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II. Puberté : période iiitermenstruelle

L'utérus se montre revêtu d'une membrane interne, lisse, unie, douce au doigt, qui se continue d'une part avec la tunique interne des trompes, d'autre part au niveau du col, avec la muqueuse vaginale.

Elle doit être examinée sur le corps et sur le col.

A. Sur le corps.

a) A l'œil nu.

On la voit revêtir, sans discontinuité, toute la surface interne de l'utérus, présenter quelquefois sur la ligne médiane de chacune des faces un raphé plus ou moins accentué, indice de la duplicité primitive de l'organe, se continuer avec la muqueuse des trompes par un fin pertuis encore rétréci par les replis muqueux des trompes et avec la muqueuse du col par un détroit plus large que le précédent.

Elle est d'une coloration gris rosé ; elle adhère intimement à la couche sous-jacente ; sa grande friabilité, jointe à sa facile altérabilité, explique les difficultés qu'ont éprouvées dans son étude les premiers observateurs. Son épaisseur, de 1 à 2 millimètres au niveau des faces, diminue vers les angles supérieurs et au niveau de l'orifice interne du col. A ces niveaux elle n'a que 1/2 millimètre d'épaisseur. Quoique lisse et unie, on la voit, surtout à la loupe, criblée de petits orifices punctiformes qui sont les orifices de glandulcs utérines en infundibula.

b) An microscope.

On la reconnaît constituée par :

a. Un èpithèlium formé d'une couche unique de cellules allongées, prismatiques, à noyau profond. Des cils vibratiles s'y montrent à la puberté, nous les verrons persister pendant toute la vie sexuelle de la femme, pour disparaître à la ménopause. Les cellules de la muqueuse en pénétrant sur un grand nombre de points dans l'épaisseur du tissu sousjacent forment comme une série de glandes en tube.

P. Un chorion muqueux formé de tissu conjonctif jeune, embryonnaire. Robin y décrivait une couche superficielle de cellules embryoplastiques arrondies, à noyaux volumineux, à protoplasma anastomosé en réseau avec celui des cellules voisines et une couche profonde de cellules fusiformes et étoilées ; tous ces éléments cellulaires étant disposés dans des faisceaux ondulés de fibres conjonctives d'autant plus abondants que Ton s'approche de la couche musculeuse au niveau de laquelle ils se continuent avec les travées conjonctives de cette tunique. 11 y a de nombreuses cellules lymphatiques qui cheminent dans les mailles circonscrites par les faisceaux.

Pour Léopold, ce chorion est simplement constitué par du tissu conjonctif fibrillaire, des lacunes lymphatiques, des vaisseaux et des nerfs.

Y. Glandes. Pour certains auteurs il n'y a pas de glandes mais apparence de glandes produite par la disposition des cellules que nous avons signalée plus haut. Pour d'autres, les glandes quoique tapissées par le même genre d'épithélium que le reste de la muqueuse existent bien réellement et sont des glandes en tube.

B. Sur le col.

a) A ïœil nu.

On voit sur les deux faces de l'organe des saillies rappelant assez par leur disposition, une feuille à

nervure médiane sur laquelle s'implanteraient latéralement des nervures secondaires dirigées en haut et en dehors, et auxquelles on a donné le nom d'arbre de vie. Il commence chez la femme adulte à 6 ou 8 millimètres de l'orifice externe. Les branches de l'arbre de vie antérieur correspondent aux espaces compris entres les branches de l'arbre postérieur, en sorte que les deux parois du col en s'appliquant l'une contre l'autre s'engrènent réciproquement.

La muqueuse du col se continue avec celle du corps par un détroit de o ou 6 millimètres de hauteur sur 4 ou 5 de diamètre, sur lequel se prolongent les saillies de l'arbre de vie.

Elle est plus blanche, moins épaisse et beaucoup plus consistante que celle du corps, ces diverses qualités étant en rapport avec son rôle beaucoup moins important, comme nous le verrons, dans les phénomènes de la menstruation et de la parturition.

b) Au microscope.

On y rencontre :

a. Un ëpilhélium cylindrique cilié, à noyau volumineux, arrondi, situé dans la partie profonde de la cellule. Il se distingue de celui du corps par son épaisseur plus grande et la longueur de ses cils. Tl est parsemé de cellules caliciformes.

Il se modifie graduellement en haut et en bas pour acquérir le type de l'épithélium du corps et de l'épithélium vaginal. Ces dernières modifications surtout sont intéressantes à considérer. Il s'aplatit, perd ses cils, se stratifié, s'engrène avec les cellules épidermiques, revêt -le type épidermique de L'épithélium vaginal au niveau môme de l'orifice utéro-vaginal chez les femmes qui n'ont pas encore eu d'enfants, dans le canal cervical môme chez les multipares. Le bord libre des plis de l'arbre de vie est seul revêtu d'un épithélium à cils vibratiles. Les sillons qui séparent les plis de l'arbre de vie, les aufractuo sites situées entre eux portent un

épithélium caliciforme (De Sinéty) qui en outre tapisse la cavité des glandes du col.

p. Un chorion muqueux se rapprochant plus que celui du corps du tissu conjonctif adulte ; il est plus riche en éléments fibrillaires, dont quelquesuns sont du type élastique, il est papillaire dans sa moitié inférieure.

Y- Des glandes d'autant plus rares qu'on se rapproche de l'orifice utéro-vaginal. Tous les types morphologiques s'y rencontrent depuis la simple crypte jusqu'à la glande en grappe.

Mais la structure de toutes ces glandes est la même, constituée par une membrane anhiste ou vitrée sur laquelle reposent des cellules caliciformes en une rangée unique. Elles sécrètent ce liquide visqueux, gélatineux, épais et transparent qui bouche le plus souvent l'orifice du col.

Leur oblitération accidentelle amène la rétention de ces produits de sécrétion et provoque la formation de petits kystes de 1 ou 2 millimètres de diamètre (œufs de Naboth), autrefois pris bien à tort par cet auteur pour des ovules.

Les artères émanent surtout de l'utérine branche de l'hypogastrique et accessoirement de l'ovarienne et de l'artère du ligament rond ; elles forment dans la muqueuse un double réseau : un réseau sousépithélial tout superficiel à mailles très serrées et un réseau péri-glandulaire profond.

De ces réseaux capillaires partent dés veinules nombreuses, volumineuses, avalvulaires, qui, après avoir contribué à former les sinus utérins intra-musculaires et les plexus utérins dans l'épaisseur du ligament large, vont aboutir surtout aux veines utérines et accessoirement aux veines utéroovariennes et du ligament rond.

Les lymphatiques ont été l'objet de nombreux travaux. Pour Fridolin, le système Lymphatique de la muqueuse n'est pas représenté par de véritables

vaisseaux, mais seulement par des lacunes ou espaces lymphatiques communiquant avec les vaisseaux de la couche musculaire. Pour Poirier, les lymphatiques existeraient réellement, mais ils seraient très fragiles et l'injection directe les romprait ; mais en piquant le col on verrait se dessiner un réseau s'étendant sur toute la surface interne de l'utérus. Au niveau du col, les lymphatiques sont plus serrés, plus minces et plus résistants qu'au niveau du corps.

Quoi qu'il en soit, ils existent sur toute l'étendue de la muqueuse de l'orifice du col à l'orifice des trompes, et leur origine soulève ici les mêmes problèmes qu'en tous les autres points du corps ; on admet en général qu'ils naissent dans un système de fentes du chorion.

Unis aux lymphatiques de la musculeuse et de la séreuse ils aboutissent : ceux du corps principalement aux ganglions lombaires, ceux du col surtout aux ganglions hypogastriques, aux ganglions souspubiens et aux ganglions de la concavité sacrée.

Les nerfs ('manant surtout des plexus lomboovarien et hypogastrique ont dans la muqueuse des terminaisons encore mal connues : Patenko, par la méthode du chlorure d'or et de l'acide osmique les a vus former de riches plexus périglandulaires d'où partiraient des fibrilles inter et quelquefois intra-glandulaires.

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