‹ Recueil des discours prononcés au Parlement d'AngleterreChapitre 33 sur 40 · ADRESSE CONCERNANT L'AUTRICHE · texte numérisé non relu

ADRESSE CONCERNANT L'AUTRICHE

( Mai 1809. )

Sur le rapport du comité des finances et d'après la résolution prise d'un vote de crédit de trois millions, pour être mis à la disposition du gouvernement selon ce que les circonstances exigeront , M. Whitebread propose l'adresse suivante, tendante à exprimer les remercîmens de la chambre pour la communication qu'il a plu à sa majesté de lui faire pour lui donner connaissance du renouvellement des anciennes relations entre sa majesté et l'empereur d'Autriche, lui demandant de faire déposer à la chambre le traité qui à été conclu ; l'assurant , en outre , que la chambre ne perdrait pas un instant pour le prendre dans la plus sérieuse considération, convaincue qu'elle y reconnaîtra que ce traité a été stipulé avec sagesse; déclarant toutefois sa surprise devoir que, sans autorisation de la part de sa majesté , le gouvernement autrichien ait cru convenable de disposer sur le trésor de sa majesté de certaines sommes pour aider ses opérations militaires, et lui annonçant avec quel regret la chambre des communes se croit obligée de refuser l'allocation de ces dispositions venant d'un pouvoir étranger , ce qui pourrait autoriser un précédent des plus dangereux ; en conséquence , sa fidèle chambre des communes se croit autorisée à refuser le paiement de tous subsides ou emprunts en faveur de l'Autriche ;

Que néanmoins , aussi long-temps qu'il sera permis d'espérer un heureux résultat dans la cause de l'Espagne,

et qu'il sera jugé nécessaire d'accorder des secours pécuniaires au Portugal, la chambre votera tout ce que sa majesté jugera convenable pour obtenir un but si désirable, en lui recommandant toutefois l'attention la plus scrupuleuse pour que cet argent soit employé avec la plus grande discrétion.

M. Smith et M. Hutchinson s'opposent à l'adresse.

M. Ponsomby dit que l'assistance d'argent accordée à l'Autriche ne pourra jamais lui être utile ; cependant il ne blâmera pas les ministres, s'ils peuvent prouver l'avantage de cette mesure.

M. Canning dit que quelle que soit la différence qui existe dans le discours des honorables membres, le résultat est tellement en faveur de la proposition qu'il s'abstiendra de faire la moindre observation. Il y a cependant une partie du discours du dernier orateur que 1 on a entendu qui paraît nécessiter une réponse ; la somme votée est exactement la même que celle qui a toujours été accordée en temps de guerre.

Relativement aux dispositions de l'Autriche sur le trésor de ce pays , il peut assurer la chambre que les précautions sont prises pour qu'on ne puisse en établir aucun précédent quelconque. Cette circonstance tient uniquement à la difficulté des communications avec le pays. Les ministres ont laissé l'Autriche libre elle-même de faire valoir le montant de ses ressources avant de s'engager dans une lutte de cette sorte. C'est elle seule qui doit fixer la nature de ses efforts et les ressources quelle peut avoir pour y subvenir* Elle a dû penser à sa propre conservation ; elle

a jugé convenable d'attaquer l'ennemi hors de ses frontières, plutôt que d'attendre qu'il l'attaquât. C'est à elle à répondre de sa conduite.

Relativement au Portugal et a l'Espagne , tout le monde a été d'accord sur la nécessité de lui prêter secours. Le discours de l'honorable membre , M. Ponsomby, place les ministres dans une position très-embarrassante.

Pour la Sicile et ses rapports avec l'Angleterre , il a déjà montré, par des observations à la chambre y combien l'Angleterre avait droit d'intervenir dans l'arrangement de ses affaires; le bienfait d'une constitution comme celle de l'Angleterre a été l'effet du temps et non d'un essai du moment ; nous ne pouvons pas la présenter ailleurs comme une chose a imposer. Il est présumable que les rapports de ce pays avec les autres nations occasioneront chez elles des améliorations graduelles, mais c'est le temps et la sagesse des nations qui seules peuvent opérer ce bienfait.

Avant de terminer, M. Canning désire dire quelques mots en réponse à ce qu'a avancé un honorable membre , relativement à la nomination d'un ambassadeur anglais en Espagne (le marquis de Wellesley). Il a dit qu'on avait donné à ce pays la preuve des intentions indifférentes que l'on avait envers lui , par le mauvais choix de cet ambassadeur, si toutefois on se reporte à la conduite qu'il a tenue dans l'Inde. Mais quelle que soit l'opinion de l'honorable membre sur le noble personnage, il est impossible de supposer que les ministres de sa majesté se laisseraient in-

fluencer par cette opinion ; quant a lui , il pense qu'il serait difficile d'avoir fait un meilleur choix, et il assure que personne plus que lord Wellesley ne réunit les qualités convenables a la circonstance présente.

La proposition de M. Whitebread est repoussée.

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