‹ Recueil des arbitrages internationaux (volume 2)Chapitre 40 sur 183 · INTRODUCTION AU TOME PREMIER XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION AU TOME PREMIER XLIX

ge sont, par le traité, soumis à l'arbitrage, ceux que le traité passe sous silence ou concède sont beaucoup plus importants; ce sont eux, etnon pas l'arbitrage, qui sont les vrais négociateurs de la détente, qui s'opère entre les deux nations. Loin d'empêcher la guerre, l'arbitrage arrive quand elle est terminée: c'est le cas des cinq arbitrages issus du traité de paix du 24 décembre 1844 (traité de Gand) entre la Grande-Bretagne et les États-Unis. Les motifs de la guerre de 1812-1814 sont dans Vimpress7nent, le blocus fictif, la jurisprudence anglaise sur l'interdiction aux neutres, en temps de guerre, de l'intercourse coloniale, prohibée en temps de paix ; or ce n'est pas à l'extinction de ces causes de guerre, laissées toujours ouvertes, mais à quatre questions territoriales, qui ne comptaient, à aucun degré, dans les origines immédiates des hostilités, que l'arbitrage, au traité de paix, s'applique. Pour les bonnes relations de la Grande-Bretagne et des États-Unis, il n'est pas, à notre époque, un arbitrage comparable au traité Webster-Ashburton du 9 août 1842. Loin que l'arbitrage soit la cause de la paix, il semblerait plutôt qu'à cette époque la paix serve de cause à l'arbitrage: la Commission de Londres de 1853-55 lui doit son origine. 11 est bien vrai qu'en Amérique l'arbitrage s'applique même aux questions de frontières: mais ce n'est pas que l'arbitrage possède un pouvoir pacifique; c'est qu'en un pays neuf et vaste les questions de frontières n'ont pas la même importance qu'ailleurs. Si, dans les relations des États-Unis et de la Grande-Bretagne, États plutôt pacifiques, à vocation arbitrale très prononcée, l'arbitrage a si peu de pouvoir contre la guerre, à plus forte raison en a-t-il moins encore en Europe. Là, jusqu'en 1814, son rôle est nul. En 1815, il fait une quadruple apparition, à l'heure même où la lassitude de la guerre est partout, entre plaideurs qui cherchent une justice, et ne songent même pas ou, plutôt, ne peuvent pas songer à la violence. Entre la Grande-Bretagne et la France, l'affaire de Portendick est soumise à l'arbitrage, en pleine entente : qui oserait dire que cette entente fût le résultat de cet arbitrage, plutôt que cet arbitrage le résultat de cette entente? Entre la Grèce et la Grande-Bretagne, dans l'affaire Pacilico, c'est par la médiation de la France, non par l'arbitrage, qu'une guerre est évitée et, ce qui, d'ailleurs, est évité, c'est

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