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AFFAIRE DU QUEEN

l'abordage dont il avait été victime, car il avait, dans la circonstance, deux fautes à se reprocher : il avait choisi un mouillage dangereux ; il n'était pas monté par un équipage suffisant pour éviter le sinistre.

Mais le gouvernement suédo-norvégien ne renonça pas à sa réclamation. Chargé d'exposer au ministre des Affaires étrangères, M. Manoel Francisco Correia, les raisons qui semblaient entraîner la responsabilité du Para, le consul général à Rio-de-Janeiro, M. Léonard Aekerblorn, lui proposa de recourir, à défaut d'entente amiable, à l'arbitrage d'un ou de plusieurs membres du corps diplomatique à Rio (18 mars 1871).

Sur l'avis du conseil d'Etat du Brésil, le gouvernement impérial refusa toute transaction, mais accepta de soumettre le différend à l'arbitrage, dont la correspondance diplomatique précisa les modalités :

Accord compromissoire da 16 août 1871

Le 12 août 1871, M. M. F. Correia déclara à M. L. Aekerblorn que le gouvernement impérial était prêt à confier le jugement du litige à M. Mathias de Carvalho e Yasconcellos, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du Portugal.

Le 16 août, M. L. Aekerblorn accepta la proposition ; il prit l'engagement de présenter à l'arbitre tous les documents en sa possession, et fit, au nom des armateurs du Queen, dont il avait pleins pouvoirs, soumission de s'incliner devant la sentence.

Muni de l'autorisation de son gouvernement, M. de Oarvalho e Vasconcellos accepta la mission qui lui était offerte (27 septembre).

Des documents qui lui furent aussitôt présentés se dégageaient les thèses suivantes :

Thèse du Brésil. — Le Queen n'avait droit à aucune indemnité, car l'abordage était le résultat de sa faute. Il avait choisi un mouillage très dangereux, à un endroit où les heurts étaient possibles et où des sinistres s'étaient précédemment produits. Il était dépourvu de l'équipage nécessaire pour assurer la rapidité de ses mouvements. A l'approche du Para, il aurait dû filer ses câbles pour éviter l'abordage. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même de son imprévoyance et de son incapacité.

Thèse de la Suède et Norvège. — Le Queen n'avait aucune faute à se reprocher. Le mouillage qu'il occupait au moment de l'accident lui avait été imposé. Il résultait d'ailleurs des attestations du capitaine N. II. Lippert, du navire américain Marion^ et du capitaine G. D. H. Heykem, de

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