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II. Symptômes

L'évolution de la maladie est divisée classiquement en trois périodes :

— Période initiale, préascitique ou précirrhotique ;

— Période d'état ou ascitique ;

— Période terminale ou toxémique.

A. La période préascitique.

Elle est sensiblement la même dans les 2 formes atrophique et hypertrophique.

Elle est caractérisée par :

— Des signes d'intoxication alcoolique ;

— Des signes hépato-spléniques plus en rapport avec l'insuffisance de ces organes, c'est surtout à ces signes qu'Hanot avait donné le nom de « petits signes de la cirrhose ».

— Des troubles urinaires qui traduisent surtout l'insuffisance hépatique et qui peuvent être considérés aussi comme de « petits signes de la cirrhose ».

a) Signes alcooliques.

a. Pyrosis, pituites matutinales muqueuses ou glaireuses, nausées, vomissements.

p. Anorexie, dipsomanie.

•/. Insomnie, rêves effrayants, cauchemars, veils en sursaut.

ô. Troubles de la sensibilité générale, perte la puissance génitale.

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b) Signes hèpato-splèniques .

a. Hypermègalie notable et simultanée du foie et de la rate, appréciable par la palpation et la percussion. Poussées congestives du côté du foie; parfois douleurs assez vives au niveau des hypocondres en rapport avec de petites poussées de péri-hépatite et de péri-splénile. Dans ce cas, le malade ne peut supporter la constriction de la ceinture.

p. Prurit, démangeaisons, éruptions [prurigineuses des membres inférieurs.

Y- Hémorragies (épistaxis, hémorragies gingivales, rarement hématémèses par hémorragies gastro-intestinales) .

S. Teinte subictérique, voire ictère vrai par résorption de substances pigmentaires biliaires, insuffisamment élaborées (urobiline).

s. Décoloration des matières par acholie pigmentaire.

<?. Mètèorisme abdominal, alternatives de diarrhée et de constipation, par fermentations intestinales favorisées par l'insuffisance biliaire.

7). Hémorroïdes fréquentes par gène à la circulation porte.

c) Signes urinaires.

a. Urines rares, chargées de sels ;

P. Souvent urobiline donnant à l'examen une bande grisâtre entre le bleu et le vert, réaction encore rendue plus nette par l'addition à l'urine acide de quelques gouttes d'une solution iodoiodurée (Hayem).

Y. Quelquefois glycosurie alimentaire par passage dans les urines du sucre ingéré en certaine quantité par le malade.

ô. Hypoazolurie, peptonurie inconstante.

Pris isolément, tous ces signes ont peu de signification, groupés, réunis, sériés, leur valeur séméiologique est des plus grandes.

Au bout d'un certain temps qui varie suivant l'intensité et la continuité des excès alcooliques, de quelques

mois à quelques années, l'abdomen s'accroît d'une façon sensible en même temps que s'altère profondément l'état général, c'est la deuxième période ou période ascitique qui commence.

B. Période ascitique.

Z?,. Troubles circulatoires.

Ils sont à peu près constants dans la cirrhose atrophique, ils sont assez fréquents dans la cirrhose diffuse. Ils sont provoqués par l'obstacle intra-hépalique à la circulation porte. L'un des plus constants (19 fois sur 20) est :

a) Vascite provoquée par la stase veineuse péritonéale (V. Ascile), ventre étalé, ventre de grenouille.

a. Difficile à reconnaître au début à cause de son faible volume et de météorisme, remonte graduellement jusqu'au nombril, alors :

P. Fluctuation manifeste et parfois sensation de flot ;

Y. Percussion méthodique permet de déterminer la limite de matité à concavité supérieure, mobile avec position du malade, à moins de péritonite à fausses membranes concomittante.

8. Liquide clair, transparent, parfois vert ou jaunâtre, rarement sanglant, densité 1015 à 1020; grande richesse en matières albuiuineuses, 13 p. 100 environ.

ê. Quelquefois, mais assez rarement, accompagné d'œdème des membres inférieurs qui peu! rendre le diagnostic difficile avec ascile d'origine cardiaque et qui parait être en rapporl avec l'aggravation des lésions hépatiques cl la diminution de la sécrétion urinaire.

h Circulation collatérale supplémentaire.

*. Dilatation des veines superficielles soucutanées, abdominales, affluent des épigastriques cl des mammaires internes, cl d<s

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veines du ligament suspenseur, traînées noirâtres plus ou moins saillantes.

(3. Dilatations des mésaraïques (hémorroïdes) et des œsophagiennes (veines œsophagiennes, hémorragies possibles).

c) Hypèrèmie stomacale d'où diminution de sécrétion de suc gastrique, exaspération de sécrétion muqueuse, anorexie, digestions pénibles, etc.

d) Hypèrèmie intestinale, diarrhées séreuses intermittentes, hémorragies rectales.

e) Splénomègalie par hypèrèmie splénique, rate mesure de 18 à 24 centimètres, son extrémité abdominale est souvent perceptible sous le rebord costal. Quelquefois souffle splénique à l'auscultation.

B2. Troubles sécrétoires .

En rapport avec les différentes fonctions hépatiques (biligénie, glycogénie, hémopoïèse).

à) Métèorisme, tympanisme exagéré épigastrique, par perturbation de la sécrétion biliaire ayant pour conséquence la putréfaction du contenu intestinal. Il s'accompagne ordinairement d'inappétence, de vomituritions, de selles fétides.

b) Ictère peu fréquent, plus souvent subictère qu'ictère vrai, intimement lié à altération des cellules glandulaires du foie, évolue brusquement ou par poussées successives, s'accompagne parfois d'hypocholie ou d'acholie pigmentaire.

c) Amaigrissement rapide, altération profonde de l'état général, aspect gris terreux de la peau, émaciation du visage (faciès abdominal), diminution des forces. Pour Lancereaux « le désordre de la fonction glycogénique peut seul donner la clef de la rapidité et de l'intensité de la maigreur du buveur cirrhotique. »

d) Anémie, aglobulie, hémorragies, par altération delà fonction hémopoïétique.

a) Epistaxis, liés en partie à gène de circulation porte, mais en rapport aussi avec les altérations des cellules glandulaires — épistaxis à répétition.

o. Hémorragies du tégument externe, purpura.

Y. Hémorragies gingivales.

o. Entérorrhagies, hémorroïdes fréquentes.

t. Hématuries beaucoup plus rares.

La répétition est l'un des caractères les plus importants de ces hémorrhagies.

B2. Troubles fonctionnels divers.

a) Dyspnée. Gène respiratoire par météorisme, aseite, modifications sanguines.

b) Urines. Rares, denses, briquetées, très acides, laissant déposer un épais sédiment uratique, hypoazoturie fréquente, urobilinurie, glycosurie alimentaire.

c) Troubles de la circulation générale. Rares, pouls normal et parfois cependant œdème des membres inférieurs.

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