‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 3)Chapitre 167 sur 223 · CHARTE DE COMMUNE DE PONTHOILES · texte numérisé non relu

CHARTE DE COMMUNE DE PONTHOILES

La charte de 1201 se compose de quatorze articles; les douze premiers concernent l’obligation des jurés de se secourir entre eux, la pénalité du vol et des voies de fait, la justice mobilière, la sécurité des marchands, l’abolition du droit de prise, les accusations

^ L’original de cette charte fut détruit par les Anglais en i346; mais une nouvelle copie en fut délivrée aux habitants le i2 février de l’année suivante , par Catherine d’Artois, dame Tiers état. — iv.

de Ponthoiles et de Noyelles, et quelques années plus tard, en i36o, elle fut confirmée par le roi Jean. — Dom Grenier (xxiv® paq. n" 24).

COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE

NoveraLre.

injustement portées contre les échevins, l’admission des vassaux du comte dans la commune. Nous ne les publions point ici, parce qu’ils ne sont que l’exacte reproduction de la charte d’Abbeville, et nous donnons seulement ceux qui se rapportent à la nomination du maire, fjui est faite par le comte, aux trois aides et autres redevances féodales, et aux limites de la banlieue L

Sciendum est quod Landrico de Monchiaux, servienli meo, dédi et concessi majoratum de Pontoyles, bona fide, jure hereditario ei videlicet et hæredibus suis. Hoc ego autem, WuiHelmus cornes, et homines de Pontoyles sacramento confirmaverunt.

Item, sciendum est quod Girardus Penciaux singulis annis viginti solidos reddere tenetur; nec silentio prætereundum est quod tantum tria auxilia idem homines de Pontoyles michi tenentur ex debito solvere, quindecim videlicet libras Pontivensis monetæ ad filium meum militem faciendum , quindecim filiæ conjugandæ; singulis autem annis de firma quadraginla libras Pontivensis monetæ michi tenentur reddere : viginti libras in maio et viginti libras in festo sancti Remigii; et de unoquoque igné in festo sancti Remigii unum sextarium avenæ. Concessi etiam eisdem hominibus banleucam quietam et liberam habendam risque ad Haiam de Roiaval; usque ad rivulum de Neuville; usque ad Vinderel; et usque au bray qui est rétro domum Gaufridi de Pommereul; usque in mare; usque ad niontem comittissæ; usque ad veterem ripariam decani; ita quidem ([Liod infra hos terminos nulla poterit fieri munitio.

Factum est hoc in publica audiencia baronum et burgensium et apud Abbatisvillam confirmatum, septimo idus novembris , anno dominice incarnationis millesimo ducenfesimo primo. Testes sunt Giraldus abbas ForestiMonasterii; Giraldus, prior Sancti Pétri Abbatisvillæ. Henricus de Romaigne. Ingerranus de Noyelette. Ingerranus de Noyelle. Rarthoiomæus de Pontoyles. Mattheus de Port. Ricardus de Favières. Johannes, capellanus comitissæ. Robertus de Laviers, Robertus de Mayoc, presbiteri. Alelnius de Morolio. Simo de Donquerre. Henricus de Nouvion, milites. Alardus Anglicus, tune major abbatisville. Datum per manum Ingerrani, capellani mei.

Doüi Grenier, vol. CXIV (xxiv° paq. Pontlioiles).

' Les magistrats municipaux de Ponthoiles sont confirmés dans l’exercice de la liaute , moyenne et basse justice, par un arrêt du '■on-

seil en date du i3 mai 1469. — Bibl. imp. Dom Grenier, vol. CXIV (xxiv' paq. n" 3).

DOULLENS

DOULLENS

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Celte ville, chef-lieu d’arrondissement du département de la Somme, a fait primitivement partie du comté de Ponthieu, et elle a été comprise plus tard dans l’Amiénois L

On a dit que Doullens existait sous la domination romaine; que cette ville, en 644, était la résidence d’un comte nommé Rigobert^; qu’elle avait été saccagée par Attila, et plus tard par les Normands, dans l’invasion de 88 1 ; mais ces assertions ne sont appuyées d’aucune preuve historique, et elles doivent être écartées comme de simples conjectures. Ce qui paraît certain, et ce fait est mentionné dans la chronique du monastère de Fleury, c’est qu’en qSi la guerre ayant éclaté entre Herbert II, comte de Vermandois, et Hugues le Grand, comte de Paris, ce dernier, aidé de Raoul, duc de Rourgogne et roi de France, s’empara de Doullens, que cette chronique appelle Dowicam, et quelle qualifie de château fort, castellum^; le château fut détruit, mais il ne tarda pas, ainsi que la ville ellemême, à se relever de ses ruines.

* Il est peu de localités dont le nom présente de plus grandes variantes. Suivant quelques archéologues, Doullens serait mentionné sous le nom de Dominicus Laccns (dom Grenier, iv' paq. n° 3 , p. 207 ) dans le diplôme de Clotaire 111 relatif à la fondation de Corbie en 662; mais rien ne prouve que l’existence de cette ville remonte à une époque aussi reculée; elle est indiquée, en 1073, sous le nom de Dourlens ; qaoddam castellum quod dicitur Dourlens [Gallia christiana, t. X, col. 292); elle re-

paraît ensuite sous ceux de Douinium, Douencum, Domingum, Darelinum, Dalengum, Durlensum, Darlendum, Dorlens, Dourlens, Dollens, et enfin Doullens dans une charte de Marie, comtesse de Ponthieu, de l’année 1226.

’ Malbrancq, De Morinis , t. I, p. 330.

* «Rex, juncto sibi Hugone, potentissimo comité, castellum nomine Dowicum cepit et diruit. » (Rer. gall. et franc, scriptores. VIII , p. 3o4 ■ Voir aussi p. 3 19.)

620 COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE

Doullens, cédé, en i435, par Charles VII au duc de Bourgogne, Philippe le Bon, fut racheté par Louis XI en i463 et cédé de nouveau par ce prince au duc de Bourgogne, le 29 octobre i465. Repris et, démantelé par Louis XI en 1476, il fut occupé de nouveau pendant quelque temps par les Bourguignons; mais il rentra définitivement, en 1477, sous l’autorité du roi de France. Cette ville eut beaucoup à souffrir dans les guerres du xvi® siècle. Attaquée, prise et reprise tour à tour par les impériaux, les Anglais, les Bourguignons, les protestants et les ligueurs, elle fut plusieurs fois abandonnée par les habitants. En lôqÔ, elle eut à soutenir un siège des plus meurtriers contre l’armée espagnole, commandée par le comte de Fiientès, fut emportée d’assaut le 3i juillet et livrée à toutes les horreurs de la guerre. Enfin le traité de Vervins la replaça sous l’autorité de la couronne de France, le 3 août 1698.

A partir de cette époque, nous n’avons plus à mentionner dans l’histoire de Doullens qu’un incendie qui détruisit, en 1626, une partie des titres de l’échevinage, une contagion en i634, le séjour du cardinal Mazarin, qui y fut relégué pendant son exil, et une attaque qui fut dirigée, en 1708, contre un de ses faubourgs par un parti d’impériaux.

Doullens avait une juridiction des traites, un grenier à sel, une compagnie privilégiée de chevaliers et grands archers. Cette compagnie, établie en 1602, prit une part brillante à diverses expéditions militaires.

Durant la période qui s’est écoulée entre la première préparation et la publication du présent volume, l’histoire de Doullens a été l’objet de savantes études. Cette histoire, écrite pour la première fois par le père Daire, en 1784» un volume in-18, a été reprise depuis, sur un plan beaucoup plus large, par M. A. J. Warmé, en i863, un volume in-8'’, et par M. E. Delgove, curé de Long, en i865, un volume in-4'’. Conformément au vœu exprimé par M. Aug. Thierry dans le troisième volume de ce recueil, M. Delgove a reproduit intégralement, et avec une grande correction, le texte de la plupart des

ÜOULLENS.

pièces qui se rapporteol, à l’histoire municipale de cette ville. M. de Beauvillé en a aussi donné très- exactement quelques-unes dans le Recueil de documents inédits concernant la Picardie, Paris, Imprimerie impériale, 1860, grand in-4'’; et, comme le père Daire en avait déjà publié un certain nombre, nous avons pensé qu’il était inutile de les rééditer ici pour la troisième ou quatrième fois. Nous nous bornons donc à reproduire les articles de la charte de commune qui présentent des différences avec la charte d’Abbeville et un petit nombre de documents qui ne se trouvent point dans les recueils ci-dessus indiqués.

Page 1