XXX. ACTES D’'AFFRANCHISSEMENT
Delphes. 2317.
ἀπέδοτο Δαμόστρατος — τῶι ᾿Απόλλωνι τῶι Πυθίωι σῶμα yuvarxetov & ὄνομα Νίχαρχις, τιμᾶς ἀργυρίου μνᾶν τριῶν, ἂν (ou ἄν ἢ) ἔλαδε ἐκ τοῦ ἐράνου τοῦ Κλεοδάμου, χαὶ τὰν τιμὰν ἀπέχει πᾶσαν. Καταφειράτω δὲ τὸν ἔρανον Νίκαρχις ἕως οὗ κα τέλος λάδῃ " εἰ δὲ μὴ καταφείραι, à τε ὠνὰ ἄχυρος ἔστω καὶ δουλευέτω Νίκαρχις ᾿Αριστοτέλει (le fils du manumissor) * εἰ δὲ καταφείραι τὸν ἔρανον Νίχαοχις ἀνέγκλητος͵ ἕως οὗ κα τέλος λάδῃ ὁ ἔρανος, ἔστω Νίκαρχις ἐλευθέρα, etc.
« Ὀειηοβίγδίοβ ἃ vendu à Apollon Pythien une femme appelée Nicarchis, au prix de 3 mines d’argent que (le dieu) a empruntées à l’érane de Cléodamos; il reconnaît avoir reçu le prix entier. Nicarchis remboursera l’érane jusqu'à ce qu'il soit éteint ; sinon, la vente sera sans effet et Nicarchis sera esclave d’Aristote. Si Nicarchis rembourse l'érane sans reproche jusqu’à ce qu'il s'éteigne, elle sera libre. »
Chéronée Ὁ. 7. G. S., 3316 (suprà n°).
ἐξενεγκάτω δὲ Σώσων (l’affranchi) τὸν ἔρανον, ὃν συνάγαγε θέων ἐμ Φανατεῖ͵ τὸ ὑπὲρ θέωνος ὄνομα, ἕως ἂν τέλος λάδῃ ὁ ἔρανος.
« Soson remboursera l'érane, qu’a réuni Théon à Phanatée, la portion de l’érane qui est au nom de Théon, jusqu à ce que l'érane soit éteint. »
Même en complétant ces textes par les indications des orateurs de l’époque attique, qui mentionnent souvent l’eranos (1), il reste encore beaucoup d’obscurités.
L'eranos est un prêt d'amitié, c’est-à-dire sans intérêt, gratuit, δωρεάν (Démosthène, Couronne, 312; C. Micostratos, 9) : c’est là son caractère distinctif, qui le sépare du prêt à intérêt, δάνειον, duquel il est souvent rapproché. L'éranos est un service, 16 δάνειον est une affaire.
Ce prêt peut n'émaner que d'une seule personne (C. Wicostraos, 8), mais en général il est consenti par plusieurs, qui réunissent leurs facullés pour obliger un ami.
(1) Voir Th. Reinach, art. Eranos, dans le Dictionnaire des Antiquités ; Ziebarth, Das griechische Vereinswesen, p. 15 suiv.
Pour exprimer la notion de « réunir un érane » les auteurs ont diverses expressions : αἰτεῖν (Lucien, Z'imon 45), ἐρανίζειν ou mieux ἐρανίζεσθαι φίλους, Les inscriptions n'en connaissent que deux : συνάγειν ἔρανον (Chéronée ; Delphes, 1772, 1791, 1878), ou συλλέγειν (Myconos, Amorgos (1). L'érane est désigné par la formule ἔρανος ὃν συνέλεξεν (συνᾶξεν) ὁ δεῖνα ou simplement ἔρανος τοῦ δεῖνα.
L'érane ἃ le plus souvent un seul titulaire ; il peut en avoir deux, ainsi au n° 4791 : τὸν ἔρανον τὸν συνᾶξαν ᾿Αθαμῦος xai Εὐαγόρας. Parfois le titulaire principal qui donne son nom à l’érane a un sous-participant qui est engagé pour une partie du capital. Tel est à notre avis le cas de Callistagoras (Myconos), de Calliclès (1754), d'Archélaos, fils de Thébagoras (1772), de Callixénos (1878), d'Amyntas (1791), de Philocratès (1909). A Chéronée Théon a aussi un sous-partlicipant.
Participer à un érane en qualité de bailleur de fonds se dit εἰσφέρειν ἔρανον où εἰς ἔρανον (Théophraste, XV, XVII, XXIII). Les bailleurs de fonds sont dits rAnpural (Hypéride, C. Athénog. 7; 9). Aucun de ces termes ne se rencontre dans les inscriptions.
Le capital de l'érane peut être divisé en partis égales, dans le cas de l'inscription de Myconos elles sont de 500 dr. chacune, d'où la désignation de ἔρανος πενταχοσιόδραχμος. D'autres fois, on désigne l'érane par le chiffre total du capital : εἰχοσιμνῶς (Lysias, fr. 49), τριαχονταμναῖος (1772), τετταραχονταμναῖος (1878), διτάλαντος (Démosthène, Couronne, 312).
Le capital de l’érane est remboursable. Il constitue une dette, ὄφλημα (Isée, Succ. de Hagnias, 43), transmissible aux héritiers entre lesquels elle se divise (1909); le recouvrement de cetle dette, contrairement aux idées de Platon, peut être poursuivi par les voies de droit (εἰσπεπραγμένα, Isée, loc. cit.; συνεισπράξειν τὸν ἔρανον, Myconos) et le bénéfice en est cessible (Myconos). Mais, et c'est ici une particularité du système, le remboursement esl toujours ou presque toujours échelonné sur un certain nombre d'années; il s'opère par annuités. Ces remboursements partiels s'appellent φοραί (Lysias, fr. 4), ἐσφοραί (Myconos), καταδολαί (1754). Ils sont ordinairement annuels; dans un cas, ils ont lieu tous les quatre mois (1791). Acquitter un terme se dit φέρειν, ἐσφέρειν εἰς
(1) De même Démosthène, C. Midias, 21 ; C. Néère, 31 ; Théophraste, XXII, 9.