ASSEMBLÉE DU CORPS MUNICIPAL ORDINAIRE
La première assemblée particulière est composée du maieur, des huit échevins en exercice, du siéger, du procureur du Roy et fiscal du bureau de la ville, de son substitut, du gredier, et du receveur des deniers patrimoniaux et d’octrois; elle est convoquée par le maieur; en son absence, par le premier échevin. Les s('rgents de ville, par ordre du maieur, se rendent en la demeure de tous ces officii'i's, les invitant de sa part de se trouver en la chambre du conseil de l’hôtel commun, aux jour et heure indiqués, pour affaires qui intéressent la ville.
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Ces oftîciers assemblés, le maieur expose ce dont il s’agit. L’on fait les recherches nécessaires; l’on examine tout ce qui y a rapport; l’on discute, et l’on réduit la question à son vrai point autant qu’il est possible ; après quoy la compagnie convient du jour de la seconde assemblée, à laquelle , outre les officiers municipaux ci-dessus, tous les anciens maieurs sont convoqués par les sergents de ville de la part des maieur et échevins, et priés de se trouver en la cbambre du conseil de l’hôtel commun , pour y délibérer sur affaires concernant la ville.
Ces anciens maieurs forment le conseil de ville; ils en sont les conseillers nés, et font partie du cox’ps municipal.
Par une délibération pi'ise dans l’assemblée générale de la ville le i4 août 1682, il a été, entre autres choses, arrêté qu’en cas de contestations entre les échevins, elles seront réglées par l’avis des anciens maieurs, conformément aux patentes de ibgô. Cette délibération a été confirmée par arrêt du conseil du i3 août 1687.
L’arrest du conseil du 2 5 février 1726 qualifie les anciens maieurs de conseil 1ers nés de l’hôtel de ville, ayant voix délibérative dans toutes les alîaires qui intéressent la ville. Ils ont rangs et séances dans toutes les assemblées et cérémonies où le corps de ville assiste, suivant farrêt du conseil du 4 décembre 1671.
Pour mieux faire connoistre qui sont ces anciens maieurs, fon observera que les habitants d’Abbeville ont toujours mérité de leurs augustes souverains les distinctions les plus honorables et ont toujours été maintenus dans leurs jiriviléges, d’autant plus glorieux qu’ils sont le gage de la fidélité la plus constante, et la récompense de leurs actions signalées d’avoir chassé et éloigné plusieurs fois de leur cité les ennemis de l’Etat. La garde de la ville leur est conliée; ils ne sont responsables de ce qui regarde leurs services et disciplines qu’au maieur qui les commande; et le maieur, en l’absence du commandant, remplit ses fonctions et commande égallement aux troupes de Sa Majesté qui se trouvent en garnison ou autrement dans la ville; il réunit en sa personne les qualités, pendant son exercice, de maieur commandant pour le Roy et de lieutenant général de police. Des fonctions si honorables exigent pour maieur une personne de rang, capacité et fortune convenables à soutenir et exercer dignement ces charges; pour quoy le choix tombe toujours sur les personnes des familles les plus distinguées et les plus aisées, soit dans la noblesse, la magistrature et la bourgeoisie.
Les anciens maieurs actuels sont au nombre de seize, sçavoir :
7 de familles nobles, dont les 2 présidents du présidial, et trois anciens ofïiciers chevaliers de l’ordre royal et militaire de Louis.
3 secrétayres du Roy.
1 trésorier de France.
2 conseillers du présidial.
3 officiers de l’élection.