‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 14 sur 235 · XXI. LOI DE DRACON SUR LE MEURTRE · texte numérisé non relu

XXI. LOI DE DRACON SUR LE MEURTRE

tion des meurtres en meurtres volontaires et involontaires ; pour ces derniers, qu’il punit de l'exil, il a admis et réglé la procédure de la transaction, qui devait éteindre les poursuites et les haines. Il a, de plus, reconnu toute une catégorie de meurtres excusables. Enfin, il a mis sur la même ligne le meurtrier de l’esclave et celui de l’homme libre. S'il faut admettre qu’à l’origine, comme le dit l'orateur athénien Lycurgue (1), le législateur ne connaissait qu'une peine, la mort, on voit quel progrès considérable réalisait, dès la fin du vue siècle, la loi de Dracon. Et pourtant, à travers les siècles, elle a gardé intacte une réputation de sévérité et de cruauté : Dracon, disait-on, dès l'antiquité, n'avait pas écrit ses lois avec de l'encre, mais avec du sang (2) ! Dracon ne connaissait presque qu'une peine, la mort (3). Il faut écarter ces légendes que perpétue dans notre langue l'emploi de l'adjectif draconien. Elles n'ont pas de fondement et peut-être ne doiventelles leur existence qu'à un contre-sens : au lieu de rester « les lois sur le meurtre », les govixot νόμοι sont devenues les lois « sanguinaires » de Dracon!

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