‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 46 sur 235 · XXII. TESTAMENTS ORDINAIRES · texte numérisé non relu

XXII. TESTAMENTS ORDINAIRES

Un autre exemple est le fragment de testament trouvé à Élatée (4). Ce testament, qui commençait par la formule euphémistique εἴη μέν μοι... renfermait ensuite (1. 2) une disposition, probablement un legs universel, en faveur de la veuve du testateur (μου γυναῖκα Θεοφίλην...). À la 1. 7 commence l'énoncé du legs en faveur de la ville, legs dont nous ignorons la consistance, mais qui devait être assez considérable pour que sur le produit du fonds légué on pôt célébrer une fête périodique accompagnée du sacrifice d'un taureau, auprès du monument du défunt, et d'un banquet. Les dernières lignes semblent contenir un affranchissement (2).

E. Donation à cause de mort d’Aristodamas de Corcyre.

Ce document, malheureusement mutilé, paraît renfermer à la fois une donation immédiate, qui porte sur les δεχάται Bayy:ôäv(?), rente ou dîime foncière (?), dont nous n'essaierons pas de deviner la nature, et une donation à cause de mort, qui porte sur une terre.

Le caractère de cette dernière donation est indiqué par les mots αἴ χά (τι) πάσχη. La donation à cause de mort a été de tout temps pratiquée par les Grecs; les jurisconsultes romains en trouvaient un exemple dans la donation que Télémaque fait à Pirée dans l'Odyssée (XVII, 18) (3). Le testament d'Épicure n'est que la confirmation d'une donation à cause de mort faite par lui antérieurement et enregistrée au Métrôon (4).

Comme le mot διδόναι se dit tout aussi bien d'un legs que

τ τῶν Τει]ρηνῶν κατοιχία yphloiv? νομῆς καὶ καρπ[ε]ίας ἀγρο[ῦ καλουμ]ένου... [ἵνα οἱ χω]μῆται χρῶνται καὶ χα[ρπῶν)ται αὐτῶ σὺν τοῖς πρ[οσγενομέν]οις ἐλεῶσιν (= ἐλαιῶσιν) καλουμέίνω τόπω]... (suit la désignation des lieux), πρὸς τὸ εὐω[χ εἶσθαι) αὐτοὺς καθ’ ἕκαστο[ν ἕτος τ] γενεθλίω ἡμέρα το[ὕ χυρίο]υ ἡμῶν αὐτοχράτορος [Καίσα]ρος, μένοντος αὐτοῦ (sic) [ἀνεξ]αλλοτριώτου, etc.

(1) Paris, Bull. Corr. hell., Χ (1886), p. 381 (n° 18) — Élalée, inscription no 31. ἀγωνοθέτης καὶ οἱ ἀπὸ γυμνασίου... εἷς μὲν τὸν ἀγῶνα mal τὴν τοῦ ταύρου [θυσίαν χαὶ] τὴν εὐωχίαν * μὴ ἐχδιδομένου ἀγῶνος...

(3) Marcianus, 1. 1. Dig., De mortis causa donationibus, XXXIX, 6. Justinien, Inst., II, 1.

(4) Diog. X, 16 : Κατὰ τάδε δίδωμι τὰ ἐμαυτοῦ πάντα ᾿Αμυνομάχῳ... καὶ Τιμοκράτει... χατὰ τὴν ἐν τῷ Μητρῴῳ ἀναγεγραμμένην ἑκατέρῳ δόσιν...

d'une donation (voir notre n° XXIII, A), on pourrait, à la rigueur, voir ici un legs; toutefois, la donation entre vifs qui précède et le fait que le disposant et le bénéficiaire fournissent chacun un témoin prouvent le caractère contractuel de l'acte. Si, cependant, nous l'avons rangé parmi les testaments, c'est que la donation à cause de mort, considérée dans son essence, se rapproche plus du legs que de la donation entre vifs : dans un droit non formaliste, comme le droit grec, la seule différence entre les deux actes c'est que la donation mortis causa, comme toutes les donations, est irrévocable (1).

(4) On trouvera dans Schulin, op. cif., p. 49-50, une liste, certainement incomplète, des mentions de testament qu'on rencontre dans les inscriptions. Nous reproduisons cette liste sans commentaire : a) Époque grecque, C. I. G., 1997 (Macédoine), 2264 (Amorgos), 3631 (Ilion), 3142 et 3394 (Smyrne), 2690 (Iasos), 3847 p (Synaos), 3953 ὁ (Trapezopolis), 4303 À (Andriaké) ; Cauer, {re éd., n° 123 (Érésos); δ) Époque romaine, C. I. G., n° 4155, 2144, 2741, 21741, 2840, 2960, 3192, 3922, 4274, 4276, 4611.

Fondations testamentaires.

Théra (tles Cyclades). Vers l'an 200 (suivant Homolle : entre 210 et 195 avant 3.-C.). Marbre transporté en Crète, puis à Venise, enfin à Vérone, où il est aujourd'hui emmuré dans le Museo lapidario (Maffeiano).

Première édition, par Gruter et par Maffei, Museum Veronense (1749).

Bœckbh, C. I. G., Il, n° 2448; Cauer, Delectus (2 6d.), n° 148; Schulin, Das griechische Testament verglichen mit dem rômischen, Bâle, 1882, p. ἀξ suiv.; surtout 5. Ricci, dans Monumenti antichi. dei Lincei…., 11 (1893), p. 69 suiv. Cf. R. Dareste, Testament d’Epictéta, notice et traduction française (Nouvelle Revue historique du droit français el étranger, 1882, p. 249 suiv.); B. Keil, Zum Testament der Epiklela, dans Hermes, XXIII (1888), p. 289 suiv.; Homolle, dans ᾿Εφημερὶς ἀρχαιολογική, 1894, p. 141 (détermination de la date).

᾿Ανδραγόρας Φοίνικος, ᾿Ἐπιχτήτα l'p[{]vvou, Κρατ[η]σίλοχος Φοίνιχος...

4 (ον.1. (8 1) Ἐπὶ ἐφόρων τῶν σὺν Φοιδοτέλει τάδε διέθετο νοοῦσα καὶ φρονοῦσα Ἐπικτήτα Γρίννου μετὰ xuplou Ὑπερείδους τοῦ Θρασυλέοντος, συνευαρεστούσας xai τᾶς θυγα-

10 τὸ μουσεῖον ὑπὲρ τοῦ μεταλλαχότος ἁμῶν υἱοῦ Κρατησιλόχου xai ἀγαγόντος τὰ ζῷα καὶ τὸς ἀνδριάντας ἑαυτοῦ τε καὶ Κρατησιλόχου καὶ τὰ ἧρῷα καὶ ἐνευξαμένου ὥστε κατασχευάξαι με τὸ μουσεῖον καὶ θέμεν τάς

20 θέμεν καὶ ὑπὲρ αὐτοῦ, ὡς χαὶ ὑπὲρ τοῦ πατρὸς καὶ τοῦ ἀδελφοῦ, τόν τε ἀνδριάντα xai τὸ ἧρῷον καὶ συναγαγὲν χοινὸν ἀνδρείου τῶν συγγενῶν χαὶ δόμεν τῷ χοινῷ τοῦ ἀνδρείου δραχμὰς τρισχιλίας πόθοδον, ἀφ᾽ οὗ συναχθη-

29 σοῦντι " ἐπιτετελεκεῖα οὖν καὶ ἑσταχεῖα πάντα «at τὰς ἐχείνων ἐντολὰς χαὶ τὸ κοινεῖς ν»»ὃν (1) συναγαγοχεῖα τῶν συγγενῶν, ὧν καὶ τὰ ὀνόματα ὑπογέγραπται, ὥστε συνάγεσθαι τὸ χοινὸν ἐν τῷ μουσείῳ, δίδωμι δραχμὰς τρισχι-

90 λίας τῷ προδεδηλωμένῳ χοινῷ τοῦ ἀνδρεί-ou τῶν συγγενῶν, ὥστε ὀφείλεσθαι αὐτὰς ἐπὶ τοῖς ὑπάρχουσί μοι αὐτοχτήτοις χωρίοις τοῖφ

(1) Gefte forme (notveïov) se retrouve ἐπῆγα, IV 99:

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