XXIX. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES DÉMOTIONIDES
dit des γεννῆται : Τοὺς éyyozpomévouc εἰς τοὺς φράτορας διαχρίνοντες χαὶ δοχιμάζοντες εἰ πολῖταί εἰσιν ἢ ξένοι ἐδέχοντο À ἀπέδαλλον (4). |
Les autres se montrent surpris du mot οἶκος et insistent sur les rapports étroits qui lient la « Maison » des Décéliens au dème des Décéliens. Le dème de Décélie est à la fois le centre du dème et de la phratrie; tous les membres de la Maison des Décéliens sont, comme le prêtre de Zeus Phratrios, des démotes de Décélie. Les privilèges dont jouit la Maison, elle les tient, non du fait d'une illustre descendance, mais simplement du fait de sa résidence.
Nous ne nous prononcerons pas entre les deux définitions que nous venons d'exposer et nous nous bornerons à l'observation suivante : quelque définition qu’on accepte, quelles que soient les origines de la Maison des Décéliens, quels que soient ses titres, elle jouit dans la phratrie des Démotionides d'une situation privilégiée, qui n’a d'égale que celle dont jouissent certains γένη dans d’autres phratries.
Le décret d'Hiéroclès porta une première atteinte à ces privilèges en instituant une procédure d'appel (δ 3). Ce paragraphe a donné lieu à de longues discussions et l'interprétation que nous avons rapidement exposée plus haut n'est pas acceptée par tous.
Selon certains savants, le ἃ 3 doit être rapproché du $ 1 qu’il complète et qu'il corrige (2). Vote d'admission ($ 1) et procédure d'appel ($ 3) sont extraordinaires et se rapportent l’un et l’autre à l’année 396/5. Bien plus, l'appel a lieu devant [68 Démotionides,
c'est-à-dire devant ceux qui ont rendu le premier vote. = Nous avons admis au contraire que l’exposition de la procédure ordinaire, applicable à partir de l'archontat de Phormion, commenfait au ἃ 2 et qu'elle était suffisamment annoncée par
(4) Bull. de Corr. hellén., 1 (1877), p. 152. L'importance donnée à ce texte semble singulièrement atténuée par le passage du plaidoyer contre Euboulidès (1305, 23), auquel renvoie le scholiaste : Κάλει δέ μοι καὶ τοὺς φράτορας καὶ τοὺς γεννήτας. Nous conclurons simplement de ce passage qu'il y avait des γεννῖ,ιται dans la phratrie d'Euxithéos et qu'ils prenaient part au vote comme les autres phratères. voy. plus loin, p. 224, ἢ. 3.
(2) C'est l'avis de Schoell (art. cité, p. 8) et de Lipsius (Leipziger Sludien, XVI (1894), pe 166).
les mots τὸ λοιπόν. En second lieu, nous avons refusé d'admettre que l'appel fût porté devant les juges de première instance. Un second vote n'est pas un appel ; or, l'inscription se sert du verbe ἐφεῖναι (L. 30) et l'appel (ἔφεσις) implique des juges différents du premier tribunal, d'ordinaire en plus grand nombre. C'est la règle constante du droit atlique et, pour ne citer que deux exemples empruntés à un dème et à une phratrie, le démarque de Myrrhinonte condamné en premier ressort par une commission de dix démotes peut en appeler à l'ensemble des démotes, — le Démotionide exclu par ses thiasotes pourra dans la suite en appeler à tous les phratères (1). Puisque, dans la procédure instituée par Hiéroclès, on en appelle aux Démotionides, c'est-à-dire à l'ensemble des phratères, il reste que le premier vote n'a pas été rendu par eux, mais par la Maison des Décéliens. Le sujet du verbe ἀποψηφίσωνται, dans la phrase ἐάν... τις βόληται ἐφεῖναι ἐς Δημοτιωνίδας ὧν ἂν ἀποψηφίσωνται, n'est pas οἱ Δημοτιωνίδαι, mais ὁ Δεχε-λειῶν οἴχος qui se trouve dans la phrase suivante. Aussi bien pourquoi la Maison des Décéliens est-elle chargée d'élire et de fournir les cinq commissaires qui défendront devant l'assemblée d'appel le jugement rendu en premier ressort, si ce n’est parce qu'elle est particulièrement intéressée à ce jugement, parce qu'elle a été seule à le rendre ?
Il faut remarquer qu'en organisant la procédure d'appel qu’il introduisait dans la phratrie des Démotionides, Hiéroclès s’est probablement inspiré de la loi qui régissait les dèmes. Aristote nous apprend que le jeune homme qui réclamait de l'assemblée du dème son inscription sur le ληξιαρχικὸν γραμματεῖον devait prouver : 4° qu'il avait atteint l’âge de dix-huit ans ; 2° qu'il était de condition libre ; 3° né en légitime mariage. Si l'assemblée se décidait contre l'admission, il y avait appel au tribunal populaire et les démotes déléguaient cinq κατήγοροι pour défendre leur jugement (2). Les délégués de la Maison des Décéliens sont également au nombre de cinq et, bien que leur titre soit un peu diffé-
(1) Décret de Myrrhinonte, C. I. A., IT, n° 518, 1. 20. — $ 11 de notre inscription.
(2) ’Aënv. πολ. 42, 1. Cf. Ch. Michel, n° 455, décret du dème d'Épiképhisia en l'honneur de κατήγοροι élus par les démotes,