INFORMENT L’ÉCHEVINAGE DE PARIS QU’ILS ADHÈRENT A L’UNION
Nous n’entrerons point dans le détail des événements qui se sont passés pendant la Ligue dans l’ancienne capitale du Ponthieu, On en trouvera le récit dans VHistoire généalogique des majeurs d’ Abbeville , p. 717 et suiv. et dans VHistoire d'Abbeville et du Ponthieu, t. II, de la page 55 à 89. Depuis la publication de ce dernier ouvrage, M. E. Prarond, que nous avons déjà cité, a donné, dans les Mémoires de la Société d’émulation de la même ville, une série fort complète de documents extraits des Registres aux délibérations et des Registres des argentiers, et relatifs à la seconde moitié du xvi® siècle. Parmi ces documents, ceux qui offrent, au point de vue général ou local, le plus d’intérêt, sont textuellement reproduits, et présentent pour ainsi dire au jour le jour le tableau de tous les incidents politiques ou militaires auxquels les Abbevillois se sont trouvés mêlés sous Henri III et Henri IV. Il ne nous reste donc à publier ici que les pièces inédites qui marquent une date importante ou qui caractérisent d’une manière toute particulière l’esprit du temps. La première qui se présente à ce double titre est celle qu’on va lire et dans laquelle l’échevinage d’Abbeville adhère à l’union et se met en rapport avec l’échevinage de Paris L
^ Les ligueurs d'Abbeville font enlever le blason qui décorait le drap mortuaire du maïeur Jacques Le Roi , qui leur était devenu suspect à cause de sa modération, février i588. L’échevinage délibère sur la question de savoir si les villes de Montreuil et de Doullens doivent être distraites du gouvernement de Picardie et données aux ligueurs comme places de sûreté , septembre i588; il décide qu’une procession générale aura lieu pour remercier le roi d’avoir publié l’édit d’union , décembre 1 588 -, il envoie
des soldats tenir garnison pour la Ligue au Crotoy ; il décide que TUnion « cy-devant prinse et jurée entre les villes sera maintenue ; « il adresse des lettres à la noblesse du Ponthieu pour l’affermir dans l’Union ; il envoie des députés à Amiens pour défendre l’indépendance d’Abbeville contre les empiétements de la chambre du conseil d’Amiens , janvier iBSg; il prend des mesures pour la défense de Saint- Valéry et des autres places du Ponthieu, février ïSSg. A cette date, l’échevinage d’Abbe-
> Juin.
Messieurs, nous avons receu vos lettres par vos desputez, et, après les avoir oy en leur créance, en assemblée généralle desestats de ceste ville quy à ceste [fin] ont esté teneuz en l’hostel commun , il a esté trouvé bon de vous escripre la présente pour vous remercier très affectueusement du bon zèle que apportez à nostre relligion chrestienne, apostolique et romaine, au service du roy et à l’utilité publique, ayant de nostre part tousjours dressé noz intentions pour vivre et pour mourir soubs un mesme Dieu, une mesme foy, ung mesme roy et mesme loy; à laquelle fin et soubs ces considérations nous avons délibéré nous unir avecq vous et auctres villes catholiques, pour la conservation de nostre relligion, le service et fidellité que nous devons à nostre roy très chrestien, le bien publicq et soullagement du pauvre peuple, et avons depputez deux personnages de ceste ville, pour aller vers vous avecq nos memores, affin de conférer et adviser ensemble des moiens pour parvenir à nos remonstrances et supplications vers Sa Majesté, de laquelle nous entendons, voulions et desirons demeurer très humbles subjects et serviteurs, sur quoy nous prions Dieu vous avoir, messieurs , en sa sainte et digne garde. De l’eschevinage d’Abbeville, ce xxv® juing i588.
Vos affectionnés frères et secourables amis les maieur, eschevins et habitants de la ville d’Abbeville.
A messieurs les prevost des marchands et eschevins de la ville de Paris.
Bibl. lmp. Béthune, 89i2,p. 71.