‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 34 sur 235 · XXII. LOI D'ILION CONTRE LES TYRANS · texte numérisé non relu

XXII. LOI D'ILION CONTRE LES TYRANS

avant l'édition nouvelle des lois de Dracon, l’orateur Démophantos, l'un des commissaires (συγγραφῆς) nommés au lendemain du rétablissement de la démocratie pour reviser les lois, présenta à l'approbation du Conseil et du peuple et fit voter le décret-loi dont nous donnons ci-dessous le texte et la traduction (1). La stèle sur laquelle il avait été gravé et qui était exposée devant le lieu des séances du Conseil n’a pas été retrouvée, mais Andocide l’a cité en entier (2).

[NOMOS] (3).

Ἔδοξεν τῇ βουλῇ καὶ τῷ δήμῳ. Aiavric ἐπρυτάνευε, Κλεογένης éypauuéτευε, Βοηθὸς ἐπεστάτει. Τάδε Δημόφαντος συνέγραψεν, ἔλρχει χρόνος τοῦδε τοῦ ψηφίσματος ἡ βουλὴ οἱ πεντακόσιοι οἱ λαχόντες τῷ χυάμῳ ὅτε Κλεογένης πρῶτος ἐγραμμάτευεν.

(8 1). Ἐάν τις δημοχρατίαν χαταλύῃ τὴν ᾿Αθήνησιν, À ἀρχήν τινα ἄρχῃ χαταλελυμένης τῆς δημοχρατίας, πολέμιος ἔστω ᾿Αθηναίων xai νηποινεὶ τεθνάτω (4), καὶ τὰ χρήματα αὐτοῦ δημόσια ἔστω, χαὶ τῆς θεοῦ τὸ ἐπιδέκατον * ὁ δὲ ἀποχτείνας τὸν ταῦτα ποιήσαντα καὶ ὁ συμβουλεύσας ὅσιος ἔστω καὶ εὐαγής.

(1) Sur les circonstances dans lesquelles fut présenté ce décret, voy. G. Gilbert, Beitræge zur innern Geschichte Athens im Zeitalter des Peloponnesischen Krieges, p. 340.

(2) Andocide, sur les Mystères, 96-98.

(3) Ce titre, νόμος, a été donné par le copiste, qui l'a emprunté à l’orateur lui-même. Andocide dit, en effet, au ἃ 95 : ὁ δὲ νόμος τί κελεύει ὃς ἐν τῇ στήλῃ ἔμπροσθέν ἐστι τοῦ βουλευτηρίου. Le titre exact serait ξυγγραφή ou ξυγγραφαί (Τάδε Δημόφαντος ξυνέγραψεν). Sur le sens de ce mot, voy. Foucart, Bull. Corr. hell., IV (1880), p. 218.

(4) Ces deux expressions sont ainsi rapprochées dans un décret d'Amphipolis contre Philon et Stratoclès et leurs enfants... χαὶ fu ποὺ ἀλίσχωνται πάσχειν αὐτὸς ὡς πολεμίος al νηποινεὶ τεθνάναι (Cauer, Delectus 3, no 551). L'inscription est de la seconde moitié du rv° siécle.

(5) Dobree avait proposé de lire ἐάν τις «ἐπὶ τῷ» τυραννεῖν ἐπαναστῇ et cette correction est admise par 1. M. Stahl, Rheinisches Museum, 46, p. 614

Καὶ ἐάν τις ἄλλος ἀποχτείνῃ (1), ὅσιον αὐτὸν νομιῶ εἶναι καὶ πρὸς θεῶν χαὶ δαιμόνων, ὡς πολέμιον χτείναντα τῶν ᾿Αθηναίων, xai τὰ χτήματα τοῦ ἀποθανόντος πάντα ἀποδόμενος ἀποδώσω τὰ ἡμίσεα τῷ ἀποχτείναντι, καὶ οὐχ ἀποστερήσω οὐδέν. Ἐὰν δέ τις χτείνων τινὰ τούτων ἀποθάνῃ À ἐπιχειρῶν, εὖ ποιήσω αὐτόν τε χαὶ τοὺς παῖδας τοὺς ἐχείνου καθάπερ ᾿Αρμόδιόν τε καὶ ᾿Αριστογείτονα καὶ τοὺς ἀπογόνους αὐτῶν.

« Décision du Conseil et du peuple. La tribu Æantide était prytane, Cléogénès était secrétaire, Boéthos était épistate.

Proposition du commissaire Démophantos.

Date de l'entrée en vigueur de ce décret : l'entrée en charge du Conseil des Cinq-Cents désigné par le sort, qui a eu Cléogénès pour premier secrétaire.

8 4. — Quiconque entreprend de renverser la démocratie athénienne ou remplit quelque fonction après le renversement de la démocratie, sera ennemi des Athéniens et pourra être tué impunément; ses biens seront confisqués et la dîme en sera consacrée à la déesse.

Le meurtrier de l’homme qui aura commis ce crime et celui qui aura conseillé le meurtre seront purs et sans souillure.

δ 2. — Tous les Athéniens, groupés par tribus et par dèmes, s'engageront, par serment prononcé sur les chairs de victimes adultes, à tuer celui qui aura commis ce crime. Formule du serment :

a Je tuerai par ma parole, mon acte, mon vote et, si je le puis, de ma propre main, celui qui entreprendra de renverser la démocratie athénienne, celui qui remplira quelque fonction après le renversement de la démocratie, celui qui se lèvera pour être tyran ou celui qui aura aidé à établir le tyran.

(Zum Psephisma des Demophantos). La loi du vi siècle, citée par Aristote, nous montre qu'il ne faut rien changer au texte de Démophantos.

(1) Stahl (art. cité, p. 614) propose d'ajouter après ἀποχτείνῃ « À συμδουλεύσῃ χτεῖναι»». Il se fonde sur la fin de notre 81 : ὃ δὲ ἀποκτείνας... χαὶ ὃ συμθουλεύσας.

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