C. RÉFLEXES ET MOUVEMENTS ASSOCIES
Les réflexes du nez, de la bouche, des yeux sont supprimés dans les paralysies périphériques, ils sont conservés dans les paralysies d'origine centrale.
On constate l'existence de mouvements associés surtout quand l'affection évolue vers la guérison ; alors « le malade ferme les yeux quand il veut rire ou parler, il lève l'angle de la bouche quand il veut fermer un œil ».
D. Troubles de la sensibilité générale.
Ils sont ordinairement nuls. Cependant dans des cas rares ont peut constater :
a) Phénomènes douloureux.
Tantôt douleur spontanée, sourde, gravative.
Tantôt douleur à la pression.
Tantôt points douloureux dans la profondeur du conduit auditif, dans les régions péri-auriculaire, sus et sous-orbitaires.
Dans certains cas ces phénomènes prennent une importance suffisante pour qu'on ait pu décrire une paralysie douloureuse de la septième paire (Testaz).
b) Anesihésie.
Tantôt en plaques ;
Tantôt étendue à la moitié du visage.
Ces troubles sensitifs semblent dus, lorsqu'ils existent, à l'intervention du trijumeau altéré parla même cause que le facial ; ce ne sont donc pas, à proprement parler, des signes de paralysie faciale.
E. Troubles trophiques.
Atrophie musculaire et contracture ;
Ou aspect lisse, sec, tendu, de la peau de la face ; lèvre amincie immobile ;
Ou modificalion de la réaction sudorale (Strauss).
Retard de la réaction sudorale du côté malade après une injection de 1 à 4 milligrammes de pilocarpine.
Dans les paralysies légères ou cérébrales de cette modification n'existe pas.
F. Réactions électriques. (V. Névrites périphériques.)
IV Formes. Marche.
Sans entrer dans la description des formes étiologiques dont l'étade sera mieux placée ù l'occasion du diagnostic de la cause de la paralysie, nous pouvons dire, prenant pour type la paralysie dite essentielle ou rhumatismale, que l'électricité permet de classer les cas en trois groupes :
a) Les cas légers : au bout de quelques jours le muscle et le nerf se contractent par les courants galvanique et faradique, la formule pour le premier étant normale.
Ces cas guérissent en quelques jours ou quelques semaines. Il en est ainsi de la paralysie cervicale;
b) Les cas de gravité moyenne :
Ici la réaction aux courants faradique et galvanique est diminuée pour le nerf et il y a exagération de la coQtractilité galvanique des muscles.
La paralysie et la déviation du visage sont d'intensité moyenne.
Ils guérissent pour la plupart après quatre à huit semaines de traitement.
c) Les cas graves.
La paralysie est très accentuée, la déviation du visage est au maximum.
Il n'y a plus de contraction galvanique ou faradique pour le nerf et il y a perte de Texcitabilité faradique des muscles avec renversement de la formule et exagération de l'excitabilité galvanique : en d'autres termes il y a réaction de dégénérescence.
Ces cas, et c'est ce qui en fait la gravité, ces cas sont quelquefois suivis du deuxième au quatrième mois de contracture faciale annoncée par des spasmes spontanés ou provoqués, des tremblements fibrillaires.
Ils ne guérissent que partiellement après des mois de soins assidus : la motilitérevient avant que les réactions électriques soient redevenues normales et « l'œil reprend mieux ses fonctions que la bouche par suite de la connexion entre les orbiculaires des deux côtés » (Vinton).
Les paralysies traumatiques évoluent d'ordinaire de cette façon.
11 nous faut enfin mentionner les cas, d'ailleurs rares, de diplégie faciale par carie ou fracture double des rochers. Au repos il n'y a pas d'asymétrie faciale, mais le visage a perdu toute expression. L'occlusion des paupières ne se fait plus, les fentes palpébrales restent entr'ouvertes pendant le sommeil. La parole est difficile, la voix nasonnée, la mastication presque impossible.