CAUSES
L'occlusion intestinale peut être congénitale ou acquise.
A. Occlusion congénitale.
Exceptionnelle. Résulte :
a) Soit d'un vice de développement, imperforation de l'anus, abouchement du rectum dans la vessie ou le vagin ;
b) Soit d'un rétrécissement congénital, qui siège, par ordre décroissant de Iréquence, sur l'S iliaque, le duodénum et la portion terminale de l'iléon.
B. Occlusion acquise.
On peul la diviser en occlusion par obstacle mécanique et occlusion BaDS obstacle mécanique.
a) Occlusion par obstacle mécanique.
Adopter la classification de J.-J. Peyrot :
Vices de position, Compressions, Obturations, Rétrécissements.
a. Vices de position.
Les vices de position comprennent : l'invagination, le volvulus et les torsions, les coudures.
1° Invagination.
L'invagination est, suivant la définition classique de Gruveilhier, « un mode de déplacement du canal intestinal qui consiste dans l'introduction ou intussusception d'une portion d'intestin dans la portion qui lui fait suite (ou la précède, ajouterons-nous), de telle sorte que la première portion est engainée dans la deuxième à la manière d'un doigt de gant ».
L'invagination, le plus souvent descendante ou progressive, peut donc être quelquefois ascendante ou rétrograde.
Constitution. — L'invagination se compose de trois cylindres : extérieur, moyen, intérieur. Le cylindre moyen se continue avec l'extérieur par un repli circulaire, dit collier de V invagination, et avec l'intérieur par un repli analogue, appelé tète de V invagination. — Chaque cylindre présente deux surfaces : l'une séreuse, l'autre muqueuse. Or la surface muqueuse du cylindre moyen regarde la surface muqueuse du cylindre extérieur, tandis que sa surface séreuse s'adosse à la surface séreuse du cylindre intérieur. Dans le cas d'accidents aigus, des adhérences péritonéales s'établiront donc entre les cylindres moyen et intérieur, qui, considérés dans leur ensemble, constituent le boudin invaginé. Celui-
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ci, étranglé par le collier de l'invagination, dont le rôle est comparable à celui d'un collet herniaire, se sphacélera et tombera dans la cavité intestinale ; mais si, avant que le mort ne se sépare du vif, le collier, recouvert de séreuse, a contracté des adhérences suffisamment solides avec la séreuse de l'intestin qui précède immédiatement le cylindre interne, la continuité du tube digestif ne sera pas interrompue.
Siège. — Fin d'intestin grêle. Rôle actif de la valvule iléo-cœcale (Leichtenstern).
Fréquence. — Cause la plus fréquente d'occlusion intestinale (37 p. 100, Phillips).
Influence de V âge et du sexe. — S'observerait beaucoup plus souvent dans le sexe masculin que dans le féminin. Se montre surtout chez les enfants pendant les premières années de la vie, particulièrement du 4e au 6e mois.
Mécanisme. — Soit polypes ou tumeurs intestinales provoquant le retournement de l'intestin, soit contractions musculaires inégales de deux segments voisins du tube intestinal, à la suite de traumatismes, de l'abus des purgatifs, de l'exposition au froid et surtout de l'entéro-colite chronique.
2° Volvulus et torsions.
Le volvulus consiste dans la torsion d'une anse intestinale autour d'un axe formé par le mésentère ou par le mésocôlon. Il est dit simple, double ou triple, suivant que l'intestin a exécuté un, deux ou trois tours autour de l'axe mésentérique.
A côté du volvulus, on doit signaler : l'enroulement d'une anse intestinale sur ellemême, en forme de nœud, ou bien autour d'une ou plusieurs autres anses ; la torsion d'une portion de l'intestin suivant son axe longitudinal, après déchirure ou allongement préalable du mésentère.
Siège. — Le volvulus siège dans les deux tiers des cas (Trêves) sur l'S iliaque ; on l'observe quelquefois cependant sur le caecum, le côlon ascendant ou l'intestin grêle.
Fréquence. — Un quarantième de tous les cas d'occlusion (Trêves).
Influence de l'âge et du sexe. — Age adulte ou vieillesse, sexe masculin.
Mécanisme. — Deux conditions : allongement congénital ou acquis du mésentère de l'S iliaque, constipation habituelle. Sous l'influence de l'accumulation des matières et des gaz, Fanse se gonfle, se tord, s'étrangle.
3° Coudures.
On désigne sous le nom de coudure, la flexion permanente de l'intestin sur lui-même. Cette flexion donne lieu à la formation, dans la cavité intestinale, d'un éperon qui peut être assez saillant pour provoquer l'occlusion. Le plus souvent les coudures sont dues au développement d'adhérences péritonéales qui unissent soit les deux parties d'une anse intestinale entre elles, soit le sommet d'une anse à la paroi abdominale ou à un organe voisin. Dans les deux cas il s'établit une inflexion angulaire qui va s'exagérant avec la rétraction des adhérences.
p. Compressions.
Se divisent, suivant que l'obstacle agit par striction ou par simple pression, en compressions étroites et compressions larges.
1° Compressions étroites.
Provoquent l'étranglement interne proprement dit. Comptent avec l'invagination parmi les causes les plus communes d'occlusion intestinale.
La cause de l'étranglement peut être :
Une bride pcrilonéale, résultant d'une inflammation antérieure du péritoine;
Une frange épiploïque, adhérente à la paro abdominale ;
Une bride, due à la persistance de quelques débris des vaisseaux omphalo-mésentérique (Fitz) ;
Le pédicule d'un kyste de V ovaire ;
Une trompe de Fallope ;
Y? appendice iléo-cœcal ;
Un diverticule persistant de l'intestin et plus particulièrement le diverticule de Meckel, qui disparaît normalement à la fin du 2e mois de la vie intra-utérine ;
Un orifice accidentel, résultant d'une déchirure du mésentère ou de Vépiploon ;
Enfin X engagement de Vintestin : à travers le diaphragme, dans Y arrière-cavité des épiploons, ou dans une fossette péritonéale (fossettes duodénales, péricaecales, intersignal oïde).
2° Compressions larges.
Donnent lieu à un aplatissement de l'intestin qui peut aboutir à l'occlusion complète, surtout si les phénomènes de compression s'accompagnent d'une poussée de péritonite locale. Toutes les tumeurs abdominales, quelle que soit leur nature, sont susceptible de provoquer par ce mécanisme l'arrêt des matières intestinales. Nous citerons : les tumeurs du foie, les tumeurs de la rate et ses <!/ -placements, les tumeurs du rein et le rein mobile, les tumeurs mésentériques, épiploïques, pancréatiques, les kystes de l'ovaire, la grossesse extra-utérine, le cancer et lo fibrome de l'utérus, etc.