‹ Recueil des discours prononcés au Parlement d'AngleterreChapitre 8 sur 40 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

M. Canning se lève et dit :

Si mon honorable ami s'était renfermé , dans le discours que nous venons d'entendre, a démontrer les inconvéniens de la mesure proposée par les ministres de sa majesté , j'aurais cru de mon premier et unique devoir de montrer combien je diffère d'opinion avec lui sur ce point. Mais mon opposition à son amendement a d'autres motifs encore, et je vais tâcher de les faire connaître en suivant son raisonnement le plus qu'il me sera possible.

Et d'abord je désire examiner sur quoi repose le principe de cet amendement. Si je l'ai bien compris , il s'appuie sur les débats de cette chambre en 1782; eh bien! ce sont les mêmes débats qui me serviront pour réfuter le raisonnement de mon honorable ami.

Il est certain que les mots arrangement définitif ont été employés à cette époque ; mais on voit dans le même journal que cette proposition a été suivie d'une autre qui partait de la nécessité d'un système permanent, qui seul pourrait assurer la tranquillité de l'Irlande. Cette dernière proposition mérite notre attention pour repousser l'amendement proposé. Loin donc d'être définitif, comme l'honorable orateur l'a dit, on voit que le parlement reconnaissait la nécessité de faire encore quelque chose de plus.

Mais mon honorable ami a beaucoup parlé du danger de soulever cette question au moment où

i63 l'Irlande est en convulsion et où l'Angleterre ellemême est exposée à voir une crise de la nature la plus sérieuse. Mon honorable ami se souviendra sans doute que depuis trois ans ceux qui ont l'habitude de s'opposer aux mesures du ministère n'ont cessé de demander une enquête sur la situation de l'Irlande, sans que jamais cette demande ait été appuyée par la couronne. Il y a plus, dans la dernière session du parlement, on a remarqué avec mécontentement que, dans le moment où les ministres de sa majesté demandaient au parlement que sa majesté fût autorisée à accepter les offres de la milice d'Angleterre , de marcher pour apaiser les troubles d'Irlande, il n'ait pas été présenté un seul détail sur la situation de ce pays , sur les causes de son insurrection , et surles meilleurs moyens d'arrêter le mal. On demandait une investigation du côté de l'opposition; aujourd'hui on n'en parle plus. Il y a lieu de croire que les honorables membres se rappellent qu'à cette époque on se demandait quels sont les rebelles en Irlande.

Je suis loin de vouloir entrer en ce moment dans les détails de la véritable position de l'Irlande , cependant je l'entrevois d'une manière bien différente de mon honorable ami. Je doute qu'il ait pris des informations depuis les derniers événemens , car il n'est plus possible en ce moment d'en douter; une insurrection a eu lieu, on l'a réprimée, mais peut-être pas totalement détruite. Il est certain que la cause de cette insurrection a été moins le mécontentement des me-©

i64 sures prises par le gouvernement , que le désir d'un changement total. On a voulu renverser le gouvernement et sa constitution, et séparer totalement l'Irlande de l'Angleterre. 11 est prouvé qu'il y a eu un complot , et on le reconnaît dans les décisions des jurys irlandais eux-mêmes, tendant à tout renverser et a opérer la séparation des deux pays. Peut-on nier l'intérêt qu'a eu la Grande-Bretagne à déjouer ce complot? Il ne s'agissait pas des catholiques ni de réformes parlementaires, c'était un bouleversement total et la désunion des deux pays. Les coupables , pris et convaincus de leurs crimes, ne regrettaient pas de l'avoir tenté , mais de n'avoir pu l'achever. Leurs aveux le prouvent, et l'on voudrait que l'Angleterre n'envisageât pas cette abominable tentative comme étant dirigée contre elle î Et quand ces détails ont été connus du parlement, une seule voix s'est élevée pour demander une enquête î Ne valait-il pas mieux connaître le mal , proposer un remède, ou au moins examiner celui que l'on offrait d'employer?

Je ne fais pas le tort à mon honorable ami de douter un seul instant qu'il ne soit dirigé par un véritable esprit de patriotisme, et qu'il n'ait en vue les intérêts réels de l'Irlande. Moi qui n'ai pas les mêmes rapports que lui avec ce pays, j'ai aussi le désir le plus ardent pour son bonheur et pour sa tranquillité; mais je pense qu'il serait parvenu a un but plus utile , tant pour son propre pays que pour celui-ci, s'il avait indiqué aux ministres de sa majesté ce qui aurait pu leur

i65 avoir échappé pour remédier au mal reconnu , ou au moins d'avoir attendu à bien connaître effectivement la nature de la mesure a laquelle il paraît tant désirer que la chambre s'oppose. Il ne peut manquer, ainsi que ses amis, d'avoir bien réfléchi sur l'importance de cette affaire ; c'est le sort d'un pays entier et non une régularisation de province. Il s'agit du sort de l'Irlande, du nôtre, de celui de l'Empire britannique.

Mais puisque mon honorable ami n'a rien défini , qu'il me soit permis d'en référer à l'opinion des personnes les plus éclairées de ce pays , pour bien connaître nos véritables intérêts. Je ne doute pas que cette opinion ne soit en faveur de la mesure proposée , et qu'on ne l'envisage comme la plus sage de toutes. Il faut le dire franchement, cette mesure a pour but législatif d'opérer une union entre les deux royaumes. Je ne parlerai donc que de cela en ce moment , et nullement de la rébellion dont on nous a fait connaître les dangers. Une rébellion ne peut être réprimée que par la force. Les causes de ces discordes sont parfaitement établies dans un pamphlet que mon honorable ami a peut-être traité avec trop de sévérité. Quant à moi je déclare que, loin de le blâmer, j'y ai vu d'excellentes choses. Il me semble possible que les catholiques, comme les protestans, gagnent quelque chose par un arrangement qui satisferait l'ambition des uns sans exposer la sûreté des autres. Tel serait l'effet de l'union dans mon opinion.

Mais je ne veux pas parler de ma propre opi-

i66 nion , je préfère écouter ce que chacun des partis a dit sur cet objet ; je prendrai donc la liberté de citer l'opinion d'un des plus zélés partisans du protestantisme, dont j'ai lu l'ouvrage dernièrement avec un plaisir infini, et qui m'a éclairé sur ce qui est avantageux à l'Irlande ; je parle de l'ouvrage du docteur Duiguenan en réponse a M. Grattan; je le répète, on ne peut nulle part trouver plus de descriptions vraies des causes de la position de l'Irlande , et cependant l'auteur ne donne aucune opinion bien distincte sur l'union de l'Irlande. Il est certain qu'il est opposé aux prétentions des catholiques , et qu'il insiste pour que leur exclusion de la législature, ainsi que des fonctions élevées, continue comme elle existe aujourd'hui; mais il laisse entendre que cette exclusion peut être changée par quelque plan nouveau , qui viendrait des ministres de sa majesté, et qui assurerait la continuation de l'ascendant des protestans. Toutefois il dit que, dans le cas d'une union , ce parti ne serait pas si nécessaire à prendre.

Cette chambre renferme incontestablement le noyau du parti protestant, et cependant il paraît qu'elle désire l'union , ou au moins elle tient à conserver intacte la prééminence qui a toujours existé.

Si nous consultons le parti catholique , voyons quelle sera leur réponse. Accordez-nous l'union, disent-ils , ou sans cela nous vous demanderons toujours la révision du Code pénal, concernant les catholiques. Ainsi les deux partis s'accordent

sur un seul point, celui de V union. Si donc on peut terminer leurs animosités et réunir leurs intérêts, il faut en saisir le moyen. Sans doute l'union renferme ce moyen , et nous en avons la preuve , puisque le code du parti catholique n'a eu lieu qu'après une proposition d'union , laquelle venait de la part de l'Irlande et fut rejetée par le gouvernement anglais. Il est donc positivement prouvé que les lois contre les catholiques n'ont été établies que sur le rejet de la proposition d'une union, et que sans ce rejet ces lois n'eussent pas existé.

Mais on nous dit que le moment n'est pas opportun pour proposer cette union. C'est, je l'avoue , une étrange manière de raisonner ; si cette union peut calmer les esprits , pourquoi attendrions-nous de nouveaux troubles pour l'effectuer? Sûrement ce n'est pas les revers que la France a éprouvés en Irlande qui peuvent faire désirer de différer l'union. Tout le monde sait que la France a toujours l'intention de provoquer la séparation de l'Irlande et de l'Angleterre.

On dit encore que la force armée que nous avons en Irlande rend l'union plus difficile , parce que l'irritation est à son comble. Je pense, moi, que l'union serait un moyen infaillible de prendre un parti de cette force, que je regarde comme nécessaire. En effet , qui peut dire que cela intimide et réprime la liberté? Tout le monde sait que plusieurs personnes en Irlande ont déclaré librement leur façon de penser sur ce sujet, et sans avoir l'air de craindre les effets de cette

i68 force armée. Le président de la chambre en Irlande a lui-même fait connaître franchement son opinion à cet égard , et il a donné la preuve que les craintes dont on parle ne sont pas réelles. 11 est naturel toutefois que Dublin , où se réunissent tous les partis les plus opposés , soit exposé à une plus grande résistance que partout ailleurs ; mais d'autres villes d'une importance à peu près semblable ont donné à la mesure toutes les preuves de la plus grande approbation.

Il est toutefois une particularité du discours de mon honorable ami qui m'a beaucoup étonné , je veux parler du panégyrique qu'il a prononcé sur la résolution prompte du parlement irlandais, relativement à la conspiration. Je ne m'attendais pas à entendre sortir de pareils éloges des bancs où siège mon honorable ami , encore moins d'entendre avancer que la force armée en Irlande se disposait à entraver les opérations du parlement , de ce parlement si constitutionnellement capable de contrôler au contraire la conduite d'une force armée. C'est une assertion contre laquelle je crois de mon devoir de m'éïever; je ne pense pas qu'il y ait ici un seul membre qui veuille la soutenir, et qui croie que le parlement d'Irlande voudrait se laisser intimider par une force armée quelconque.

Mon honorable ami s'est écarté des bornes qu'il avait annoncé vouloir garder, quand il s'est permis de comparer la fusion de deux législatures avec celle que la France a faite pour l'agrandissement de ses domaines. Il n'y a aucune

similitude. La France n'opère pas de fusion entre un pays conquis et elle , dans le but d'augmenter les intérêts de ce pays : ces pays n'ont ni les mêmes constitutions qu'elle, ni le même gouvernement, ni les mêmes lois. La langue n'est pas la même , les usages ne sont pas semblables. Et ici la différence que je signale n'existe pas entre l'Angleterre et l'Irlande ; non , il n'est pas un seul protestant, quelque exagéré qu'il soit , qui voulût renverser l'ascendant du clergé; pas un catholique irlandais, tout irrité qu'il soit d'être exclu du parlement et tout désireux qu'il pût être de voir l'émancipation des catholiques , qui tenterait le moindre acte contre la constitution d'Angleterre. Jamais encore personne n'a proposé de la changer, sous prétexte qu'elle n'est plus d'accord avec nos idées et nos habitudes ; non , personne (excepté ces misérables traîtres qui , en Irlande , ont démontré le désir de nous faire perdre le repos , la sécurité et l'existence dont on jouit dans les deux royaumes); le partisan luimême le plus ardent de la réforme en Irlande ne veut , ne désire que d'obtenir une constitution semblable a la nôtre ; et ils savent très-bien que l'Irlande serait le pays le plus heureux de tous , si notre constitution pouvait y être adaptée de manière à lui communiquer tous les bienfaits dont nous jouissons ici.

Mais parmi toutes les nations que la France a accablées de son despotisme , en est-il une qui désirait réellement la constitution qui lui était offerte? Le Piémont a-t-il dit, par exemple: Nous

aimons votre liberté et votre constitution , faitesnous-en jouir? Ont-ils dit : Nous sommes fatigués d'avoir un roi , nous voulons avoir aussi cinq directeurs ? nous ne voulons plus de nos couleurs, donnez-nous votre cocarde aux trois couleurs? Non, sans doute, et la chambre doit se souvenir que son vieux souverain était adoré, et que la France n'a pensé à ce pays que comme une retraite pour ses armées, dans le cas où elle serait forcée de se retirer d'Italie. Ce souverain respectable s'est vu forcé d implorer les Français , a deux genoux, pour obtenir de conserver près de lui son frère , le duc d'Aoste , qu'ils voulaient garder comme garant de sa conduite. Grand Dieu î de quelle conduite ! lui qu'ils avaient forcé de se retirer en Sardaigne ! Que la chambre réfléchisse sur cet acte atroce , et qu'elle prononce s'il est convenable d'assimiler la question qui nous occupe avec les preuves de la tyrannie de la France. C'est d'après de justes motifs de crainte des tentatives de la France sur l'Irlande, que sa majesté a demandé aux parlemens des deux royaumes d'aviser au meilleur moyen de donner à l'Irlande la force, la vigueur et la sécurité dont jouit l'Angleterre. La question est donc de savoir si une fusion entre ce pays et l'Angleterre n'est pas le plus sûr moyen de le garantir des attaques d'un pays puissant. Il n'y a rien de forcé , ce n'est pas une obligation que l'on veut imposer a l'Irlande ; mais on lui demande de délibérer mûrement, et de s'en rapporter à la sagesse de son gouvernement ; et si après tout, pour le malheur de l'Irlande, cette mesure

I7I n'est pas adoptée , le parlement d'Angleterre n'aura pas de reproches à se faire. L'union de l'Irlande est la chose la plus importante pour elle , car ce n'est pas la faiblesse de ses troupes ni sa localité qui l'exposent a devenir la proie de notre ennemi commun.

Autant qu'il m'a été possible j'ai bien réfléchi sur la nature de la révolution française et sur ses horribles conséquences ; j'ai reconnu que nous n'avons jamais gagné quelque chose par les souffrances que les autres pays ont pu éprouver; c'est l'influence de cette révolution qui agit et qui reste; et l'Europe dût-elle un jour reprendre son ancienne position exacte, le principe de convulsions à venir n'en existerait pas moins. Et quel peut être le pays, grand Dieu ! disposé par l'état de sa société à recevoir et aimer les principes de cette révolution, principes qui tendent a soulever le peuple contre la classe instruite et capable de gouverner, à armer la misère contre la propriété, le travail contre le privilège , efchaque classe inférieure contre celle qui la domine ! En Irlande , où les habitans sont en général pauvres et ignorans , et où surtout les distinctions religieuses ont un si grand ascendant, ces principes, sans doute, seraient bientôt adoptés , et alors comment les détruire? La France sait cela et connaît bien les dispositions de l'Irlande; c'est pour déjouer l'espérance de notre ennemi, c'est pour préserver l'Irlande de ces dangers, c'est enfin pour améliorer sa position, que la mesure qui nous occupe a été proposée. La situation des choses fait que

l'Irlande manque de capitaux , de commerce, d'industrie. Ce n'est pas un acte du parlement qui pourrait lui procurer ces bienfaits; non, il n'y a que ses rapports avec un pays comme celui-ci, où le commerce et l'industrie cherchent partout à s'étendre , que l'Irlande peut obtenir ces trésors qu'elle chercherait en vain ailleurs. Pour moi, je n'ai rien entendu dans tous les raisonnemens de mon honorable ami qui puisse s'opposer aux vérités que je viens de soumettre à la chambre.

J'ai lieu d'espérer que ce sujet, si important, sera discuté en Irlande avec autant de calme et de réflexion que nous le faisons nous-mêmes. Toutefois mon honorable ami blâme le gouvernement pour la marche qu'il a suivie dans cette affaire : il parle d'une personne qui a été destituée de ses fonctions; mais de quoi s'agit-il, en effet? et comment l'orateur a-t-il pu penser que tout ce qu'il a dit à ce sujet pourrait faire un grand effet sur les bancs de ce côté-ci de la chambre ? Sir John Parnell , ministre d'Irlande , homme d'un grand mérite , professait des opinions absolument opposées à la mesure proposée. Qu'aurait-on dit de voir rester en place un chancelier de l'échiquier d'Irlande dans cette disposition hostile contre l'intérêt de son pays? on eût douté de la sincérité du gouvernement. Comment, dans un moment de crise où l'Irlande est menacée dans son repos et dans son existence , l'Angleterre serait-elle restée paisible spectatrice des dangers qui la menaçaient, et n'aurait-elle rien fait pour les prévenir ? Non , cette conduite est impossible pour un gou-

i75 vernement éclairé comme le nôtre. Toujours, et dans tous les temps , elle a cherché à secourir ce pays tourmenté par sa propre position. L'Irlande a voulu un parlement octennal, elle Fa eu; elle a voulu une législature indépendante , on la lui a accordée; un commerce libre, elle en jouit; le peuple a manifesté le désir que Ion rapportât une partie du code pénal , l'Angleterre a examiné cette question, et cette mesure a été adoptée.

Mais on a avancé que l'on n'avait rien fait pour l'Irlande sans qu'elle eût extorqué les mesures du gouvernement comme y ayant des droits incontestables; dès-lors on n'a envisagé les actes du gouvernement que comme l'accomplissement d'un devoir. Mais je le demanderai, un pays indépendant a-t-il le droit d'exiger que ses relations commerciales s'étendent aux colonies d'un autre pays indépendant? a-t-il le droit d'envoyer le produit de ses manufactures dans cet autre pays moyennant des conditions avantageuses? enfin l'échange des objets de commerce entre les deux pays est-il aussi un droit? Sans doute, il était convenable qu'il en fût ainsi par rapport à l'Irlande , parce que tout ce qui contribue à la prospérité de ce pays fait celle de l'Angleterre , mais il n'y a pas de droit ni de privilèges : et en disant cela, je n'ai d'autre but que de prouver les bonnes dispositions du gouvernement anglais envers l'Irlande.

Mon intention n'est pas de déterminer en ce moment le temps où cette mesure de l'union des deux pays doit être faite; une telle commumca-

tjon doit arriver à la chambre par une autorité supérieure à la mienne ; j'ai voulu seulement faire observer à la chambre qu'en adoptant l'amendement de mon honorable ami , et en refusant ainsi de voter l'adresse, elle détruira immédiatement tout le bien que Ion avait l'intention de faire à l'Irlande.

Toutefois, il est a remarquer quelle a été, par rapport à l'Irlande, la conduite des honorables membres de l'opposition quand ils ont été au pouvoir. Ont-ils pris en considération la position de ce pays? non. Quand ils s'en sont occupés, ils n'ont eu en vue que les trois quarts des habitans de l'Irlande, et ils ont dit : les troubles sont apaisés , sans que jamais le mot de catholique ait été prononcé dans toutes les discussions de

En ce moment , regardez la manière dont est reçue une proposition faite dans la vue du bien de l'Irlande; on ne nous parle que de l'émancipation des catholiques et de la réforme parlementaire. Pourquoi les mêmes personnes ne se sont -elles pas occupées de ces objets il y a seize ans?

Mais la question qui m'a déterminé à me lever n'est pas de prouver que la proposition actuelle est mille fois préférable aux mesures prises en 1782; j'ai un but plus important; il s'agit de la sûreté de l'Irlande , et conséquemment de celle de l'empire britannique. Je conjure la chambre d'examiner la vraie position de l'Irlande, et quelle doit être notre anxiété pour sa conservation. Si déjà , par nos brillans succès sur mer , le pays a

été sauvé , n'oublions pas qu'il faut continuer, et que la mesure proposée nous en offre le moyen. Tranquilles comme nous le sommes ici , dans cet heureux pays , protégés par un gouvernement fort et puissant, sans crainte d'invasions ni d'insurrections, occupons-nous du salut d'un autre pays, qui , par sa nature , nous est commun , tant par son langage que par ses habitudes et ses intérêts, par ses lois et sa constitution, et songeons que sa séparation d'avec nous serait une cause de détresse pour lui comme pour nous, et ne repoussons pas une proposition qui peut éviter sa destruction comme la nôtre.

M. Pitt dit que, comme M. Canning, il ne veut pas en ce moment entrer dans les développemens de la mesure proposée. Il déclare seulement que le parlement a le droit de délibérer sur la convenance de la proposition , et ajoute : « Si on avait l'intention de s'occuper de l'émancipation des catholiques , il faudrait le faire avec prudence , sagesse , et de mûres réflexions. Comme toutes les mesures d'améliorations, il faut les obtenir par une législature impartiale.

La motion de l'adresse est mise aux voix et adoptée.

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