‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 29 sur 164 · RÉPONSE DES PERES JESUITES · texte numérisé non relu

RÉPONSE DES PERES JESUITES

i° Le prieuré de Saint-Denis, appellé, il y a plus de deux cens ans, le prieuré de Saint-Denis-du-Pré-lès-Amiens, et du depuis appellé le prieuré de Saint- Denis au fauxbourg d’Amiens, enfin renfermé dans l’enceinte de la ville, est un prieuré dépendant de l’abbaye de Marmoutier.

2° La moitié du cimetière de Saint-Denis, qui a pour bornes les images de saint Jacques et de saint Denis, est de l’ancien domaine du prieuré, comme il est aisé de le voir par le dénombrement des terres.

3° Les prieurs ont permis que cette terre servît de cimetière, se réservant toujours le domaine direct et utile, et cecy est encore évident par les titres où il est vérifié que, depuis plus de deux cens ans, jamais il ne s’est rien fait dans ledit cimetière sans la permission, l’agrément et le congé desdits prieurs; si bien qu’il ne s’est pas dressé une croix , un mausolée, ny un oratoire, ny fait une fosse, ny coupé un arbre, que par le congé desdits prieurs; et même, en l’an i54o , il appert que le mayeur, le prévost et les eschevins ont demandé congé et permission de bâtir le cloître qui est vers la porte de Noyon; et en l’an 1 543, il se voit qu’ils ont demandé la même permission, pour continuer le cloître qui est le long du jardin et du mur du prieuré, lequel congé leur a été libéralement accordé. En l’an i5y9, se voit une descente d’experts et de massons, pour aviser aux moyens de continuer le cloître le long de la chapelle de Saint-Denis.

De tout cecy résulte : i° que les prieurs sont seigneurs spirituels et temporels dudit cimetière, et qu’ils ont réservé non-seulement la seigneurie, mais la propriété. 20 Que messieurs de ville, consentant que les pères jésuites bâtissent une chapelle, n’aliènent et ne donnent pas le bien de la ville, mais seulement changent l’usage d’un bout du cimetière inutile et le réceptacle des immondices en usage saint, pour agrandir l’église du collège qui est un bien public. 3° Que les messieurs de la ville accordent avec grande raison cette grâce aux pères jésuites, puisque la ville n’a usage du cimetière de Saint-Denis et du cloître que par la permission et le congé des prieurs de Saint-Denis: ainsy c’est reconnoître une grâce par une autre grâce, qui ne peut être déniée au prieur du Saint-Denis sans luy donner un juste sujet de se plaindre.

T. III

uillet.

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