‹ Recueil des antiquitéz du PercheChapitre 34 sur 67 · LONGNY · texte numérisé non relu

LONGNY

Le dict lieu est baronnie appartenante à monsieur le comte de Sainct-Paul (1) où il y a tout droict de justice, marché au jour de mardy, sceaux, marcs et mesures, racheptés de Monseigneur l'evesque de Chartres à cause de sa baronnie de Pontgouin, auquel lieu de Longny lu dict sieui- evesque a aussy droict de marcs, sceaux et tabellionnage.

En ce lieu, oultre l'esglize paroissiale fondée de sainct Martin, il y a une très belle chapelle fondée de Nostre-Dame de Pitié,

(i) Var, « A Henri d'Orléans, duc de Longueville, comte de Saint- Paul, baron de Longny. » (Ms. de M. de La Sicotière.J

Add. « Le baron de Longny est l'un des quatorze barons qui doivent chascun au jour et feste de la Purification de Nostre-Dame, assister à l'office solemnel qui se faict, à la grande célébrée, le dict jour, par l'evesque du dict Chartres, en l'esglise de Nostre-Dame et y présenter chascun un cierge de cire de chascun vingt-cinq livres de poids.

Les autres barons qui doivent assister à la dite offerte et y présenter cierges sont :

Le doyen de Chartres,

Le prevost de Normandie en ycelle esglise.

Le prevost Revers (1),

Le prevost de Marengey (2),

Le prevost d'Igié (3),

Le vidame de Chartres (4),

Le sieur d'Alluis (5),

Le sieur de Chesne Doré (6),

Le sieur de Tein (7),

Les religieux, prieur et couvent des Célestins de Céiicourt (8),

Le barron de Galladron (9),

Le sieur de la Couppe (10),

Le sieur de Villeneuve l'evesque (H).

Il est aussy l'un des quatre cheveciers (12) de l'evesché qui doivent

(1) Peut-être l'iiverre, caiit. de Brou, arr. de ChàteauJun (Eure-et-Loir).

(2) Peut-être Méroger (on trouve en 1720 Mérauger), cant. de Bonneval.

(3) Igny (?).

('») Le titre de vidame de Chartres était k la fin du xvi« siècle dans la famille de Lasin. Il passa dans la suite à la famille de saint Simon.

(5) AUuycs, cant. de Bonneval (Eure-et-Loir). — Mahaud, dame d'AUuye (xi' siècle), épousa Guillaume Goyet (d'où le nom de Perclie-Gouet). En 1150, la baronnie il'Alluye fut donnée A Florimont Robertet, secrétaire d'Etat sous Cliarles VIII. Elle passa en 1595 dans la famille d'Escoubleau et fut vendue en I7'il au marquis de Gassion. A la Révolution elle appartenait aux de Montboissier.

((>) Com. de St-I)enys-iles-Puits, cant. do La Lim|ie.

(7) Le Tlieil (?).

(8) Peut-être les Célestins, sur la com. de St-Sympliorien, cant. de Maintenon.

(9) Sans doute Gallardon, cant. de Maintenon, érigée en marquisat en 1655.

(10) La Loupe (?).

(11) Peut-être Villeneuve-Saint-Nicolas (cant. de Voves, arr. do Chartres), qui est appelée en 1300 dans le Polypt. de Chartres : Villanova Episcnpi.

(12) Chevecier, capicerius. Dignitas et odicium in ecclesiis et monasieriis nostris Chevecier, oui capioii ecclesias cura incumbit (Du Gange). Celui qui était revêtu de cette dignité était préposé à la partie de l'église où est l'autel, appelée autrefois chevet. Chevecier était aussi, au moyen-âge, synonyme de chevet de lit.

hors le bourg, dedans le cymetière du dict Longny (1), un couvent de religieuses, de l'ordre de Sainct-Benoist, dont l'esglize est fondée

de Sainct-Sauveur, un collège (2) et un hospital.

porter l'evesque en une chaire à la procession généralle qui se faict à l'entrée des evesques (1); les autres cheveciers sont :

Le vidame de Chartres,

Le baron d'AUùis,

De Chesne Doré.

Jean de Longny succéda au dict bourg, de luy [vint] Nicolas de Longny qui n'eust qu'une fdle, laquelle, durant la guerre des Anglais fust mariée à messire François de Surienne (2), chevalier de la Jarretière d'Angleterre, dict l'Arragonnais, de laquelle il eust aussy une fdle qui fust mariée au sieur de Saincte-Marie (3), par laquelle [la] dicte baronnie de Longny est entrée en la maison de Longueville qui la possède. » [Frag. imp. à Mortagne.J

(1) Add. « Chapelle pleine de dévotion où presque tout le peuple catholique va offrir ses vœux à Dieu et à la Sainte Vierge, sa mère, et en laquelle il est faict et [se] faict plusieurs miracles. » (Id.)

(2) Add. « M. Jean Sandebois, président en l'eslection de Mortagne, a faict l'establissement et fondé le collège au dict lieu pour l'instruction de la jeunesse. » [Id.J

(1) Cet usa ge remonte à saint Aignan, évêque de Chartres au ni' siècle : « Lorsqu'il fut élu, il étoit en prières sur le tombeau de saint Martin, et plusieurs seigneurs, accompagnés du clergé, voulurent le porter sur leurs épaules depuis le lieu où a été bâtie la porte Saint-Michel jusqu'à la cathédrale; d'où est venu l'usage de porter les évêques ses successeurs pendant beaucoup de siècles, honneur qui est dégénéré en obligation, perpétuée jusqu'à René d'IUiers [commencement du xv* siècle], qui s'est laissé porter ainsi le dernier ; mais, depuis ce temps, les évêques se sont contentés de l'offre qu'en font les seigneurs obligés à ce devoir. » (Hist. de la ville de Cliartres, par Doyen, 1786. I. 209). — « René d'IUiers fit son entrée à Chartres le 29 mars 1495. Il fut porté dans une chaire par le vidame de Chartres, le baron d'AUuye, les sires de Longny et du Chéne-Doré. » (Id. I. 381).

(2) Robert Blondel, historien normand du commencement du xv° siècle, nous fait de François de Surienne ce portrait peu flatteur: « Erat inter Anglicos belligerans Franciscusde Surienne, « miles Arrago, vir calidissiraus, ex raptu cruentam solitus agere vitam, ac imjjius regionutn « direptor... » (Roberlus Blondelli. De reductione normanniae, edited by Raev. J. Stevenson. Londres, 1863, p. 4.) Nous possédons une « monstre des hommes d'armes et archiers » en garnison à Longny, du 3 avril 1438, en tête de laquelle figure François de Surienne avec le titre de seigneur de Longny.

(3) Richard aux Espaules, seigneur de Sainte-Marie; nous relevons, en effet, ce passage dans les lettres et papiers de Henri VI d'Angleterre : « ... le chatel de Loingny ou Perche, livré es ennemis par Ricliard aux Espaules, seigneur de Sainte-Marie, lequel avoit espousée la fille de messire François Laragonnais, lequel fut cappitaine du dit lieu... » (Letters and papers illustrative of the wars of the english in France during the reign of Henry the Sixth, édited by J. Stevenson, vol. II, part II, p. G20.)

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