CHANGEMENT DE MINISTÈRE
(ia mars
iSo
Président du conseil,
Lord Sidmouth.
Grand chancelier ,
Lord Erskine.
Garde des sceaux,
Lord Rolland.
Premier ministre,
Lord Gren ville.
Ministre de la marine ,
M. Th. Grenville.
Ministre de la guerre ,
Lord Moira.
Ministre de l'intérieur,
Lord Spencer.
Ministre des affaires étrangères , Lord Howick.
Autre liste arrêtée le 17 avril 1807.
Président du conseil, Grand chancelier, Garde des sceaux, Premier ministre, Ministre de la marine, Ministre de l'intérieur , Ministre des affaires étrangères, Ministre de la guerre , Sous-chancelier de l'échiquier ,
Lord Camden.
Lord Eldon.
Lord Westmoveland.
Ledtic «le Porlland.
Lord Mulgrave.
Lord Hawkeshury.
M. George Ganning.
Lord Castlereagh.
M. Perceval.
Séance du 1 7 avril,
A l'ouverture de la séance, M. Brand propose de déclarer qu'il est contraire au devoir des ministres de refuser leurs avis à sa majesté, que les circonstances peuvent rendre nécessaires pour le bien du pa'ys.
M- Osborn demande de passer à l'ordre du jour.
M. Canning se lève au milieu des cris : à la question ! provenant du côté de l'opposition, et dit :
Je ne suis nullement surpris qu'a l'occasion d'une motion faite dans le but de renverser une administration, la clameur que nous entendons vienne s'opposer a ce que les ministres ont à dire pour leur défense. Mais, malgré l'heure avancée et la fatigue de la chambre, cette clameur ne m'empêchera pas de présenter ce qui peut parler en ma faveur.
Cette circonstance serait la première, en effet, depuis Charles Ier , où un souverain serait sommé de comparaître à la barre du parlement. Les derniers ministres ont rendu leur démission inévitable par leurs derniers actes , et je déclare que ni aucun de mes collègues ni moi n'avons donné des conseils pour être nommés à leur place. Nous avons, bien au contraire, mis tous nos efforts à éviter la confusion qui devait résulter des mesures qu'ils avaient adoptées. Jamais je n'ai désiré le changement des ministres, par rapport à la question d'émancipation des catholiques ; mais , quand mon souverain était sans ministère, et qu'il m'a demandé mes services, je n'ai pas cru être libre de refuser , et je suis loin de m'en repentir.
Quant aux circonstances qui ont rendu un changement de ministère nécessaire, je ne crois pas qu'il ait eu l'intention de tromper sa majesté ; je ne soupçonne personne ; mais , tout
33^ en pensant qu'il n'y a pas eu d'intention de tromper, il est sûr que la mésintelligence était trop grande pour que cela put durer.
Quand sa majesté a déclaré qu'elle ne voulait pas sortir de l'acte de 1793, les ministres ont dû entendre ce que cette déclaration signifiait. Pour moi , j'aimerais mieux accorder aux catholiques ce qui leur est refusé dans le bill , pourvu que les clauses de ce bill fussent maintenues.
Relativement à ce qu'a dit le noble lord sur moi, je répondrai que je prendrai toujours pour guide de ma conduite celle de mon honorable ami M. Pitt. Du reste, ce noble lord n'a aucun droit de me juger, si ce n'est par mon vote dans le parlement. Je n'ai donné qu'une seule fois ce vote, et c'était en 1804, de concert avec M. Pitt, et contre la pétition des catholiques. La conduite de ce ministre, quand il a remis son porte-feuille parce qu'il ne pouvait pas exécuter la grande mesure qu'il proposait , ne peut être mieux expliquée qu'en la comparant a celle des ministres qui viennent de quitter. Que demandaient-ils ? d'avoir la permission de recommander une marche taudis qu'ils en poursuivraient une autre. Ainsi, la condition qu'ils imposaient était de proposer des mesures pour les abandonner ensuite. Le résultat aurait été d'opérer une division de popularité, mais aussi d'occasioner un blâme odieux ; mais la popularité serait restée pour les ministres.
Le noble lord m'a parlé de la majorité qu'il devait avoir et des motions vexatoires qui en
résulteraient. Mais pourquoi employer si mal cette majorité? si elle est suffisante pour embarrasser les ministres de sa majesté, elle serait, a fortiori, bien assez forte pour soulager les sujets de sa majesté. Ainsi donc, que le noble lord poursuive sa première mesure.
Le même noble lord a laissé entendre que sa majesté avait des conseillers secrets , et que la communication entre elle et ceux qui sont aujourd'hui au ministère a commencé bien avant l'époque où on a parlé de nous , et on en donne pour preuve que lord Eldon a été à Windsor en communication secrète. Je n'accuserai pas le noble lord d'intention de déguiser les faits ; mais je lui demanderai clairement, et cela devant toute la chambre, s'il ignore la cause de la visite de lord Eldon à Windsor? Sait-il, ou ne sait-il pas, qu'avant cela ce lord a été chez lord Gren ville , et lui a dit le véritable motif de sa visite au roi? Voilà des faits positifs , et je n'ai aucun motif de douter de la véracité de lord Eldon. Après tout, quand le roi est resté sans ministres, et la nation sans gouvernement , nous n'avons pas eu la prétention ni la hardiesse de remplir les places vacantes par l'intrigue. Pour ma part, je déclare qu'au moment même où j'ai appris la différence d'opinion existant entre le roi et ses ministres , j'ai pris la détermination de communiquer ce que je savais , et je l'ai fait auprès de la dernière administration, avec laquelle, malgré ma différence d'opinion , j'avais conservé des relations d'amitié et d'intimité particulières. Mon but était
de les mettre à même d'avoir une explication qui arrêtât le mal. Mon intention était bonne, et j'ai eu depuis plusieurs fois à m'en applaudir. Mon ami, M. Perceval, a tenu absolument la même conduite.
J'en appelle donc à la chambre pour décider si nous avons profité de l'avantage de notre position , et si en effet nous n'aurions pas pu contribuer au plan formé de pousser le roi dans ses derniers retranchemens , et à laisser le pays sans gouvernement.
Toutefois, qu'il soit bien entendu que, loin de repousser la responsabilité de nos avis a sa majesté , nous nous honorons de l'assumer entièrement; et quelque pénible qu'il soit pour nous, comme pour tous les hommes de bien, de voir un souverain pour ainsi dire sommé à la barre de la chambre des communes , nous savons qu'il existe encore un jugement plus positif; c'est celui de la nation. C'est une consolation de voir que, plus ce souverain est appelé inconstitutionnellement a une responsabilité personnelle , plus il est connu et apprécié de son peuple. Et quand ce peuple verra son souverain, d'un âge déjà avancé, accablé d'afflictions particulières, ferme dans son jugement, et résistant seul aux talens et à l'adresse de ses ministres ; quand il le verra opposant une résistance égale à toutes les attaques de ses ministres et à celle d'aucun membre de cette chambre , dans la discussion des affaires les plus difficiles et les plus compliquées , peut-être alors
reconnaîtra-t-îl les erreurs dans lesquelles les bruits populaires Font égaré.
Mais tandis que nous regrettons que de semblables épreuves aient eu lieu, le pays se réjouit sans doute de la manière dont sa majesté est sortie victorieuse d'autant de tentatives indiscrètes. Je ne puis refuser ma part de responsabilité de lavis donné à sa majesté de rappeler lord Melville dans son conseil ; mais je pense que cette recommandation serait mieux venue de la part de M. Wbitetaread et ses amis, qui ont poursuivi le noble lord, et ont fini par être cause de son acquittement.
Je ne dirai plus qu'un seul mot. Quel que soit le but de la division établie entre nous, les ministres de sa majesté sont déterminés a soutenir la cause de leur sou verain, dussent-ils en appeler à la nation pour une «décision plus positive.
L'amendement de H. Osborn est mis aux voix.
Le résultat du scrutin est : pour, a58; contre, 226,
Majorité en faveur des ministres, 52.