‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 108 sur 235 · XXVIII. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES LABYADES · texte numérisé non relu

XXVIII. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES LABYADES

$ 4. Le mot δάρατον — dont δαράτα n’est qu'une variante — désignait le pain sans levain (1); c'était un terme thessalien (2), nouvel indice de l'origine des Labyades. Il s'agit ici de gâteaux (ou peut-être d’une somme d'argent représentative de l'antique offrande en nature) que tout phratère doit offrir, soit lorsqu'il se marie (γάμελα), soit lorsqu'il lui naît un enfant (παιδήια) (3). La γαμηλία attique équivalait sans doute aux γάμελα delphiques (4), quoique Pollux (VIII, 107) en fasse une offrande de nubilité. Quant aux ἀπελλαῖΐα (de ἀπελλά, assemblée) il faut y voir, sembletil, des victimes (d'où l'emploi du verbe ἄγειν) amenées offertes à l'occasion de la majorité civique des fils des phratères, par conséquent l'équivalent du κούρειον altique (Pollux, ἐδὲά.). Α Athènes, comme à Delphes, il y avait une époque régulière pour l’introduction des nouveaux phratères (la fête des Apatouria).

La phratrie delphique se divise en groupes plus restreints appelés πατριαί (5). C'est la patrie qui vote d'abord sur l’acceptation de l'offrande, c'est-à-dire sur l'admission du nouveau phratère; en seconde et dernière instance, elle est prononcée par l'assemblée générale de la phratrie ($ 7). Α Athènes, où la πατριά n'existe pas, l'enfant noble est présenté d'abord aux γεννῆται, puis aux phratères (Isée, VII, 48); chez les Démotionides, le thiase statue en premier ressort, les phratères en appel.

δ 5. On voit qu’à Delphes comme à Rome, le magistrat en exer- cice ne peut être traduit en justice.

8 6. Le mot ἀμμόνιον est nouveau, mais l’étymologie est claire (ἀνά, μένω) et le sens paraît certain.

En haut de la face B il y a une lacune d'une longueur indéter-

(4) Hésychius ; Nicandre, ap. Athénée, III, 410 D.

(2) Séleucus, ap. Athénée, IIT, 114 B.

(3) ΠῚ semble que le mot δαράταν ait été inscrit ici par erreur; la phrase correcte eût été μήτε matôhiz μήτ᾽ ἀπελλχῖα.

(4) Γαμηλίαν τὴν τοῖς φράτορσιν ἐπὶ γάμοις διδομένην (Didyme ap. Harpocration 8. v.). Dans l'inscription des Démotionides, la γαμηλία paraît comprise dans le terme générique de μεῖον.

(5) On les a rencontrées aussi à Milet (Rev. de philol., XXI, 38 suiv.) et il ne semble pas qu'elles différent des πάτραι d'Égine (Pind., 1s£h., VI, 63), de Gortys (CIG., 1535), de Thasos (ib., 2161), de Camiros (Insc. Ins., I, 695), d'Olymos et de Labranda (Le Bas, n° 334) et d'autres lieux (Dicéarque ap. Steph. Byz., v. Πάτρα).

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minée; on ne voit donc pas bien si les 88 7-12 font partie du décret de l’archontat de Karpos ou d’un autre texte législatif. La même observation s'applique aux $$ 13-16.

ὃ 8. Le sens de cet article est obscur.

L'interprétation probable nous paraît être que le vote de la patrie (sur l'admission de l'offrande et par conséquent du candidat) est détinitif, sauf appel à l'assemblée générale des phratères; une seule réclamation suffit pour nécessiter la convocation de cette assemblée.

$ 9. Quelle est l'infraction visée par les mots « s'ils ne font pas selon l'écrit »? Non pas l'acceptation irrégulière des offrandes, puisque nous voyons plus loin ($ 44) que cette infraction est punie d'une amende de cinquante drachmes, et non dix. Il ne peut s'agir que du refus de convoquer l'assemblée générale (ὃ 8).

$ 11. Le sens de θέμα est douteux. θέμα βρωμάτων, chez les Septante, signifie une portion de viande; mais on n’a pas d'exemples anciens de cette acception. Dittenberger interprète : les prix proposés aux concours (de la ville).

8 13. L'état mutilé du texte ne permet pas de voir à qui incombe le choix des jurés; peut-être aux tages?

88. 17-19. Cette loi sur les funérailles doit être rapprochée des lois d'lulis (/nscr. jurid., I, 10 suiv.), de Solon, etc., sur le même sujet. La loi des Labyades remonte sans doute à la même époque que celle de Solon, comme l'indique l'intitulé archaïque (τεθμός). Il est remarquable que la cité delphique n'était pas intervenue dans le règlement de ces questions.

$ 17. À Delphes la mine (éginétique) se divise en 35 statères ou 10 drachmes ; le maximum de la dépense est donc une demimine. Ce chiffre ne comprend sans doute pas les éloffes composant la toilette du mort (Homolle).

Le mot φχωτός est inconnu; il paraît cependant synonyme de φαιός que nous avons vu dans la loi de Gambreion (/nscr. jur., I, p. 19).

8 19. Cf. Loi d'Iulis, 8 4 : τὸν θανόντα φέρεν καταχεχαλυμμένον σιωπῆι, etc. Le sens de θιγάνα est fixé par la glose d'Hésychius : θισάνα (sic) * χῶμα σωροειδές.

À Delphes, on le voit, on célébrait des cérémonies le 2° et le 105 jour des funérailles et le jour anniversaire; cette dernière

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