‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 75 sur 235 · XXV. DONATIONS ENTRE VIFS · texte numérisé non relu

XXV. DONATIONS ENTRE VIFS

cours du mois Herméon (1), ils seront de service pendant deux jours et fourniront au prêtre toutes les choses prescrites pour les sacrifices.

$ 7. — Le premier jour, il sacrifiera à la Bonne Fortune du père et de la mère de Posidonios un bélier, au Bon génie de Posidonios et de Gorgis un bélier, et le second jour à Zeus Patrôos un bélier, à Apollon, souverain de Télémessos, un bélier, aux Parques un bélier, à la Mère des dieux une chèvre.

ἢ 8. — Le prêtre prendra, de chaque victime, une cuisse et le quart des entrailles; des autres parties, il recevra une part virile. Le reste des chairs sera distribué par les officiants comme il suit : ils retrancheront la quantité nécessaire pour les convives et leurs femmes, feront du reste des portions égales et donneront une portion à chacun des membres présents ou absents, gardant pour eux-mêmes les têtes et les pieds. Quant aux toisons, ils les mettront en vente, en présence de la confrérie.

89. — Le second jour, ils rendront leurs comptes devant le peuple, après avoir inscrit l'objet de chaque dépense; et ils dépenseront le reliquat pour des offrandes.

δ 40. — On inscrira l'oracle, la fondation hypothécaire et le décret sur une stèle de marbre et on l'érigera sur le terrain sacré. Puissent ceux qui observeront et exécuteront ces prescriptions en être récompensés par les dieux et par les hommes!

que l'inscription de Pétélia (XXIIT, A), que nous avons rangée parmi les testaments, peut, d'après les termes de sa rédaction, être tout aussi bien classée parmi les donations entre vifs. L'histoire ou la légende en Grèce connaissent, en effet, des exemples de donations omnium bonorum (2).

La donation entre vifs se présentait assez rarement entre particuliers (3); sous réserve de l'inscription de Pétélia, nous n’en

(1) Ce qui suit s'applique aussi au cas où, conformément au 8 4, le prêtre aurait cueilli les fruits et versé les 4 statères. La rédaction est maladroite. — 11 est très probable que le mois Herméon suit immédiatement le mois Éleuthérios dans le calendrier d'Halicarnasse.

(2) Cas de Simichos, tyran de Centuripa : Porphyre, Vie de Pythagore, 21,

(3) Exemple : Plutarque, Dion, 17,

connaissons pas d'exemple épigraphique. Il faut mettre à part les dots, qui constituent une classe spéciale de donations, le plus souvent assimilables à des avancements d’hoirie ; nous leur avons déjà consacré une étude (tome I°", n° VI). Quant aux donations d’un fils à sa mère et aux donations entre époux, que mentionne la loi de Gortyne (88 59 et 74), il y a tout lieu de croire que ce sont des donations pour cause de mort, ou plutôt même des legs. La loi de Gortyne s'occupe encore des donations en général (δόσις) pour décider qu'elles sont annulables dans l'intérêt des créanciers, si le reste de l'avoir du donateur ne suffit pas pour acquitter ses dettes ($ 60). Cetle disposition s'applique probablement à toutes les espèces de donations et de legs.

Bien plus fréquentes que les donations entre particuliers sont celles où la puissance publique ou une personne morale intervient soit comme donatrice, soit comme donataire. Notre texte XXV À est un exemple d’une donation de la première espèce, nos textes XXV BCD de la seconde. C'est surtout dans ces cas qu'il était d'usage de graver une stèle commémorative de la donation : Plutarque parle d'une stèle de ce genre érigée par Nicias à Délos, en souvenir de ses libéralités envers Apollon (1).

A. Donation de Cassandre.

Cette « donation » immobilière porte sur quatre domaines que nous désignerons par les lettres Α (Sinos), B (Trapézous), C et D (Spartolos). Les domaines A et B avaient été donnés « à titre de lot » à Polémocrate, par Philippe, à la suite sans doute de la conquête d'un certain territoire et de son partage entre les grands barons dits compagnons du roi. C avait été donné dans les mêmes conditions, par Le même roi, à Koinos, fils de Polémocrate; D par Alexandre à Ptolémée. Perdiccas, fils de Koinos, était entré en possession des domaines ABC par héritage, du domaine D par achat (du fils du premier titulaire). Cassandre, par le présent acte, lui confirme la propriété absolue et héréditaire de ces quatre domaines, dans les mêmes conditions où ils ont été

(1) Plutarque, Nicias, 3 : καὶ γὰρ τοῦτο τῇ στήλῃ ἐνέγραψεν, ἣν ὥσπερ φύλαχα τἧς δωρεᾶς ἐν Δήλῳ κατέλιπεν.

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