DES OUVERTURES DE PAIX
FAÎTES PAR LE GOUVERNEMENT CONSULAIRE DE FRANCE. ( Février 1S00.)
M. Dundas, secrétaire d'Etat, propose une adresse au roi en réponse au message qu'il a envoyé à la chambre, avec les pièces relatives à une ouverture de paix faite par la France , dans laquelle la chambre exprimerait ses remercîmens de la communication qu'il lui a plu de lui faire, et l'assurerait de sa sollicitude à examiner ces pièces et à les prendre dans la plus sérieuse considération. Il demanda que l'on insérât dans cette adresse que la chambre reconnaissait que la conduite de sa majesté, dans cette circonstance , a été dirigée par le véritable intérêt national, et que, la chambre se joignant à lui pour parvenir à ce but , on pouvait espérer d'obtenir un jour la tranquillité de l'Europe sur des bases sûres et solides ; que , dans ce but, la chambre est déterminée à lui donner l'appui que les circonstances rendront nécessaires pour confirmer les avantages que l'Angleterre a obtenus dans cette grande contestation , et à lui accorder les fonds convenables pour le maintien du service public dans toutes les branches, afin de poursuivre vigoureusement la guerre si elle continue d'être nécessaire.
M. Whitebread s'oppose à la proposition. Il dit que les ouvertures de paix ont été faites d'une manière digne et
20Q convenable. Il est loin de partager le reproche que Ton fait au premier consul d'avoir usurpé le pouvoir; il lui paraît, au contraire , que ce pouvoir consolidé peut devenir formidable. 11 dit que la lettre de Bonaparte à sa majesté est pleine de sens et exempte de familiarité républicaine ou d'adulation de cour. Il établit une juste comparaison entre la conduite de la France et celle toute trompeuse de la Prusse , qui , après avoir reçu des subsides de l'Angleterre , a abandonné sa cause et fait une paix séparée. Il observe que , tandis que l'on semble différer les négociations de paix, les alliés de l'Angleterre traitent de leur côté pour laisser l'Angleterre seule. Il ajoute que le respect qu'inspire l'ancienne famille royale de France est portée, par certaines personnes, à une exagération telle que l'on voudrait faire oublier leurs crimes ; que, si on parle de leur perfidie, on dit qu'elle est d'une nature noble et distinguée; d'ambition , qu'elle a été toujours sublime : on oublie la conduite de Louis xiv lors de l'envahissement de la Hollande , celle de Louis xvi lors de la guerre de l'Amérique. Enfin il termine son discours en disant qu'il ne s'agit rien moins , selon certaines personnes , que d'exterminer tous ceux qui, en France, ont conservé les principes de la révolution , ou de rétablir un Bourbon sur le trône; il blâme l'un et l'autre de ces deux motifs, et dit que, dans les circonstances présentes, on ne doit pas rejeter les propositions de Bonaparte pour une pacification générale , et que l'intérêt national réclame des négociations pour assurer la paix le plus promptement possible.
M. Canning se lève et dit :
Je diffère entièrement d'opinion avec l'honorable membre qui vient de parler, tant dans les argumens qu'il a employés que dans les cotisé- I. j4