‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 117 sur 235 · XXIX. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES DÉMOTIONIDES · texte numérisé non relu

XXIX. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES DÉMOTIONIDES

Le mot οἶκος, que nous avons traduit par Maison, a reçu différentes interprétations et nous mettrons d'abord sous les yeux du lecteur les textes où il se rencontre.

À Athènes. — Ὁ Knpôxwv οἶχος (Dittenberger, Sylloge?, n° 587, 1. 24). Bâtiment sis à Éleusis, où se réunissent les membres du Ὑένος des Kéryces.

Démosthène, contre Macartatos, 1077, 19. — L'orateur exposant la parenté d'Hagnias rappelle qu'il était l'aîné des cinq fils de Bousélos qui parvinrent à l’âge d'homme, prirent femme et eurent tous des enfants et petits-enfants : xai ἐγένοντο πέντε ofxot ἐχ τοῦ Βουσέλου οἴχου ἑνὸς ὄντος, χαὶ χωρὶς ἕκαστος ᾧχει τὸν ἑαυτοῦ ἔχων, Le rapprochement du mot οἶχος et du verbe οἰχέω dans la même phrase montre que les deux significations d'habitation et de famille sont en quelque sorte inséparables. Il en est de même dans nombre d'expressions qui reviennent fréquemment dans les plaidoyers attiques : εἰσάγεσθαι υἱὸν εἰς τὸν olxov τοῦ δεινός (Démosthène, 1054, 14), μὴ ἐξερημωθῇ αὐτῶν ὁ οἶχος (1079, 84). L'idée de demeure et de foyer y est étroitement unie à l’idée de famille.

Isocrate, sur la Paix 88, rapproche le mot οἴχοι du mot γένη, mais il donne au premier le sens que nous attribuons aujourd'hui au mot fortune, res familiaris : va... γένη τῶν ἀνδρῶν τῶν ὀνομαστοτάτων καὶ τοὺς οἴκους τοὺς μεγίστους... ebphoomev.. ἀναστάτους γεγενημένους.

En dehors d'Athènes. — Égine. Pindare, Zsthm., VI, 63. Célébrant la victoire aux jeux isthmiques de l’Éginète Phylakidas, fils de Lampon, Pindare dit qu'elle honore τὰν Ψαλυχιδᾶν δὲ πάτραν... τόν τε θεμιστίου... olxov, et Wilamowitz rapproche les Ψαλυχίδαι des Δημοτιωνίδαι, la Maison de Thémistios de l'oïxoç des Décéliens.

Carthæa (dans 116 de Céos). — Ch. Michel, Recueil, πο" 403- 404. Décrets conférant le droit de cité à des étrangers et leur laissant le choix de la tribu et de l'oïxoc (4).

A ces textes qui nous éclairent peu il faut ajouter la liste des γένη athéniens dont le nom a la forme d’un ethnique ou d'un démotique.

(1) Le mot olxo a très probablement ici le sens du mot συγγένεια qu'on rencontre par exemple dans des décrets de Calymna (Ch. Michel, n° 419, I, 11 suiv. φυλὰν δὲ αὐτῶι ὑπάρχειν καὶ συγγένειαν),

Σαλαμίνιοι, — C. 7. À. IV, 2, 597 ἃ, p. 450 et Τύρον, Attische Genealogie, p. 287). Décret du γένος des Σαλαμίνιοι (τὸ γένος τὸ Σαλαμινίων, 1. 10) en l'honneur de bienfaiteurs. Fin du 1v° siècle avant J.-C.

Ἰκχαριεῖς, —(C. ZI. À., IV, 2, n° 572 c, p. 539). Décret du dème d'Icaria. On lit aux 1. 1 et suiv. : ... ἐψηφίσθαι ᾿Ικαριεῦσιν ...... dvetπεῖν..... ὅτι στεφανοῦσιν Ἰχαριεῖς Νίχωνα χαι ὁ δῆμος ὁ Ἰχαριέων τὸν δήμαρχον κ. τ. À.

Κηφισιεῖς, — (Hésychius 5. v. : γένος ἰθαγενῶν). .

À cette liste on a joint les Δεκελειεῖς (1) en se fondant sur un texte d'Hérodote (IX, 73). Terminant le récit de la bataille de Plalées, Hérodote s'exprime ainsi : ᾿Αθηναίων δὲ λέγεται εὐδοχιμῆσαι Σωφάνης ὁ Εὐτυχίδεω, δήμου Δεκελειῆθεν, Δεκελέων δὲ τῶν κοτε ἐργασαμένων ἔργον χρήσιμον. Le mot δήμου qui fait pléonasme, dit-on, n'a été ajouté par l'écrivain que pour mieux marquer l'opposition entre le dème de Décélie et le γένος des Décéliens auquel appartenait aussi Sophanès. Mais, outre que l'emploi pléonastique du mot δήμου est fréquent dans la prose attique, il nous semble que les mots Δεχελέων δέ ne s'opposent pas nécessairement au mot δήμου ; ils peuvent en être le développement et la particule δέ, au lieu de marquer une opposition, introduirait simplement un fait nouveau étranger au récit. Nous n'avons donc pas à tenir compte du texte d'Hérodote.

Des autres on a tiré deux définitions différentes : la Maison des Décéliens est un γένος, disent les uns (2); c’est, disent les autres, un groupe formé de ceux des Démotionides qui sont démotes de Décélie (3).

Pour les uns le γένος des Décéliens est en quelque sorte le noyau de la phratrie des Démotionides; c’en est l'élément le plus ancien, le plus vénérable par les traditions dont il a la garde, par les privilèges dont il jouit encore au commencement du 1v° siècle. Ne peut-on pas appliquer aux Décéliens ce que le lexique de Patmos

(1) Tôpffer, Aétische Genealogie, Ὁ. 298.

(2) Tôpffer, op. loc. cit. et Kæhler, ad Ὁ. I. 4., Il, n, p. 536.

(3) R. Schoell, Sifzungsberichte de l'Académie de Bavière, 1889, 11, p. 21. — Wilamowitz, Aristoteles und Athen, 11, pp. 266 et 219, — Dittenberger, Sylloge?, n° 439, note 26.

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