DEUXIÈME PARTIE
Les lois de Dracon sur le meurtre furent maintenues par Solon (4) et, s’il faut en croire les orateurs, elles étaient encore
(1) Contre Léocrate, 65... ὁμοίως ἐπὶ πᾶσι καὶ τοῖς ἐλαχίστοις παρανομήμασι θάνατον ὥρισαν εἶναι τὴν ζημίαν. Cf. Stobée, Floril., 46, 41.
(2) Le mot est de l’orateur athénien Démade, cité par Plutarque, Vie de Solon, 11.
(3) Plutarque, ibid. Μία γὰρ ὀλίγου δεῖν ἅπασιν ὥριστο τοῖς ἁμαρτάνουσι ζημία θάνατος, ὥστε χαὶ τοὺς ἀργίας ἁλόντας ἀποθνήσκειν καὶ τοὺς λάχανα κλέψαντας À ὁκώραν ὁμοίως κολάζεσθαι τοῖς ἱεροσύλοις καὶ ἀνδροφόνοις. Nous savons pourtant par Pollux (IX, 61) que la loi de Dracon infligeait des amendes de vingt bœufs.
Démosthène dit plus justement, en parlant des lois sur le meurtre :.. of ταῦτ᾽ ἐξ ἀρ ἧς τὰ νόμιμα διαθέντες, οἵτινές ποτ᾽ Ἦσαν, εἴθ᾽ ἥρωες εἴτε θεοί, οὐκ ἐπέ-θεντο τοῖς ἀτυχήμασιν, ἀλλ᾽ ἀνθρωπίνως ἐπεκούφιδαν, εἰς ὅσον εἶχε καλῶς, τὰς συμφοράς. Contre Aristocrate, 643, 10.
(4) Aristote, Constitution d'Athènes, 1. Cela ne veut pas dire, comme on l'a cru souvent, que Solon les ait reproduites sur ses propres tables. Voy. plus haut, p. 9.
en vigueur au 1v° siècle avant notre ère. C'est, en effet, un lieu commun pour les orateurs que l'éloge de ces lois vénérables, « les plus anciennes de cette contrée », « auxquelles nul n'a jamais osé toucher (4) ». Démosthène, qui n'a pas manqué de le développer dans le plaidoyer contre Aristocrate (2), a eu l'occasion d'y citer presque toutes les lois sur le meurtre qui étaient en vigueur de son temps, et l'étude rapide de quelques uns de ces textes nous apprendra si vraiment nul n’a osé toucher aux lois de Dracon. |
Il attribue à Dracon la loi suivante sur le meurtre prémédité (contre Aristocrate, 627, 22).
Διχάζειν δὲ τὴν βουλὴν τὴν ἐν Le sénat de l'Aréopage con- ᾿Αρείῳ πάγῳ φόνου καὶ τραύματος naltra du meurtre et des blesἐχ προνοίας καὶ πυρκαϊᾶς - χαὶ φαρ- sures prémédités, de l'incendie μάχων, ἐάν τις ἀποχτείνῃ δούς. et de l’empoisonnement dans
le cas où le poison aura donné la mort.
Mais Plutarque nous apprend que l'Aréopage n'était pas une fois nommé dans les lois de Dracon sur le meurtre, et il ajoute que ce fait semble donner raison aux historiens qui attribuaient à Solon l'institution de l’Aréopage (3). Ces historiens se trompaient. Dirons-nous, pour expliquer leur erreur, qu'ils ne connaissaient des lois de Dracon sur le meurtre que celles qui sont inscrites sur notre stèle et où l'Aréopage n’est pas nommé ? Mais
(4) Antiphon, sur le meurtre d'Hérode, 14. Καίτοι τούς γε νόμους οἵ κεῖνται περὶ τῶν τοιούτων (τῶν φονιχῶν), πάντας ἄν οἶμαι ὁμολογῆσαι κάλλιστα νόμων ἁπάντων κεῖσθαι καὶ ὁσιώτατα. Ὑπάρχει μέν γε αὐτοῖς ἀρχαιοτάτοις εἶναι ἐν τὸ γῇ ταύτῃ, ἔπειτα τοὺς αὐτοὺς ἀεὶ περὶ τῶν αὐτῶν, ὅπερ μέγιστόν ἐστι σημεῖον νόμων καλῶς κειμένων..... 15. Οὕτως οἵ γε νόμοι κάλλιστα κεῖνται οἱ περὶ φόνου, οὖς οὐδεὶς πώποτε ἐτόλμησε KV TEL.
(2) L'éloge de l'Aréopage, gardien au 1v° siècle des lois sur le meurtre, est inséparable de l'éloge de ces lois. Démosthène, contre Arislocrate, 641, 65 et suiv.
(3) Vie de Solon, 19. Οἱ μὲν οὖν πλεῖστοι τὴν ἐξ ᾿Αρείου πάγου βουλὴν... Σόλωνα συστήσασθαί φασι “ xal μαρτυρεῖν αὐτοῖς δοκεῖ μάλιστα τὸ μηδαμοῦ τὸν Δράκοντα λέγειν μηδ᾽ ὀνομάζειν ᾿Αρεοπαγίτας, ἀλλὰ τοῖς ἐφέταις ἀεὶ διαλέγεσθαι περὶ τῶν φονιχῶν.