‹ Recueil des arbitrages internationauxChapitre 125 sur 215 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

De tous les soulèvements successifs dont l'île de Crète fut, au XTX® siècle, le théâtre, le plus long, le plus sanglant fut celui de 1860-1809. Les desseins des insurgés semblaient favorisés par ceux de la Russie, de la France et de l'Italie. Leurs forces étaient accrues de secours en hommes, munitions, argent, envoyés de la mère-patrie et de divers points de l'Europe. Pour réduire l'insurrection, la Turquie entreprit une guerre sans pitié. Contre les insurgés, elle lança une forte armée. Contre l'aide étrangère, elle mit l'île en état de blocus et fit dans ses eaux une étroite surveillance des navires de tous les pavillons. L'octroi, en janvier 1868, d'un règlement organique de l'administration locale ne mit pas fin au soulèvement qui ne devait s'apaiser qu'après la condamnation parla Conférence de Paris (18 février 1869) de l'appui donné par le gouvernement grec aux Cretois.

Alors que l'île était encore en état de blocus, un navire italien, le Principe di Carignano, de la Compagnie de navigation Adriatico-Orientale, fut arrêté et visité, le 1" avril 1868, dans les eaux Cretoises, mais en dehors de la ligne du blocus, parle croiseur ottoman Esseri-iVoitsrei, qui, s'étant assuré qu'il ne transportait pas de contrebande, le laissa, la visite terminée, poursuivre son voyage.

Le gouvernement italien s'empressa de protester auprès de la Porte contre une visite qui, pratiquée en dehors de la ligne du blocus, était, à son avis, irrégulière. Par le trouble occasionné au navire et le retard apporté à son voyage, la visite avait causé à la Compagnie un préjudice injustifié pour lequel son gouvernement réclamait une indemnité de fr. 500,000.

La Porte reconnut l'irrégularité du fait ; elle infligea au commandant du croiseur une réprimande sévère ; mais elle estima que le

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