appréciable au toucher, sans éveiller de véritables douleurs, est cependant pénible et parfois sensible aux malades.

Deux caractères d'évolution spécifient l'œdème cardiaque. C'est :

1" La « marche ascendante régulière, bilatérale, symétrique, lentement progressive de l'affection » ;

2*^ Les alternatives d'oscillation (soumises à l'état du cœur et des reins et indiquant, pour ainsi dire, le degré de Tasystolie.

Cet œdème est toujours accompagné d'épanchements dans les cavités séreuses apparaissant en général après lui hydrocèle, ascite, hydrothorax).

La présence de l'œdème est donc d'un précieux appoint pour le diagnostic et permet souvent de soupçonner une lésion oriûcielle, principalement une lésion mitrale.

Jl . Œdème dans les maladies des vaisseaux.

Signalons comme cause de cet œdème celui qui apparaît au cours de Vartério sclérose ou de l'alhérome généralisé chez certains vieillards.

Ces œdèmes présentent les mêmes caractères cliniques que le précédent ; citons cependant des . varicosités capillaires se dessinant sous la peau.

Dans la dégénérescence arnyloïde l'œdème peut être dû soit aux lésions des vaisseaux, soit beaucoup plus probablement à la cachexie généralisée.

L'œdème collatéral au voisinage des lésions phlegmatiques ou suppurées en foyer, comme dans la pleurésie purulente, est à la fois d'origine vasculaire et d'origine nerveuse.

SÉMÉIOLOUIE DE l'OEDÈME 2997'^

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