XXXVI POUVOIR PACIFIQUE DE L AUBITHAGE
fait exceptionnel, à des consteslations d'ordre neUement politique (1).
D'autre part, au point de vue pécunaire, les affaires arbitrales sont d'une importance croissante. 11 n'est pas rare que le montant des réclamations, comme celui des condamnations, se chiffre par millions : dans l'affaire Yuille, Shortridge et C"", on di;mande une indemnité de 1.275.000 francs; le total des réclamations américaines dépasse, dans la (,'ommission de Washington (1862), 9.0U0.0i)0et, dans celle de Lima (1863), 10.000.000; lesréclamalions des Compagnies de la baie d'Hudson et du détroit de Puget atteignent près de 26.000.000; il est des sentences qui allouent des sommes énormes : 77.500.000 francs dans l'affaire de l'Âlabama, 84.000.000 dans celle du canal de Suez. Ces chiffres ne sont pas, évidemment, comparables aux dépenses et aux pertes de toute sorte qu'occasionne une guerre, même de courte durée et entre puissances secondaires. Mais ils dénotent le crédit grandissant de l'arbitrage,
Enfin, à mesureque les chiffres des sommes montent, ceux des délais nécessaire pour arriver à l'arbitrage baissent. Les affaires où, entre l'origine du litige et la conclusion des compromis, s'est écoulé un long laps de temps sont l'exception : les plus grandes distances sont de 25 ans (affaire deBuIama), de 22 ans (Commission mixte de Lima, 1863) de .17 ans (affaire du Macedonian), de 13 ans (affaire du Canada) ; les plus courtes, dequelques mois (2) ; la moyenne ne dépasse pas 5 ans, La guerre est sans doi:te plus rapide. Mais, déjà, l'arbitrage est devenu moins lent qu'il n'était: c'est un progrès.
2. Vis-à-vis de la diplomatie, la concurence de l'arbitrage est plus avancée. La diplomatie continue aie tenir en tutelle. Elle se réserve les grandes affaires et ne lui livre que les petites. L'affaire des Compagnies de la baie d'Hudson et du détroit de Puget en fournit le meilleur exemple : entre les Etats-Unis et la Grande-
(1) Affaire diu partage des Etais de Scyid-Saïd.
(2) Affaires de la frégate Forte, du Colonel Lloijd Aspinwall, du Queen, de la- Commission mixte de W&hington (1862).