‹ Recueil des documents authentiques relatifs au droit public extérieur de la GrecChapitre 48 sur 196 · PREMIÈRE ΡΑΠΊΙΕ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ΡΑΠΊΙΕ

cision. Quels qu'ils soient, nous doutons, d'après les observations que vous nous avez faites, que ces décisions nous laissent la liberté d'accepter ou de refuser. Nous n'avons pas le pouvoir d'accepter l'Acte du 3 Février, et ceux qui en font le complément, et quand même Ja Nation nous aurait investis de ce pouvoir, encore il nous serait impossible de l'exercer sans manquer à ce que nous devons à nous-mêmes, et à ce que nous devons à nos frères de la Grèce continentale, de Candie, de Samos, et des autres Îles, qui seront rendus aux Turcs. Votre Excellence fera ce qu'elle jugera le plus utile au salut de la patrie; mais nous ne donnerons jamais notre adhésion à ce que vous vous chargiez, Monsieur le Président, au nom et de la part de la nation, des mesures relatives à l'exécution du Protocole du 3 Février. Les Puissances alliées peuvent accomplir Leur décision, mais nous y demeurerons étrangers. Nous sommes prêts à consigner dans un Mémoire les motifs qui nous imposent la pénible nécessité de ne pas nous écarter de cette ligne de conduite. Nous vous supplierons de porter notre Mémoire aux pieds des Souveraios alliés. Dans Leur justice et dans Leur humanité, Ils en jugeront.,»

Votre Altesse Royale ne doute pas, j'espère, de tous les efforts que j'ai faits pour ramener cette députation à des opinions moins extrémes. Je lui ai fait le tableau le plus frappant des dangers majeurs auxquels des déterminations semblables exposaient et les provinces qui doi- ‘vent rentrer sous la domination Musulmane, et celles qui constitueront désormais le nouvel État Grec. L'un des membres de la députation, Monsieur Enjian, de Patradzick, me dit alors: « Votre Excellence donnera des ordres dans nos provinces; mais personne n’y obéira. Qu'auront nous gagné de consentir à des mesures dont l'exécution est impossible ?» Je lui ai repondu. «Pourquoi serait-elle impossible, si nous Offrons à nos eoneitoyens une patrie dans le territoire qui reste à la Grèce, et si nous leur donnous les moyens de s'y assurer une paisible et honorable existence?»

Je ne fatiguerai pas Votre Altesse de tous les détails de ce long entretien. Le fait est que les esprits se montent, et que ce ne sera pas chose aisée que de les calmer. J'ai fait tout ce qui pouvait dépendre de moi pour y réussir, et je le ferai encore, maïs je le répète à Votre Altesse, qu'Elle vienne Elle-même y contribuer, et j'aime à espérer qu'alors ma tâche deviendra moins difficile,

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