‹ Recueil de questions d'internatChapitre 73 sur 713 · ABCÈS CHAUDS RÉTRO-PHARYNGIENS · texte numérisé non relu

ABCÈS CHAUDS RÉTRO-PHARYNGIENS

Définition.

On désigne sous le nom d'abcès chauds rétro-pharyngiens, l'inflammation aiguë de l'atmosphère celluleuse péripharyngée. Le plus souvent rétro-pharyngiens proprement dits, ces abcès peuvent donc être cependant quelquefois latéropharyngiens, le nom d'abcès péri-pharyngiens leur conviendrait donc mieux.

Eliologic.

Dans Tétiologie des abcès rétro-pharyngiens, comme dans celle de toute autre affection, on peut distinguer des causes prédisposantes, occasionnelles et déterminantes.

A. Causes prédisposantes.

Les causes prédisposantes ressortissent principalement à l'âge, au sexe et à l'état général du sujet.

a). Age. — Bien qu'aucun âge ne soit à l'abri du mal, comme le prouve un cas de Bouvier, qui a trait à un vieillard de 72 ans, les abcès rétropharyngiens semblent cependant être l'apanage presque exclusif de l'enfance et de la première enfance : c'est, en effet, dans les deux premières années, et surtout la première, que s'observe cette affection.

b) Sexe, — Pour Schmitz, elle frapperait de préférence le sexe féminin, mais cette opinion demanderait une confirmation.

c) Etat général. — Une constitution affaiblie par une débilitation antérieure, les cachexies chro-

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niques diverses créent une prédispoition indéniable à l'éclosion de ces abcès.

Mais pour qu'ils fassent leur apparition, encore faut-il une cause occasionnelle.

B. Causes occasionnelles.

Les causes occasionnelles peuvent se distinguer en directes et indirectes.

a) Directes. — Les causes occasionnelles directes sont celles qui exercent d'emblée leur action sur le tissu corijonctif rétro-pharyngien par une plaie de la muqueuse. C'est à ce titre que le gavage à la sonde œsophagienne, Yingestion des boissons trop chaudes, les corps étrangers, les rétrécissements ulcérés ont pu quelquefois être incriminés.

b) Indirectes. — Mais bien plus fréquentes et intéressantes sont les causes occasionnelles indirectes. Parmi celles-ci on peut ranger les affections locales des organes voisins, et les maladies générales.

a. Affections locales des organes voisins. — Les inflammations locales des organes voisins, quelle qu'en soit la nature, sont, sans contredit, le point de départ le plus fréquent des abcès rétro-pharyngiens. C'est ainsi que les coryzas, les angines, les amygdalites, les otites moyennes, les laryngites, les inflammations buccales de la dentition et la carie dentaire ont été signalés par tous les auteurs dans l'étiologie de ces abcès.

p. Maladies générales. — Quant aux maladies générales, aiguës ou chroniques, elles agissent à la fois comme causes prédisposantes, par débilitation de l'organisme, et comme causes occasionnelles indirectes, en provoquant le plus souvent l'une des inllammations locales précédentes.

Citons :

1 . Parmi les maladies générales aiguis : Les fièvres éruptives (rougeole, scarlatine, varicelle, èrysipèle) ;

SYMPTOMES

A. Début. — L'abcès rétro-pharyngien a en général un début insidieux, dont le caractère tient soit à la formation de la collection purulente sans symptôme apparent, soit plus souvent à la préexistence des inflammations locales voisines incriminées plus haut comme causes occasionnelles. Dans ce dernier cas, il existe une sorte de période prodromique, décrite par Gautier (de Genève) sous le nom de période angineuse, terme d'ailleurs souvent inexact puisqu'il ne rappelle qu'une seule des nombreuses causes possibles de l'adéno-phlegmon.

A la période de maladie causale, de durée très variable, fait suite l'infection ganglionnaire, qui marque en réalité le début de Tadéno-plegmon lui-même.

L'affection est dès lors caractérisée soit par un début brutal et une évolution rapide donnant lieu à une forme aiguë, soit par un début insidieux et une évolution lente, à forme subaiguë.

B. Forme aiguë. — La forme aiguë est la règle ; mais malgré sa marche rapide on peut lui distinguer une période d'inflammation et une période de suppuration. Les signes généraux, fonctionnels et physiques, sont, en effet, un peu différents dans leurs caractères et leur intensité, suivant le moment considéré.

a) Période d'inflammation. — La période d'inflammation dure de quatre à buit jours.

a. Signes généraux. — Dès le début, les signes généraux sont généralement très marqués. La fièvre est vive, le pouls rapide et ordinairement très petit (Descroizilles) ; l'enfant, tantôt très abattu, tantôt agité par des frissons, des convulsions, du délire, des vomissements, éprouve en général une céphalalgie violente.

Cependant la fièvre fait quelquefois défaut, et tout le tableau clinique se borne alors à des symplômes purement locaux, fonctionnels ou physiques.

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