‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 15 sur 223 · FRAGMENT D’UN PROCÈS-VERBAL DE TORTURE · texte numérisé non relu

FRAGMENT D’UN PROCÈS-VERBAL DE TORTURE

La pièce qu’on va lire, tout incomplète qu’elle est, mérite cependant d’être notée , en ce quelle constate l’emploi de la torture dans l’instruction des affaires criminelles à Abbeville. Du reste, comme c’est la seule fois que l’application d’un condamné à la question se trouve mentionnée dans les documents relatifs à la juridiction de l’échevinage de cette ville qui sont arrivés jusqu’à nous, on peut croire qu’on y usait rarement de ce moyen d’obtenir des aveux.

Chest le gehine Robin Yvore de Ligiescourt, qui fu pendus à Abbevile, en le '289 mairie Pierron Fafifetin, en l’an de grâce m cc iiii^ix, el mois d’octembre.

Premièrement, il gehiet sur le péril de se ame que toutes ches personnes chi dessous escrites sont larrons, roubeeur de moustiers, et anfosseur de maisons. . .

Bibl. imp. collect. de Dom Grenier, vol. 91 (xiv® paq. n° 3), p. 147.

ABBEVILLE

LETTRES DE NON-PRÉJUDICE DONNÉES PAR LE SÉNÉCHAL DE PONTHIEU À L’ÉCHEVINAGE D’ARBEVILLE.

La commune d’Abbeville avait euiprunté à Arras, pour le comte de Ponthieii et sur sa prière, 2,24o livres parisis, destinées à dégager le domaine du comte qui était chargé de dettes. Afin que ce prêt ne tircât pas à conséquence pour l’avenir, les maire et écbevins se firent délivrer des lettres de non-préjudice. Dans la charte qu’on va lire , Tl lomas de Belhons, sénéchal et garde de la terre de Ponthieu, déclare que les habitants d’Abbeville ont agi en cette circonstance par pure bonne volonté, qu’ils ne seront point tenus désormais à prêter au comte, si ce n’est de leur plein gré, et que ce qu’ils ont fait ne portera aucun préjudice soit à eux, soit à leurs usages et privilèges.

Thumas de Belhons, chevalier, sénescaus et garde de le terre de Pontieu, à tous chiaus qui ches lettres veront, salut. Comme li maire et li eskevin et le communité d’Abbevile aient emprunté vint et deus chens et xl 1. de par. à Arras, por nous et por la terre de Pontieu ac|uittier de dettes , à nostre requeste et à nostre prière ,ja soit che cose que il n’i soient tenu, fors de leur grâce et de leur volenté, nous faisons connute cose à tous que nous volons et nous assentons que che ne tourt à grief ne à préjudice à aus, à leurs us et à leurs coustumes, ne à leurs privilèges, ni ne volons pour chou que il soient tenu de faire prest autre fois, se il ne leur plaist, et reconnissons que il ne sont tenu, fors seulement par grâce et par leur volonté. Et por che que che soit chertaine cose, nous leur avons baillié ches lettres scelées du scel estaulipor les besoignes de le conté de Pontieu, qui furent faites l’an de grâce mil cc iin" et x , el mois de jenvier, le dymenche devant le Purification Nostre Dame.

Archives d’ Abbeville, Livre blanc, fol. x v°.

XIP ET XIIT SIÈCLE.

TRAITÉ DE PAIX CONCLU ENTRE DES PERSONNES PRIVÉES PAR-DEVANT LES MAGISTRATS MUNICIPAUX.

Nous nous sommes occupé précédemment, à la date de l’an 1282, d’un traité de paix conclu entre deux familles d’Abbeville par-devant les magistrats municipaux de cette ville et le comte de Pontliieu.

L’acte qu’on va lire se rapporte à un fait analogue; mais il n’y est question ni du comte ni de ses officiers, et les membres de l’échevinage y figurent seuls. La pièce n’est point datée; le nom de Mathieu Lenganeur qui s’y trouve mentionné permet seulement de la placer entre les années 1290 et i3o4, Mathieu Lenganeur ayant rempli quatre fois, dans cette période, les fonctions de maire. La formule de la dernière phrase , et che en le main Mahieu Lenganneiir, semble indiquer que, dans ces sortes de traités, les personnes fjui faisaient la paix plaçaient leurs mains dans celles du maire, en signe de réconciliation.

Jehan et Adam Pailles, Reniers le Clers, Mahieux Taskes, Marins de Tau- Lime kemberq chi cinc ont fianchié bone pais à tenir d’eus et des leur à Bernais de * i Saint-Cristophe et Ascelin de Saint-Massens et as leurs , et che en le main Mahieu Lenganneur, devant les eskevins, le venredi devant le Paske flourie.

Bibi. imp. coilect. de Dom Grenier, vol. 91 (xiv' paq. 11° 3), fol. 1/17 r“.

ACTE CONSTATANT LA RESTITUTION D’UN PRISONNIER À L’ÉCHEVINAGE D’ABBEVILLE PAR LE PRÉVÔT DE SAINT-RIQUIER.

Pierre le Sergent, prévôt de Saint-Riquier, ayant arrêté, comme son justiciable, un individu dans le ressort de la commune d’Abbeville, le restitua aux magistrats municipaux de cette ville, le jeudi après l’Annonciation de l’année 1292. Cette restitution d’un prisonnier indûment arrêté, entre les mains de ses jtiges naturels, était

ABBEVILLE

désignée, en Picardie, sous le nom de rappostissement; elle se faisait avec un certain apparat et en présence de nombreux témoins, comme le prouve l’acte qu’on va lire.

En l’an de grâce mil cc 1111“ et douze, le juesdi après l’Annonciacion Nostre- Dame, adoncques maieur Maihieu Lenganeur, Pierre li Serjans, le prévost de Saint-Rikier, rapoosti en le main du maieur et des eskevins, en l’eskevinage, Jaket de Soues que il prinst en le prison de le vile, liques Jaket avoit esté prins par dedens le vile. Auquel rappoostissement furent présent et apelé les personnes par chi dessous nommées :

Mesires Symons de Cauroy, Vinchens d’Auxi , Thumas de Hangest, Girars le Manier, Jakes Le Clerc, serjant adonc de Bailluel, maistre Aliaumes le Manniers, Jakes le Carbonnier le joune. Jehan le Merchier, Bernard Pinchon de Lonch, Jehan Bovion , Jehan de Hamicourt, Jehan Barbafust, Watrons Le Mire, Roger le Hardy de Houdench, Pierres Gibernel d’Aisseu, Jehan Le Clers, visconte de Saint-Pierre, Drouet de Bellefontaine , Jaket de Tofflet, Williaume Loutrel, de Lonch, Lerrins de Montegni, Engueran Le Sellier, de Lonch, Jehan de Beeloy, de Lonch, Mikiel de Lille, de Lonch.

Archives d’Abbeville, Livre rouge, fol. r°, S i.

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