XXXVI. EXPROPRIATION
les femmes de la ville. Une souscription fut en effet ouverte parmi les Tanagréennes et un second décret autorise l'inscription, sur la stèle, de la liste de celles qui ont souscrit.
Les textes relatifs ἃ l'expropriation pour cause d'utilité publique sont encore très peu nombreux en Grèce. Le plus anciennement connu figure dans la première série de ce Recueil. Le contrat relatif à une entreprise de dessèchement de marais, conclu entre la ville d'Érétrie et Chæréphanès, prévoit des expropriations et en fixe le tarif. Le 8 6 (1, p. 146) est ainsi conçu :
[Καὶ ἐξέστω δὲ Χαιρεφάνει καὶ] ἐν τοῖς ἰδ[:Ἰωτικοῖς χωρίοις ppeatia[s] ποεῖν τῶ[τ ὑπονόμωι, ἀλλὰ ταύτας μὴ ποείτω πλὴν διὰ τοῦ χωρί]ου οὔπερ καὶ πρότερον τὴν τιμὴν δῷ, Κατὰ δὲ τὴν λίμίνην, ἐάν του χωρίου δέηται, λογισάμενος μίαν δραχμ]ὴν τοῦ ποδός, τοῦτο ἀποτεισάτω Χαιρεφάνης [ὅτα]ν ἐϊξαγάγει τὴν λίμνην.
« Chæréphanès aura le droit de creuser des puits pour le conduit souterrain même dans les terrains appartenant à des particuliers, mais il ne les creusera pas avant d'en avoir payé le prix. À la hauteur du marais, s’il a besoin de quelque terrain avoisinant, il le paiera au taux d'une drachme le pied, après qu'il aura effectué la dérivation. »
La ville s'est donc bornée à fixer un tarif uniforme : ni jury, ni débats ; le propriétaire que Chæréphanès a décidé d'exproprier n'a qu'à vérifier le compte des pieds de terre qui doivent être cédés. Il faut cependant reconnaître que le tarif lui est très favorable : une drachme, ou même une demi-drachme par pied, si l'on restitue ἣ μίσειαν δραχμήν au lieu de μίαν δραχμήν, est un prix avantageux (1).
(1) Sur la date du contrat de Chæréphanès, voy. Rev. des ét. gr., X (1897), p. 164.
Nous retrouvons des estimaleurs {(τιμηταῦ)͵ dans un texte athénien qui nous ἃ été transmis par Aristote, au chapitre 39 de la Πολιτεία ᾿Αθηναίων. et qui n’est autre que la convention conclue en 403 entre les partisans des Trente et les démocrates, lors du rélablissement de la démocratie. Bien qu'un seul paragraphe (raite de l'expropriation, nous croyons utile de traduire toute la première partie de cette convention; elle nous permet de juger de l'état d'Athènes au lendemain du renversement des Trente et ce tableau doit être rapproché de celui que nous a fourni le décret de Mytilène.
(1) Nous suivons le texte donné dans la derniére édition de F. G. Kenyon, Berlin, 1903.