A M. HENRI DUNDAS
Secrétaire d’état.
Londres , le 6 juin 1792.
MoNSIEUB.,
C’est yoùs , qui, le mai dernier , avez ouvert dans la chambre des communes , le.< débats sur la proclamation royale pour b suppression des écrits que , sans en désî. cmer aucun , cette proclamation traite d< médians et de séditieux. Vous avez plu fait ; vous avez appliqué ces épithètes ai livre intitulé les uroitS de l’homme : j n’ai donc pas besoin d’autres raisons pou vous adresser cette lettre.
Je commence par déclarer que je n( crois pas que parmi les ouvrages politiques anciens ou modernes , il y en ait ou 1 o trouve plus d’amour de l’humanité , ni ph d’attachement aux principes^ de la morale que dans ceux que j’ai publiés.
J’ai voyagé , monsieur , dans différens pays ; j’ai vécu sous différens gouverne^ mens , j’en ai étudié l’organisation ; et je suis dans cette partie plus en état de juger que vous ne pouvez l’être, vous qui n’avez pas eu les mêmes occasions que moi de vous en instruire. En outre , monsieur , mes écrits partent d’un cœur incapable de se guiser.
Je dirai , de plus, que quand il arrivera pour moi ce moment , où la plus douce des consolations qui reste à l’homme , est de porter ses yeux sur sa vie passée , et de se rappeller le bien qu^il a pu faire , je mettrai mon bonheur à avoir écrit les droits DE l’homme.
Quant aux proclamations ^ aux persécutions , aux propos des gens en place , des gens qui attendent des places, de ceux qui ont des pensions , ou de ceux qui les postulent , tout cela ne peut altérer le mérite de mon ouvrage , ni aux yeux du public , ni aux miens.
A présent, monsieur , je vais faire quelques remarques , non pas particulièrement sur votre discours , mais sur tous ceux que YOtjre mofion a occasionnés ; et j©
commencerai par celui de M, Adams;
Cet orateur m’accuse de n’avoir pas fait précisément ce que f ai fait , et il dit que si je l’avois fait , il ne m’auroit point accusé.
Voici comment s’exprime M. Adams, suivant le IViorning Chronicle , du 26 mai.
cc J’ai bien considéré l’objet de tous ces >5 écrits sur la constitution , et je ne suis nullement porté à dire , ( mais au con- 33 traire) que les livres sur la science du gou- >3 vernement , quoique vantant une doc- 33 trine , ou un système différent de notre 33 constitution (c’est-à-dire) de la consti- 33 tution angloise , doivent être l’objet 33 d’une poursuite. Si je le disois , il fau- 33 droit que je condamnasse (ce qui signi- 33 fie! qu’il ne condamnât point) Harring- 33 ton , pour son Océana , sir Thomas Mo-^ 33 rus , pour son Eutopie ^ et Hume , pour 33 son Idée une République. Mais l’ou- 33 vrage de M. Pause est fort différent ; car 33 il ravale ce qu’il y a de plus sacré dans >3 notre constitution ; il détruit tout prin- 33 cipe de subordination , et il ne met rien >3 à la place 33.
Je m’apperçois aisément que M. Adams
h’a point lù la seconde partie dès Droits dè l’homme ; et me trouvant dans la nécessité de tomber sous le coup d’une fausse inculpation ou de la réfuter , je préfère assurément le dernier parti.
Si je prouve à M. Adams , qu’en raisonnant sur les divers systèmes de gouvernement dans la seconde partie des Droits dè l’homme , j’ai, je crois ,fait connoître j autant que les mots peuvent rendre les idées , km mode de gouvernement, Eôn-sêulement existant en théorie , mais déjà en pratique > lequel est affranchi de toutes les défectuosités-, de tous les vices dé celui d’Angleterre > et propre à procurer plus de bonheur au peuple , quoiqu’il n’oblige pas à payer la huitième partie dés impôts qu’on paie dans la Grande-Bretagne ; alors j’es- J)ère qu’à la première séance de la chambre des communes Mi Adams sera assez juste pour avouer hautement qu’il s’est trompé , en disant que j’ai détruit tout principe de subordination , et que je n’ai rien établi. A présent j’en vais venir au vrai point de la questions.
Dans la seconde parlie des Droits d4 V homme ^ j’ai distingué deux sortes de gou^
vernenient ; l’un héréditaire , l’antre repré-f sentatif.
Dans la première partie de mon livre , j’ai démontré, et jfe délie qui que ce soit de réfuter mes argumens ; j’ai démontré , disje, que le gouvernement héréditaire n’est fondé sur aucun droit , ou , en d’autres termes , que ceux qui gouvernent héréditairement n’ont pas le droit de gouverner , parce qu’un gouvernement héréditaire signifie toujours un gouvernement qui se prolongera dans l’avenir, et les hommes qui vivront alors , auront aussi bien le droit de choisir un gouvernement que ceux qui auront vécu avant eux.
Je n’ai point répété ces choses-là dans la seconde partie de mon ouvrage , parce qu'’ elles sont irréfragables. Je me suis attaché seulement à démontrer les vices de ce qu’on appelle un gouvernement héréditaire. J’ai prouvé que ce genre de gouvernement devoit nécessairement tomber souvent dans les mains d’hommes sans principes , ou dépourvus de capacité. Jacques II : nous fournit un exemple du premier cas, et presque tous les trônes de l’Europe pour- | roient nous en fournir du second.
Pour mieux démontrer encore Tabsurdité du gouvernement héréditaire , je vais faire un e hypothèse. Si Ton prerroit cinquante hommes au hasard, il seroit certainement bien extraordinaire qu’il y eût plus d’un de ces hommes qui réunit à la fois assez de talens et de vertus |( car les uns peuvent avoir des vertus , et les autres des talens ) pour être propre à remplir une de ces places éminentes qu’accorde la confiance nationale. Si Ton ne peut donc pas espérer de trouver plus d’un homme aussi accompli sur le nombre de cinquante , il n’arrivera peutêtre qu’une fois en dix siècles , que dans une même famille le fils aîné ait des qualités dignes du trône, et règne vingt ans. M. Adams parle de quelque chose de très sacré dans ia constitution , ce sont du moins ses expressions ; mais j’espère que s’il y a quelque chose de très-sacré , cen’est point l’hérédité du trône , laquelle me semble à moi , une violation de la nature et du sens commun ►
Lorsque je parcours l’histoire , et que je vois des multitudes d’hommes exposer leurs iainilles à être ruinées , et périr eux-mêmes en défendant des lâches ou des fous , parce
qu’ils n’ont point réfléchi à Tabsurdité. du gouvernement héréditaire , je croîs que le plus grand service qu’on puisse rendre au genre humain , c’est d’essayer de briser les chaînes de la superstition politique ; mais ces chaînes commencent à se rompre ; et les proclamations , les persécutions achèveront bientôt de les détruire*
J’ai prouvé qu’un gouvernement héréditaire est un gouvernement mauvais et sujet à toutes les défectuosités possibles. Je vais, parler à présent du gouvernement représentatif dont M. Adams peut voir un tableau dans la seconde partie des Droits de Vhom* me. Je regarde la théorie de ce gouverne-r ment , non-seulement comme la meilleure , mais la seule dans laquelle la liberté d’un peuple puisse être assurée d’une manière permanente.!
Mais il est inutile à présent de parler de. théorie , puisque nous en avons déjà la pratique. Oui , il existe depuis près de vingt ans un gouYeriiement fondé sur les droita de l’homme. M. Pitt, dans un discours prononcé depuis peu, a dit : ce qu’il n’y avoit ja- 33 mais eu , qu’il ne pourroit jamais y avoir gouYernement établi d’après ces droits ;
» et que s’il commençoit â mîdî^ il finiroit dans la soirée 5^. Mais M. Pitt n’est pas encore un bon écolier dans ce genre de science. Sa pratique s’est bornée à extor^ quer des impôts , et son orgueil est de pouvoir dire : combien ? L’orgueil du gou-
vernement dont je parle n’est pas de dire combien l mais combien peu !
Le gouvernement purement représentatif et exempt d’une hérédité insensée , a commencé à être pratiqué en Amérique. Je veux comparer ici ce système de gouvernement avec celui du gouvernement d’Angleterre , et je montrerai l’effet que Tun et Vaur tre ont eu pendant la guerre ^ et depuis que la guerre est terminée.
Le gouvernement représentatif est si puissant , d’abord en réunissant et consolidant toutes les parties d’un pays , quelque grand qu’il soit,et ensuite en n’admettant à la tête des affaires que des hommes propres à les administrer , et les renvoyant s’ils administrent mal;, ce gouvernement , dis- je ^ est si puissant^ que dans les Etats-Unis de l’Amérique , il a servi à combattre et renverser tous les projets du gouvernement héréditaire des Anglois. La révolution et l’indé-
( iH )
pendance de l’Amérique prouvent assez es f^ait ^ sans que j’aie besoin de m’étendre davantage là-dessus^
Voici maintenant la comparaison de ce qui s’est passé depuis la guerre en Angleterre et en Amérique. Je prie M. Adams de vouloir bien y faire quelque attention.
L’Amérique a soutenu sept années d’une guerre intérieure j. à quoi l’Angleterre n a pas été exposée. Elle n’a eu besoin que de payer les frais de la guerre : mais l’Amérique a également payé les frais de la guerre , et elle a souffert de plus la perte de tout ce que son armée et l’armée ennemie ont détruit. Les fermes , les plantations situées le long des côtes ont été ravagées dans l’étendue de plus de trois cent trente lieues. Son commerce a été anéanti ; ses vaisseaux sont devenus la proie de l’ennemi f ou ils ont pourri dans les ports. Les fonds sont tombés de plus de quatrevingt - dix pour cent ; c’est-à-dire , que cent livres sterling de son papier ne vaioient pas réellement dix livres. En un mot, à la fin de la guerre , il sembla qu’elle avoit reculé de cent ans ; ce qui étoit bien different en Angleterre.
Mais tel est l’avantage d’un gouverne-
ment représentatif ^ que quoique celui d® r Amérique fût moins bien organisé qu il ne Fa été depuis, il lui fit d’abord conquérir sa liberté , et ensuite il a réparé toutes ses pertes. Maintenant l’Amérique offre le spectacle d’un peuple qwi jouit de plus de liberté , d’aisance et de bonheur qu’aucune autre nation de la terre. Ses villes 'ont ete rebâties et sont bien plus belles qu’elles n’étoient auparavant. Ses fermes , ses plantations n’ont jamais été dans un état aussi florissant. Son commerce s’étend dans le monde entier , et ses fonds dont cent livres sterling n’en valoieirt que dix , valent à cette heure jusqu’à cent vingt livres les cent*
M. Pitt et ses collègues parlent de ce qui s’est passé sous leur administration enfantine , sans savoir qu’il est arrivé de bien plus grandes choses dans d’autres pays , et dans des gouvernemens dont le système est tout différent du gouvernement anglois.
Je vais mettre ici l’état des dépenses des deux gouvernemens d’Amérique et d’Angleterre telles qu’elles ont lieu en ce moment. Mais il est d’abord nécessaire d’observer
que le gouvernement en Amérique est ce qu il doit être ; les places y sont le prix de l’honneur et de la confiance, et on ne les regarde point comme l’objet d’un trafic lucratif.
Le produit des taxes en Angleterre san& y comprendre les frais de perception, les saisies , les condamnations , les amendes , les droits d’office , de procédure et d’information , qui sont d’heureux moyens d’augmenter l’impôt , est de dix-sept millions sterling. Sur cette somme , il faut ôter environ neuf millions sterling pour les intérêts de la dette nationale, et le reste qui est à-peu-près de huit millions sert aux dépenses courantes. Je vais offrir à présent l’objet de comparaison.
Les dépenses des divers départemens du gouvernement représentatif des Etats-Unis de l’Amérique, qui ont ttne étendue presque deux fois plus considérable que celle de l’Angleterre , s’élèvent à deux cent quatrevingt-quatorze mille cinq cent cinquantehuit dollars, ce qui, à 4 scheillngs 6 deniers, par dollar, fait 65,oi5 livres ii sols sterling ; en voiçi la répartition.
( iSz)
Dépenses du pouvoir exécutifs
Le président ne reçoit rien pour luimême 5 mais les frais de sa place se mon- 1.
tent à ..... 5,6^5
Le vice-président i,i25
Le chef de la justice ......... 900
Les cinq juges adjoints 3,03/ la,
Les neuf juges des districts et le procureur général 65873 i5i
Pouvoir législatif*
Les membres du Congrès à 1 liv. 7 s.
sterling par jour, leurs secrétaires, chapelainsmessagers , huissiers , etc. . . . a5,5i5;
Trésorerie*
Secrétaire, assistant, contrôleur, auditeur , trésorier, greffier , garde du bureau des prêts dans chacun des états, avec tous les commis , etc. * 12,825.
Départem en t de Vin térieuret des affaires étrangères*
Secrétaii’e , commis , etc. . . . . ^ . 1,046 5,
56,9471* iQs.
( îR8 )
De Vautre part y 56y947*ï.
Département de la guerre.
'Secrétaire^ commis ^ papiers , commissaire, etc ^ 1,4^2 lO^
Commissaires pour le règlement des anciens comptes.
Tous les frais 2,598 i5
Frais ordinaires et extraor^ dinaires.
Chauffage , papier , plumes , impression,^ etc 4î^o6’ 16
Total . . . 65,0151. 11 sr
Les incursions des Indiens dans nos étatlisseraens reculés , obligent en ce moment le Congrès d’ayoir six mille hommes sur pied , indépendamment d’un régiment d’infanterie , et d’un bataillon d’artillerie toujours subsistant ; et l’entretien de ces troupes fait , pour le département de la guerre , un surcroît de dépense de 87,795 liv. sterling. Mais quand la paix sera conclue avec les Indiens , la plus grande partie de cette dépense n’aura pas lieu ; et la totalité des
frais d'a gouvernement en y comprenant l’armée , ne s’élèvera pas à plus de cent mille livres sterling p^r an ; ce qui , ainsi que je l’ai déjà observé, n’est pas plus d’un huitième d.e la dépense du gouvernement anglois.
J’invite et M. Adams ^ et M. Dundas , et tous ceux qui parlent de constitutions , de bienfaits de la constitution, de rois, de lords, et Dieu sait de quoi encore, je les invite, disje, à jetter les yeux sur l’état que je viens de tracer. Le gouvernement américain est sans contredit mieux organisé , mieux administré que tout autre ; et il ne coûte que cent mille livres sterling par an. Cependant les membres du Congrès reçoivent un dédommagement du temps qu’ils donnent aux affaires publiques. Chacun a une livre sterling et sept schellings par jour , ce qui fait près de cinq cents livres sterlings par an.
Ce gouvernement est exempt de crainte. Il n’a pas besoinde faire des proclamations pour empêcher de lire ou d’écrire. Il n’a pas besoinde se soutenir par une superstition politique. Ce n’est que parce qu’on a excité la discussion , et permis de tout écrire et de tout imprimer en matière politique, que
( içô )
les J)rincîpes du gouvernement ont été bien entendus dans les Etats-Unis, et que ^ îe peuple y jouit de tous les avantages du sien. Vous n’y entendes jamais parler de tumultes , de troubles , de désordres , parce qu’il n’y existe point de cause qui puisse les produire , parce qu’ils ne sont jamais les effets de la liberté , mais bien de la contrainte , de l’oppression et de l’excès des impôts.
On ne connoît point en Amérique cette classe de peuple indigente et malheureuse , qui est si nombreuse dans toute l’Angle- | terre , et à qui la proclamation royale | apprend qu’elle est heureuse. Mais si elle | -ii'’existe point dans les Etats-Unis comme : en Angleterre , cela vient en grande | partie , non de la différence des proclama- ! lions , mais de la différence des gouver- ’ nemens et de la différence des impôts; Les Américains qui travaillent , emploient ^ leur salaire à leurs propres besoins , à l’éducation de leurs enfans ; et ils n’ont pas ‘ besoin de le donner à mesure qu’ils lé ; gagnent pour payer des taxes énormes , | entretenir l’extravagance de la cour et ali- ; menter la longue liste des gens en place :
&t des pensionnaires. Ils ont, en outre; ïppris a se respecter eux-mêmes, en hommes jui sentent toute leur xlignité , et consëjuemment ils savent se respecter les uns es autres , et ils rient de ' ces êtres imagilaires appelles rois et lords , et de toute la raude des cours.
Quand les gens en place , les gens à tension ou ceux qui espèrent l’être, sont i prodigues d eloges envers le gouverlement, cela ne prouve nullement que le ouvernement soit bon. Lisez l’histoire es revenus de la couronne, par sir John inclair , à la page sixième de l’appendice , t vous verrez que la liste seule des pensions eleve à cent sept mille quatre cent qua- ■e livres sterlings ; çe qui est plus consierable que toutes les dépenses du gouornement d’Amérique.
Je suis à présent plus convaincu que .mais que l’offre de mille livres sterlings, eur le manuscrit de. la seconde partie des >roits de V homme ^ et Ae la fin de la preière partie, ne me fut faite, que parce i on. avoit envie d’effectuer par une supression prompte ce qu’on tente à présent ir une procédure. Les rapports qui exis-
tent entre l’auteur de cette offre et l’imprimerie royale J peuvent fournir le moyen d’approfondir cette affaire lorsqu’il plaira aux ministres de terminer leur procédure.
Mais revenons. J’ai dit dans la seconde partie des Droits de l’homme , et je le répète ici , que le service d’un homme , quel que soit son titre de roi, de président, de sénateur , de législateur , ou tout autre , ne peut valoir nulle part , plus de dix mille livres sterlings par an. Nous possédons en Amérique , à la tête du pouvoir exécutif , un homme (i) plus sage et d’un caractère plus distingué qu’aucun roi que je connoisse , et il ne nous fait pas dépenser la moitié de cette somme; car quoique les honoraires de sa place soient fixes à cinq mille deux cent soixante - cinq livres sterlings , il n’a pas voulu les accepter , et il ne reçoit que le remboursement des frais: accidentels.
Le titre qu’on donne à un homme est, par lui-même , une chose vaine. Ce n’eât que le caractère de l’homme et son mérits qui peuvent donner du prix aux titres.
Sant
(i) Le général Washington.
( IpS )
Sans cela ceux de roi , de pî-ésldent , dè lord ne fonj; que du bruit.
Mds sans prendre Une peine inutile à l’occasion des gouvernemens , je n’ai qu’à répéter ce que j’ai déjà dit dans la seconde partie des Droits de l’homme. J’ai dit qu’il pouvoit se former une alliance entre l’Angleterre, la France et l’AmériqUe , et qué les dépenses du gouvernement d’Angleterre pouvoient être réduites à un million et demi sterling , savoir :
Dépenses du gouvernement civil . . . 5oo,ooo liv.
Flottes, 5oo,oco
T O T A i. . . . i,5oo,ooô
Cette somme est même quinze fois plus considérable que les dépenses du gouvernement des Etats - Unis. Elle l’est même plus que ne coûtoit en temps de paix , il y a environ ceiit ans , le gouvernement angiois , tant le fardeau des impôts s’est accru depuis la révolution , et sur-tout depuis 1714-
Pour montrer que cinq cent mille liv.
steriiug peuvent suffire à toutes les dé-
penses ordinaires du gouvernement , j’aî fait dans mon ouvrage un tat>leau approximatif , pour un pays de. l’étendue de l’Angleterre , ainsi qu’on va le voir plus bas.
D’abord trois cents représentans librement élus , suffisent pour tout ce qui est du ressort de la législation, et valent meme mieux qu’un plus grand nombre.
Si l’on peut donc estimer leurs honoraires k cinq cents livres sterling par an chacun , en déduisant le temps où ils ne seront point en exercice , et que nous comptions six mois de session seulement, le total se montera à 75,000 1. st.
Les autres départ^ens me peuvent pas *€xcéder le nombre d’employés que je vais spécifier. Leurs honoraires seront comme 5uit :
3 employés à 10,000 liv. chacun . , 3o,ooo
10 ditto . . , 5,000 5o,ooo
20 ditto . • • 2,000 4O5OOO