Affaire P. Hevner
I-IIL — La réclamation de P. Hevner était semblable à celle de Rosenwig, Orosby, Hardy et Clark. Mais ceux-ci avaient pu rapporter la preuve de leur commande, soit par des lettres émanées de l'ingénieur Backus, soit par des copies de leurs livres certifiées par le consul des Etats-Unis à Callao, tandis que P. Hevner, dont la maison avait été détruite par le feu, peu de temps avant la présentation de sa réclamation, ne pouvait produire aucune pièce à l'appui ; de sorte que la Commission se trouvait en face de ce désobligeant dilemme : ou rejeter la réclamation, au risque d'une injustice, ou s'en remettre à la simple déclaration d'une personne totalement inconnue des commissaires.
Le 27 janvier, l'agent du Pérou produisit un grand nombre de documents tendant à prouver que toutes les réclamations de Callao étaient considérablement exagérées. Parmi ces documents, se trouvait un mémoire de Hevner. Il était de 395 pesos 20 cents : ce fut tout ce que les commissaires purent trouver le 14 février à l'appui d'une réclamation de 6,757 soles. Le commissaire des États-Unis, après avoir été sur le point d'admettre que la réclamation devait être allouée pour le tout, changea d'avis, quand il eut la conviction qu'elle avait été considérablement exagérée. Enfin quand les commissaires procédèrent ensemble à l'examen des papiers, ils trouvèrent que le réclamant n'avait rien vendu au gouvernement, mais que son mémoire avait seulement pour objet un travail fait pour les vaisseaux de guerre du Pérou.
En vertu de la règle qu'ils s'étaient faite de n'accueillir aucune réclamation pour mise en état des vaisseaux militaires, alors que le Pérou était en guerre avec une puissance au regard de laquelle les Etats-Unis étaient en paix, les commissaires furent unanimes à repousser la réclamation.