‹ Recueil des discours prononcés au Parlement d'AngleterreChapitre 3 sur 40 · I TO · texte numérisé non relu

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semer la discorde en France , et pour faire agir une grande force contre elle , qui ont amené ces véritables monstres au pouvoir. Avouant cette assertion, je leur demanderai s'ils pensent que le pouvoir de ces hommes cessera avec la cause qui leur a donné cette force , et si , selon euxmêmes , il ne vaudrait pas mieux chercher à opérer ce bienfait par une guerre qui agirait contre ce pouvoir qu'ils semblent blâmer a si juste titre?

Et quelle proposition pourrions -nous faire pour établir les conditions d'une paix? En vain proposerions-nous toutes les sécurités de pacification , le licenciement de notre armée , le désarmement de nos vaisseaux, la cession des îles et des provinces que nous aurions prises , l'isolement de nos alliés, enfin jusqu'à l'abandon de cette Savoie dont il a été tant parlé ; la France répondrait : « Ce n'est pas assez : toutes ces con- « cessions ne sont pas l'objet de nos désirs; vous « avez une constitution qu'il faut soumettre à « nos principes. C'est contre elle que nous fai- « sons la guerre ; elle seule peut nous décider <( à faire la paix, et tant qu'elle existera in- « tacte , jamais nous ne poserons les armes , et « vous serez continuellement dans l'appréhen- « sion d'être dans le nombre des bouleversemens « que nous nous proposons d'opérer en Eu- ■ rope. »

Toutes ces considérations me font penser sincèrement qu'il n'y a pas d'urgence à ce que nous fassions la paix; et, quoique j'aie entendu dire

I II que , même parmi les membres qui soutiennent le ministre , il n'y en avait pas un seul qui sincèrement voulût dire qu'il approuvait la continuation de la guerre, je me lève, moi , pour affirmer que je ne ferai jamais parler la conscience des autres. J'ai trop peu d'habitude des usages de la chambre pour croire qu'on doive se plier aux assertions particulières qui circulent dans le public : toutefois , je le dirai , je sors des rangs du peuple ; je l'ai entendu , je l'ai vu inquiet, il est vrai ( et qui ne le serait pas ? ) , mais bien déterminé à persévérer dans la lutte avec vigueur jusqu'à ce que notre honneur national ne soit plus en danger. Maintenant je suis parmi les représentai de ce peuple, et je les vois d'accord avec ses sentimens pour continuer une guerre entreprise par nécessité, et disposés à accorder leurs votes pour fournir les moyens de la poursuivre avec une énorme supériorité.

C'est par ces motifs, et parce que je suis déterminé a donner ma voix pour la continuation de la guerre , que je donne aussi mon assentiment au traité maintenant en question , dans le but de conserver et de renforcer même l'alliance que nous avons établie avec les autres puissances, et dans l'espoir que si nous apercevons faiblesse parmi quelques cabinets , ou insuffisance de moyens dans quelques-uns de nos alliés, nous puissions venir lui ajouter notre force et nos ressources pour persévérer dans notre entreprise; et comme cet appui est principalement utile et indispensable à la Sardaigne , j'appuie la propo-

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sition qui a été faite d'un traité de subsides en sa faveur.

Après de nombreux éloges sur l'éloquence du nouvel orateur , adressés par plusieurs membres de la chambre , parmi lesquels on remarquait M. Fox, qui , en lui répondant, a fait valoir tout le talent de M. Canning, la proposition a été adoptée.

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