A, PÉRIODE PRÉMONITOIRE
Souvent très longue. Fait exceptionnellement défaut. Peut constituer à elle seule toute la maladie, c'est-àdire ne jamais aboutir à la deuxième période.
Caractérisée par des symptômes d'ordre dynamique qui tiennent surtout à des phénomènes congestifs, portant non seulement sur prostate, mais encore sur vessie et rein.
a) Pollakiurie nocturne.
La fréquence inusitée du besoin d'uriner est ordinairement le premier symptôme en date.
Surtout nocturne, plus spécialement dans la deuxième moitié de la nuit, quelquefois seulement au lever. Besoin se renouvelle, même après avoir été satisfait, quelquefois avec une « régularité d'horloge ».
Tient à congestion qui relève :
a. Du dècubiius horizontal ;
P. Du sommeil lui-même, pendant lequel la quantité d'urine sécrétée augmentée.
b) Retour des érections*
Accompagne ordinairement la pollakhii nocturne.
Erections généralement persistantes et
intenses, pénibles et non génésiques. « Loin d'en être satisfaits, les malades s'en plaignent. » Erections calmées par miction sont donc le plus souvent sous la dépendance de la réplétion de la vessie. Peuvent cependant se montrer lorsque la vessie est vide. Relèvent directement dans ce cas de l'a congestion provoquée par le décubitus et le sommeil.
c) Retard du début de la miction.
Le besoin n'est pas immédiatement satisfait.
Première goutte d'urine se fait attendre plus ou moins longtemps.
Pour activer la miction, traction sur la verge, position accroupie.
Pour la. préparer, certains malades arrivent d'instinct au meilleur procédé, à savoir : promenade de quelques minutes pour faire disparaître la congestion due au décubitus et au sommeil.
Retard de la miction surtout marqué lorsque le malade se retient d'uriner. C'est Jà d'ailleurs une cause occasionnelle fréquente de crise de rétention aiguë.
d) Modifications du jet d'urine.
a. Forme.
Jet d'urine plus ou moins modifié, déformé, aminci. N'a guère d'importance pour le diagnostic.
p. Projection.
Force du jet d'urine diminuée, « signe de haute valeur ». Trajectoire décrite par le jet d'urine, raccourcie. Urine peut tomber verticalement. Comme dans le rétrécissement de l'urèthre, le maradc pisse sur ses bottes.
Tous ces symptômes, du moins au début, disparaissent dans la journée, après quelques
heures d'exercice, ce qui prouve bien qu'ils sont simplement sous la dépendance de la congestion nocturne.
L'exercice modéré, le mouvement, les promenades régulières, le bon fonctionnement du tube digestif et l'hygiène sous toutes ses formes ont donc une influence favorable sur les troubles purement congestifs qui caractérisent le début de l'hypertrophie de la prostate.
Par contre, les habitudes sédentaires, l'immobilisation horizontale, le sommeil prolongé, les excès de boisson, les excitations génésiques, les voyages en voiture ou en chemin de fer, les cures thermales, la retenue volontaire et prolongée de l'urine, les refroidissements, la constipation sont des circonstances éminemment défavorables.